LA ROQUE
Jean Isaac, Pierre et Jean de la Roque furent maintenus dans leur noblesse par jugement de M. de Lamoignon du A juill. 1697 sur la production du jugement de M. de Bezons qui prouvait leur communauté d'origine avec Pierre et Antoine, Sgrs de Liouc et de Couloubrines, alias Colombrines, maintenus le 8 juillet 1669. (T. I, p. 298; H, 81.)
A Monseigneur de Lamoignon , chevalier, conseiller d'État, intendant en Languedoc.
Supplient humblement nobles Jean Isaac et Pierre de la Roque frères, ré* sidans à Baumes, et noble Jean de la Roque, résidant à Ferrières, leur cousin germain, et vous remontrent, Monseigneur, que quoique lessupplians soient nobles, qu'en telle qualité ils aient été annuellement compris à la taxe du ban et arrière-ban, et que feu noble Pierre de la Roque, seigneur de Liouc, leur cousin-germain descendant directement de ia même ligne et comme enfans de frères, aient obtenu jugement de M. de Bezons, ci-devant intendant en cette province, qui les déclare nobles, néanmoins M. Charles de la Cour deBeauval, chargé par Sa Majesté du recouvrement des taxes qui (rroviendroient de la recherche des usurpateurs des titres de noblesse, les a fait assigner devant vous pour représenter leurs titres, et à défaut , de se voir condamner aux amendes et autres peines portées à la déclaration du roi et arrêt du conseil, et d'autant que les suppliaus n'ont pris la qualité de nobles que à juste titre, comme il a été reconnu par jugement de noblesse obtenu de M. de Bezons, ci-devant intendant, par ledit feu noble de la Roque, seigneur de Liouc, leur cousin germain, et qu'il parolt des contrats de mariage de nobles François et Isaac de la Roque, père des supplians, des 23 avril 16*3 et 31 décembre 1663, dans lesquels leur dit feu père se disoit enfant de noble Jean de la Roque, lequel étoit fils de noble Louis de la Roque, comme il appert par son testament du 14 septembre 1687, contenant un profit à l'égard dudit Jean, lequel Louis de la Roque étoit auteur des supplians, dudit feu sieur de la Roque (Pierre), seigneur de Liouc, qui a poursuivi et obtenu ledit jugement, ainsi qu'il est prouvé par les actes énoncés audit jugement, outre lesquels lesdits supplians rapportent les testaments de leur défunt père des 13 février 1662 et 10 mars 1687, qui justifient leur filiation, de même que la transaction passée entre leur père au sujet de la succession dudit Jean de la Roque, aïeul des supplians, au moyen de quoi il demeure suffisamment établi qu'ils sont nobles et de race, et qu'ils n'ont par conséquent pas usurpé cette qualité qui vient de leurs prédécesseurs et qu'ils ont eux-mêmes conservée en professant l'art et science de verrerie, à cause de quoi ils ont été mal assignés.
Ils ont recours à votre justice, Monseigneur, à ce qu'il vous plaise, vu le jugement de noblesse obtenu par ledit Pierre de la Roque qui est cousin aux supplians comme étant d'une même ligne, les mariages et testamens des pères des supplians, le mariage dudit Jean de la Roque le grand-père, et le testament dudit Louis de la Roque, leur aïeul, ensemble le partage fait entre les pères desdits supplians de la succession et héritage dudit noble Jean de la Roque, leur grand-père, le tout ci-attaché, décharger, etc.
Vu le testament de noble François de la Roque du 13 février 1662; le testament d'isaac de la Roque du 10 mars 1687; la transaction du 17 février 1660; le mariage de noble François de la Roque du 23 avril 1643; le mariage de noble Isaac de la Roque du 3 1 décembre 1 663 v, le mariage de Jean de la Roque du 16 mars 1602; le testament de noble Louis de la Roque du 14 septembre 1687 et le jugement de nobles Pierre et Antoine de la Roque du 8 juillet 1 669, desquels il est suffisamment prouvé que les supplians sont fils de François et d'isaac de la Roque; que lesdits François et lsaac de la Roque sont enfans de Jean de la Roque, et que ledit Jean est fils de Louis duquel ledit Pierre et Antoine de la Roque qui ont obtenu le jugement de M. de Bezons sont descendants, et ainsi qu'il n'y a pas de difficulté qu'ils ne soient de la même race... Nous avons déchargé, etc.
Montpellier, 4 juillet 1697. Signé : Lamoignoh.
{Bibh imp., Mss,, Nobil. de Montpellier, Mais et Lodève, 732.)
Jugement du tribunal civil de Montpellier qui rectifie les actes de naissance de Jean-Louis et d'Elisabeth de la Roque. (T. I, p. 299.)
Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, empereur des Français; A tous présents et à venir, salut.
Le tribunal civil de première instance de l'arrondissement de Montpellier, département de l'Hérault, séant audit Montpellier, a rendu cejourd'hui en audience publique de la chambre des vacations, le jugement à suite de requête , dont du tout la teneur suit :
A Monsieur le président du tribunal civil de l'arrondissement de Montpellier, chevalier de la Légion d'honneur.
Premièrement , M. François de la Roque, propriétaire, domicilié à Montpellier;
Deuxièmement, M. Louis de la Roque 4ils , avocat à.U cour impériale de Paris, y domicilié;
Troisièmement, et la demoiselle Élisabethjde la Roque, majeure, sans profession , aussi domiciliée à Montpellier,
Ont l'honneur de vous exposer que de tout temps ils ont été connus et
ont signé du nom de de la Roque, avec la particule de, constituant pour eux un titre de noblesse, auquel ils ont droit;
Que néanmoins leurs actes de naissance, ou ne portent pas cette particule, ou bien la mentionnent comme ne formant qu'un seul mot avec La Roque ;
Qu'ainsi celui du sieur François de la Roque père, à la date du 19 ventôse an xn, porte le nom de La Roque ;
Celui du sieur Louis de la Roque fils, à la date du 1er janvier 1830, porte le nom de Delaroque, ainsi que celui de la demoiselle Elisabeth Delaroque, àladatedu22avriU832;
Que la suppression du de nobiliaire dans le premier de ces actes de naissance s'explique par sa date même, à laquelle les titres nobiliaires étaient abolis;
Que l'irrégularité des deux autres actes ne peut s'expliquer que par une erreur matérielle de l'officier de l'état civil qui les reçut;
Qu'en effet, l'acte de naissance du père et du grand-père des exposants, à la date du 7 avril 1783, porte la mention suivante : Fils de noble Louis de la Roque, etc. ;
Que l'acte constatant la célébration du mariage de Louis de la Roque, à la date du 22 août 1780, porte la mention suivante : Après la publication des bans de mariage entre sieur noble Louis de la Roque, fils de noble Louis de la Roque, Sgr de Colombrines;
Qu'enfin, l'acte de mariage de ce même Louis de la Roque, Sgr de Colombrines, porte aussi la mention de noble Louis de la Roque, Sgr de Colombrines, fils légitime de feu noble Jean de la Roque et de madame Marianne de Girard;
Que de la lecture de ces actes ressort la preuve que c'est à bon droit, et en vertu d'une possession constante et séculaire que les exposants font précéder leur nom de la particule de, formant pour eux un titre de noblesse;
Que les actes de naissance des exposants doivent donc être rectifiés, et la * particule de ajoutée à celui du sieur François de la Roque, et le mot Delaroque décomposé dans celui du sieur Louis et de la demoiselle Elisabeth.
C'est pourquoi ils requièrent qu'il vous plaise, monsieur le Président,
Vu les actes sus-nommés, vu l'erreur contenue dans les trois actes de naissance des exposants,
Ordonner la communication de la présente requête à M. le procureur impérial, et nommer un juge rapporteur pour être, par le jugement qui sera rendu par le tribunal, ordonné que lesdits actes de naissance seront rectifiés en ce sens que les exposants auraient dû y être désignés sous le nom de de la Roque; que ledit jugement sera transcrit sur les registres de la commune de Saint- Drézéry, conformément à la loi ; et faire défense à tous dépositaires de délivrer aucun extrait ou expédition desdits actes sans transcrire littéralement lesdites mentions ou rectifications, à peine de tous dépens ou dommages-intérêts. — C. Périeb, avoué, signé.
370 ARMORIAL DK LANGUEDOC.
Soit communiqué à M. le procureur impérial, pour le rapport en être ensuite fait par nous.
Montpellier, le » octobre 1858. Auguste Duffours, signé. Vu la requête qui précède et les pièces y jointes ; Ouï M. Duffours, président, en son rapport;
El M. Sauvajol, substitut de M. le procureur impérial en ses conclusions;
Attendu qu'il résulte des documents mis sous les yeux du tribunal, et notamment des actes de l'état civil, du 30 septembre 1740, constatant l'acte de mariage de noble Louis de la Roque, seigneur de Colombrines, de celui du 22 août 1780, constatant le mariage de noble Louis de la Roque, que le nom patronymique des impétrans est Roque précédé des deux articles de et la ; que c'est par erreur que , dans leurs actes de naissance des 1er janvier 1830 et 22 avril 1832, leur nom patronymique a été écrit unocontextu Dclaroque ; qu'il y a donc lieu d'ordonner la rectification des deux actes;
Attendu que les mêmes motifs n'existent pas en ce qui touche le sieur François la Roque (1),
Par ces motifs,
Le tribunal déclare qu'il y a lieu de rectifier l'acte de naissance du 1er janvier 1830 de Jean-Louis de la Roque, ainsi que l'acte de naissance du 22 avril 1832 de Élisabeth-Pascale de la Roque ;
Ordonne, en conséquence, que les expéditions des deux actes de naissance ci-dessus énonces ne seront plus délivrées à l'avenir qu'avec les rectifications ci-dessus mentionnées ;
Ordonne que le présent jugement sera transcrit sur les registres courants de l'état civil de la commune de Saint-Drézery, et qu'il en sera fait mention d'une manière conforme en marge des actes rectifies, tant sur les registres conservés aux archives de la commune de Saint-Drézéry, que sur ceux déposés au greffe du tribunal civil de céans ;
Dit qu'il n'y a lieu de statuer sur la demande formée par le sieur François la Roque père.
(1) Le tribunal civil de Montpellier adoptait ici la jurisprudence «le la chambre du conseil du tribunal de la Seine qui avait déridé que lorsque, en vertu des lois révolutionnaires, les dénominations nobiliaires ne figuraient pas dans 1rs actes de fêlai civil, l'erreur ou l'omission étaient volontaires et ne pouvaient donner lieu à aucune rectification. (llKHTI*, Jurisprudence de la chambre du conseil t 1, 230.) C'était la consécration d'une violence légale si l'on veut, mais plutôt subie qu'acceptée.
Les décisions nombreuses des cours souveraines et des tribunaux inférieurs sout heureusement venues réformer cette jurisprudence, dans laquelle d'ailleurs le tribunal de Montpellier ne persiste pas.
(V. Cour impériale de Pau, 15nov. 1858. — Trib. civil de Lunéville, 3 déc. 1858.
— Cour impériale de Paris, 7 mars 1859. — Trib. civil de Versailles, 3 juin 1859.
— Trib. civil de Bourges, 17 juin 1859. — Trib. civil d'Angers, 5 juillet 1859. — Cour impériale de Bordeaux, 22 août 1859. Et trois arrêts récents de la cour impériale de Limoges.)
Ainsi fait et prononcé en la chambre du conseil par la chambre des vacations du tribunal de première instance de l'arrondissement de Montpellier, département de l'Hérault, au palais de justice dudit Montpellier, le 1 1 octobre 18o8.
Présents et opinants MM. Duffours, chevalier de la Légion d'honneur, président; Abric, chevalier de la Légion d'honneur, juge; et Caysergues, juge suppléant, appelé au siège en remplacement de M. Rouquairol, juge malade ;
Présents M. Sauvajol, substitut de M. le procureur impérial, et Duverdier, commis greffier. Aug. Duffours, président, et Duverdier, greffier, signés. Enregistré à Montpellier sur la minute, le 23 octobre 1858, î° 65, c. 3. Gouirand, signé.
Le 2 1 uiai 1 860, Elisabeth-Pascale de la Roque a ép. à Montpellier Jean-Pierre- Marie- Gabriel-Frédéric Martel, né à Lodève (Hérault) le 16 mars 1818, y domicilié, lils de Pierre-Frédéric Martel et de Marie-Sophic-Alexandrine Ménard. Les témoins de l'époux étaient : Pierre-Eugène Ménard et Isidore Coulet, ses oncles maternels; et ceux de l'épouse : Auguste Duffours, président du tribunal civil, et Picrre-ÉHsabelh-Roger, vicomte d'Adhémar, ses alliés à divers degrés. Ont signé avec les témoins : Frédéric Martel — Elisabeth de la Roque — Frédéric Martel père — Martel née Ménard — Isidore Coulet — François de la Roque père — Aug. Duffours — Eugène Ménard — Vicomte Roger d'Adhémar — Eugène Soudan — L. Ménard — Baron de la Roque — Alexandre Martel — Louise Coulet — Emmanuel Coulet — Éléonore de la Roque — Gabrielle Ménard — Louis de la Roque — Vitalis Martel — H. Vernazobres — Jules de la Roque — Joseph de la Roque — Gustave Ferrier, adjoint au maire de la ville de Montpellier.
Sébastien et Jacques de la Roque furent maintenus dans leur noblesse par jugement souverain de M. de Bezons du G décembre 1GG8. (T. I, p. 300.)
Claude Bazin , chevalier, Sgr de Bezons, conseiller du roi en ses conseils,, intendant de justice, police et finances de la provinee de Languedoc, etc. ;
Entre le Procureur du Roi en la commission diligence de Me Alexandre Belleguisc, chargé par S. M. de la poursuite et vérification des titres de noblesse et recherche des usurpateurs (ficelle en Languedoc, demandeur en exécution de la déclaration du 8 février 1664 et arrêt du conaùl du 24 déc. 1607, d'une part;
Et nobles Sébastian de la Roque, sieur des Faïsses, habitant de la maison d'Agrès, terroir delà Boissière, diocèse de Montpellier, et François delà Roque sou cousin, assignés et défendeurs d'autre part ;
ARMOHIAL DK LANGUEDOC.
Vu lad. déclaration et arrêt du conseil, les exploits d'assignation donnés aux défendeurs en remise des titres en vertu desquels ils ont prins la qualité de nobles du... dernier; la procuration par eux faite à M« Marsal , leur procureur pour se présenter à lad. assignation et pour soutenir leurs titres bons et valables, le 27 juillet dernier;
Généalogie et armes du défendeur. Le contrat de mariage de noble Sébastian de la Roque, seigneur des Faïsses, fils de feu noble Raymond de la Roque et de demoiselle Catherine de Clemens, avec demoiselle Jeanne Caysergues, reçu par Vincens, notaire, le 18 septembre 1667. Le contrat de mariage dud. noble Raymond de la Roque avec la demoiselle Catherine de Clemens, dans lequel il se dit fils de François de la Roque et de demoiselle Thonetle de Bertin, reçu par Azeinar, notaire, le 16 août 1620, collationné par le sieur Héricourt, commissaire. Testament dud. noble Raymond de la Roque par lequel il institue son héritier noble Sébastian de la Roque son fils, reçu par Azemar, notaire, le 1er avril 1635. Le contrat de partage des biens de feu noble François de la Roque et de feu demoiselle Antoinette de Bertin, fait par nobles Sébast. de la Roque et Raymond de la Roque, ses enfants, le 15 février 1617, reçu par Delmas, notaire. Le contrat de mariage dud. noble François de la Roque avec lad. demoiselle Thonette de Bertin, dans lequel il se dit fils à feu noble Mathieu de la Roque et demoiselle Françoise Barandonne, reçu par Assessat, notaire, le 24 avril 1581. — Le contrat de mariage de noble Sébastian de la Roque, l'un des fils dud. François avec Magdelaine Agrctte , auquel led. François son père, assistant, lui fit donation de la moitié de tous ses biens, reçu Couderc, notaire, le 1 1 juillet 1611.
— Le contrat de mariage de noble Mathieu de la Roque avec demoiselle Françoise Barandonne, dans lequel il se dit fils de noble Raymond de la Roque, reçu \\ar Bamier, notaire, le 27 mai 1543. — Le contrat de mariage de noble Raymond de la Roque , seigneur du Mazel, avec noble Olivier? de Barjac, reçu par Relhanis, notaire, le 17 février 1498. — Donation faite led. jour par noble Pierre de la Roque à Raymond de la Roque, son frère, de la quatrième partie du Mazel. — Quittance de reconnaissmee faite par lesd. nobles Pierre et Raymond de la Roque à noble Gabriel de Barjac, frère de lad. demoiselle de Barjac, femme dud. Raymond de la Roque. —Requette en rejection d'actes présentée par led. Belleguise avec l'ordonnance mise au pied d'icelle du... — Continuation d'inventaire dud. défendeur dans lequel il rapporte l'original du contrat de mariage de Raymond de la Roque, de l'année 1620, et du contrat de mariage de Mathieu de la Roque de Tannée 1543. — Autres contredits dud. Bellegulse avec la réponse dud. défendeur à iceux. — Sept contrats en parchemin qui sont des acquisitions faites par Sébastian et François de la Roque frères, des 12 août, 28 octobre et 24 décembre 1581, 12 mai 1582, 15 mars 1586, 14 février et 12 décembre 1587.
— Trois contrats d'acquisitions faites par noble Mathieu de la Roque, es années!559, 1565 et 1570. — Contrat de vente de certain champ, fait j>ar Michel et autre Michel Boyer père et fils, à nobles François et Sébastian de la Roque, au bas duquel est la quittance dans laquelle ils sont appelés la Ro-
chc, reçu par Beaulaguet, notaire, le 28 décembre 1582. — Autre contrat de vente fait par Fulcran de Lavene aud. François et Sébastian de la Roque frères, dans lequel ils sont appelés la Roque et la Roche, receu par led. Beaulaguet, notaire d'Aniane, le 12 mai 1583. — Inventaire dud. noble François de la Roque. — Le contrat de mariage dud. noble Sébastian de la Roque et de demoiselle Magdcl. d'Agrel auquel il est assisté de noble François de la Roque son père, reçu par Couderc, notaire, le 26 février 1612. — Testament de noble Sébastian de la Roque et de la demoiselle Magdcleine d'Agret, par lequel ils instituent leur héritier noble François de la Roque, leur fils, reçu par Nougarède, notaire, le 27 novembre 1645, employant pour le surplus de la filiation la production et actes de noble Set»astian de la Roque ci-devant énoncés, dires et réquisitions des parties, et tout ce que par elles a été dit et produit;
Conclusions du procureur du roy;
Ouy le rapport du sieur de Héricourt, commissaire à ce député, tout considéré ,
Nous, intendant susdit, par jugement souverain et en dernier ressort de l'avis des officiers par nous prins au désir de l'ordonnance, avons déclaré lesdits Sébastian et François de la Roque, avoir justifié de leurs qualités de nobles, conformément à la déclaration du roi et arrêt de son conseil et ordonné que tant eux que leur postérité née et à naitre de légitime mariage, jouiront des privilèges, immunités et exemptions des nobles de la province de Languedoc tant et si longuement qu'ils vivront noblement et ne feront actes dérogeant à noblesse, et qu'il en sera fait mention dans le catalogue.
Fait à Montpellier, le 6 décembre 1668.
Signé : Bazin.
Par Monseigneur, 2 Signé : Tournis».
Collationné par nous Michel Bedos, conseiller du roi, juge en la ville et viguerie de Gignac, le 21 juillet 1763. Bedos, juge, signé.
Pierre de la Roque, écuyer, Sgr de Saint-Bauzille de Putois, ép. en 1684 Suzanne Du Pont de Munas en Vivarais. (T. I, p. 301.)
Extrait des registres de la mairie iïArdoix, département de VArdéche,
Le vingt-huitième mai mil six cent huitante quatre , j'ai donné la bénédiction nuptiale à M. Pierre de la Roque, écuyer, fils légitime de feu Jacques, écuyer, Sgr de Saint-Bauzille, et de dame Suzanne de Combej, dudit lieu de Saint-Bauzille de Putois, diocèse de Montpellier, habilant à présent au lieu d'Aubagnac, paroisse de Frugëre, diocèse de Saint-Flour d'Auvergne, et demoiselle Suzanne du Pont, fille légitime de feu messire Jean du Pont,
Sgr de Munas, Oriol, la Tour du Chicr et Mortesaigne, et demoiselle Suzanne de Saignard, dame de la Tour de Mortesaigne; administré de présence des témoins soussignés. De la Roque — Suzanne du Pont — du Pont de Munas — de Portes de Beaux — Vcdel, cure.
Pour extrait certifié conforme aux registres de la mairie, à Ardoix, le trois mai mil huit cent cinquante-neuf. — Le maire : Battakdier.
Vu par nous, président du tribunal civil, séant à Tournon (Ardèche), pour légalisation de la signature de M. Battandier, en la qualité par lui prise. — Tournon, le 31 mai 1859. Signé : Molière, président. — Rochas, greffier.
Jacques-Joseph de la Roque, baron de la Roque, ép. Anne-Pauline de Taillevis de Jupcaux, petite-fille de Jean et de Louis Racine . (T. I, p. 301-302.)
I. Jean Racine, ép. en 1677 Catherine de Romanet, dont il eut six enfants,
entre autres :
II. Louis Racine, ép. le 1er avril 1728 Marie Presle de l'Écluse, dont il eut
trois enfants, entre autres :
III. Anne Racine, ép. le 13 janvier 1746 Louis-Grégoire Mirleau de Neuville,
dont elle eut trois enfants, entre autres :
IV. Mademoiselle Mirleau de Neuville des Radrets, ép. le comte de Taillevis
de Ju peaux, mort en 1816 contre-amiral en retraite ; de ce mariage plusieurs enfants, entre autres :
V. Anne-Pauline de Taillevis de Jupeaux, ép. le 13 juin 1796, à Londres, en
émigration, Joseph de la Roque, baron de la Roque, chev. de Saint- » Louis et de la Lég. d'honn. , anc. sous-préfet de Tournon , dont elle eut : 1. Gabriel -Charles; 2. Antoinette-Françoise-Josephine; 3. Adrien-Alexandre-Antoine; 4. Hippolyte-Louis.
(Poésies de Louis Racine, etc. Paris, Didot, 1853, p. 92-94.)
Le baron Jacques-Joseph de la Roque naquit en 1759 au château des Prés, en Vivarais, et fut admis en 1773 dans les chevau-légers de la garde du roi. A la suppression de ce corps d'élite, il passa dans celui de la marine ; fit plusieurs campagnes comme garde de la marine , sous les ordres des comtes d'Hector, d'Orvilliers , et se trouva au combat naval d'Oucssant. Obligé de renoncer au service de mer pour cause de santé, il fut nommé officier au régiment de Vermandois , émigra au commencement de la révolution, et prit part h la campagne de 1792 , avec le grade de capitaine d'infanterie. Après le licenciement de l'armée des princes, il passa en Angleterre, se fixa à Londres, où, quelques années plus tard, il épousa mademoiselle de Taillevis de Jupeaux, émigrée comme lui. Elle était arrière-petite-fille de Jean Racine et nièce du brave marin Taillevis de Perrigny. Lorsque parut le premier ouvrage de Jenner sur la vaccine, La Roque se mit en rapport
avec cet homme célèbre, qui lui témoigna toujours une bienveillante confiance. Il traduisit sous ses yeux son ouvrage, et s'empressa d'en faire jouir la France, dont cependant les lois le condamnaient alors à l'exil. Sa traduction, confiée à un ami, fut imprimée à Lyon, par les soins du célèbre Marc-Antoine Petit, au commencement de 1800. 11 traduisit également la deuxième et la troisième dissertation de Jenner, que l'auteur eut l'attention de lui envoyer au moment môme où elles sortaient des presses de Londres. En 1801, l'illustre docteur anglais, ayant composé un quatrième ouvrage intitulé Origine de l'inoculation de la vaccine, voulut en faire hommage au président de l'Institut de France, et confia son manuscrit à La Roque, avec prière de le reproduire en français, ce qu'il fit sur-le-champ; mais les événements politiques, qui rendaient alors les communications si difficiles, permettent de douter que Jenner ait pu réaliser son vœu à l'égard de l'Institut de France. Ces différentes traductions, suivies d'une correspondance sur la vaccine entre Jenner, établi à Cheltenham, et La Roque, ont été réunies et publiées, aux frais du gouvernement, en un vol. in-8°, Privas, 180-1. La Roque a aussi contribué par ses travaux personnels à la propagation de la vaccine; et c'est pour la populariser et en mettre la pratique à la portée de tout le inonde qu'il composa le Manuel du vaccinateur, Privas, 1808. Ce petit ouvrage, fort apprécié dans le temps, était le fruit de son expérience ; car, joignant l'exemple au précepte, il vaccina lui-même un grand nombre d'enfants appartenant pour la plupart à la classe indigente. Il a encore publié, de 1799 à 1808, six Mémoires toujours sur la même matière; et pour prix de son zele, il obtint sous l'Empire et la Restauration plusieurs médailles d'argent. Indépendamment de ces utiles publications, il a laissé en manuscrit une traduction des voyages de Muogo- Park, ainsi qu'une Statistique du département de VArdeche, déposée aux archives du ministère de l'intérieur. Rentré dans sa patrie en 1802, La Roque y fut appelé, au commencement de 1807, à faire partie de l'administration de son département en qualité de conseiller de préfecture, et, peu d'années après, il fut nomme par l'empereur à la sous-préfecture de Tournon, poste qu'il occupa jusqu'en 1828, époque où il fut admis, sur sa demande, à la pensiou de retraite, avec la faveur d'avoir son lils pour successeur. Ses services militaires et civils avaient encore été récompensés parla croix de Saint-Louis en 1796, et par celle de la Légion d'honneur en 1814. Le baron de la Roque mourut à Tournon le 18 janvier 1842. — Hippolyte de la Pokte.
{Biographie Michaud, t. LXXIX, p. 407.)
Antoinette de la Roque ép. le 15 mai 1821 Cyr Guézille de la Suzenais, et mourut sans enfants. (T. I, p. 302.)
Cyr-Marie Guézille de la Suzenais était lils de messire Servais-Auguste Guézille, sieur de, la Suzenais et de Anne-Renée Quitton, originaire de la paroisse de Saint- Dominenc, diocèse de Saint-Brieuc.
Servais- Auguste Guézille, sieur de la Suzenais, était fils de Mathurin Guézille, sieur de la Rousselais, et de Anne-Rose Samson.
La famille Guézille, originaire de Bretagne, a été maintenue dans sa noblesse le 17 novembre 1668 par arrêt de la chambre établie par le roi pour la réformation de la noblesse du pays et duché de Bretagne. Elle était alors divisée en plusieurs branches dites du Rocher, de la Haye , de la Chesnaye et des Préaux, qui ont fait plus tard celles de la Rousselais et de la Suzenais. Elles prouvèrent une filiation authentique et suivie depuis Olivier Guézille, sieur de la Haye, leur auteur commun vivant en 1300. (Expéd. authentique de t arrêt de maintenue communiquée par M. de la Suzenais à Toumon, 1859.) Cette famille avait pour armes : D'argent à une haie de sable.
Copie d'une lettre écrite le 26 mars 1758 par M. le duc de Cossé à M. de Montels {La Roque), prisonnier de guerre à Leipsik. (T. I, 304, ligne 26.)
J'ay fait un mémoire, Monsieur, de tous les officiers qui ont été blesses, par lequel j'ay détaillé la nature des blessures d'un chacquun, vous imaginés bien que vous n'avés pas été oublié. J'ay dépeint la vôtre aussi grave quelle Test en effet, et pour être des plus dangereuses. J'ay ajouté que vous aviés passé pour mort, que comme vous n'aviés été trouvé que plusieurs jours après, que, par cette raison, vous n'aviés pas été compris dans le premier état, je demande pour vous une pension, sinon une forte gratification, j'insisteray si fort sur la première et la solliciteray avec tant de chaleur que je me flatte l'obtenir. Vous sçavés que l'hote qui prend soin de vous, s'est pris d'affection pour vous au premier moment qu'il vous a vù et sans vous connoître (1). Ainsi jugés depuis que je vous connois de l'interest que vous m'inspirés ; qu'il vous soit un garant, je vous prie, de l'occupation où je scray de vous faire obtenir une grâce dont vous êtes rendu digne au prix de votre sang. Je souhaite que vôtre guérison avance chacque jour, que votre santé se rétablisse, il n'est pas nécessaire de vous recommander le régime, vous êtes sage et retenu, sans conseil, je vous invite à continuer. Ma santé est on ne peut meilleure, mes playes se consolident, mais je seray du temps obligé de porter l'écharpe. Donnés moy quelque fois de vos nouvelles ; si vous avés besoin d'argent mandés le moy, j'ecriray à un banquier de Paris qui m'en a envoyé a Leipsik d'écrire à son correspondant en cette ville de vous remettre celuy qui vous sera nécessaire. Profilés de cette offre si vous en avés besoin, parce qu'il faut bien du temps pour écrire à vos parends et d'en avoir réponse, et qu'il est bien malheureux de languir après l'argent. Je vais écrire à madame vôtre mère pour la prier de m'envoyer l'extrait de baptistaire de celui de messieurs vos frères qu'elle veut donner au régiment. Je sçais qu'elle y a pensé, ma joye fut extrême lorsque je l'appris. Dans la réponse à la lettre qu'elle m'a fait l'honneur de
(1) Son nom était Henrici. Ses lettre» sont encore conservée» dans la famille.
m'écrire, je lui témoigne le désir que j'ay d'avoir les deux frères. On ne sçauroif trop en avoir lorsqu'ils sont comme vous. Je suis, monsieur, avec des sincères sentiments, votre très humble et très obéissant serviteur.
Signé : le duc de Cossé.