BIDE DE LA GRANDVILLE
(Louis), maître des requêtes au Parlement de Rennes.
AHUORIAL DU BIBLIOPHILE.
BIGNON (Jean-Paul), abbé de Saint- Quentin, en l'Isle, bibliothécaire du roi en 1718, membre de l'Académie française et des Inscriptions et Belles-Lettres. Il naquit le 19 septembre 1662, et mourut le 14 mars 1743.
Les volumes composant sa bibliothèque, n'avaient pas d'armes proprement dites. Tls portaient tous sur les plats ces mots : B1BLIOTHEC.
BIGNON, au milieu d'une sorte d'arabesque surmonté d'un soleil au milieu de deux têtes d'aigles affrontées.
Au dos figuraient deux BB adossés.
BIGNON (Armand-Jérôme), neveu du précédent et son successeur dans la charge de bibliothécaire du Roi.
Il naquit le 17 octobre 171 1, et mourut le 8 mai 1772. Il avait été conseiller d'État, commandeur, prévôt et maître des cérémonies du Roi, prévôt des marchands de Paris, membre de l'Académie française et membre honoraire de celle des Inscriptions et Belles- Lettres.
Tous les livres que ce bibliophile avait fait relier étaient en maroquin rouge à tranche dorée, avec encadrement d'or sur les plats.
D'azur, à la croix d'or coupée d'argent, accolée d'un cep de vigne de
sinople chargé de trois grappes de raisin d'or, et cantonnée de quatre flammes d'argent.
BIGOT, en Normandie.
D'argent , au chevron de sable accompagné de troisroses de gueules, 2 et 1.
La bibliophilie semble avoir été une passion héréditaire danscet te ancienne et puissante famille. Depuis un temps immémorial , chacun de ses membres collectionnait manuscrits , tableaux, médailles et autres monuments de l'art. Mais celui qui le premier prit rang parmi les plus célèbres amateurs fut sans contredit Jean Bî-
got, sieur de Sommesnil et de Cleuville, doyen de la cour des Aides de Normandie. « Jean Bigot, écrit le « P. Jacob en 1649, a une grande co- « gnoissance clés bons livres desquels « il a fait une magnifique bibliothèque, a composée de plus de six mille volu- « mes, entre lesquels il y a plus de « cinq cents manuscrits très-bons et a bien rares, lesquels il communique « facilement à ceux qui en ont besoin « pour le public, en quoy il sera à ja- « mais louable. »
Les livres imprimés qu'il avait réunis étaient tous remarquables par leur conservation et par le choix des exemplaires. Les lettres anciennes et modernes avaient une large part, et presque toutes sortaient des plus fameuses imprimeries. Il s'était particulièrement appliqué à la recherche des manuscrits et ne reculait devant aucuns sacrifices pour s'approprier ceux qui lui paraissaient avoir quelque valeur. Le plus grand nombre lui vint de quelques-uns de ses compatriotes savants et lettrés comme lui, tels que: Jean de La Lande ; Guillaume du Chemin, de Rouen; Gabriel Dumoulin ; G. de La Mare et Louis Martel.
«Mais, dit M. Léopold Delisle, il « puisa surtout dans les bibliothèques « monastiques, qui, au commence- « ment du xvne siècle, étaient en quel- « que sorte à l'abandon. Il fut assez « heureux pour acquérir beaucoup de « manuscrits de Fécamp, qu'un grand « prieur, nommé Campion, n'avait « pas craint de vendre à vil prix. Il c recueillit encore d'importants débris * des anciennes bibliothèques deCon- «ches, du Mont-Saint-Michel, de « Saint-Etienne de Caen, de Saint- « Taurin d'Evreux , de Valasse , de a Valemont, de Saint-Wandrille, du « prieuré de Bonne-Nouvelle, de la
« cathédrale d'Evreux et de l'église « d-Ecouis. »
Jean Bigot laissa de Barbe Groulart, sa femme, fille de Claude, premier président au parlement de Rouen:
Jean, seigneur de Sommesnil, conseiller au parlement de Normandie ; Nicolas, seigneur de Cleuville, qui succéda à la charge de son père, et Louis-Emeric que ses talents, son vaste savoir et son amour des livres illustrèrent au xviu siècle. Emeric Bigot naquit au mois d'octobre 1626 et mourut le 18 décembre 1689. La bibliothèque de son père lui échut en partage, et ce riche dépôt s'augmenta considérablement entre ses mains. Il fît dans ce but de fréquents voyages en France, en Italie, en Hollande, en Allemagne et en Angleterre. Pour se livrer tout entier à ses goûts littéraires et scientifiques, il s'éloigna, au dire de Moréri, de toutes sortes d'emplois.
Il fit de sa maison et de sa bibliothèque le rendez-vous de tous ceux qui cultivaient les lettres et les sciences. Là, savants et curieux se réunissaient, chaque semaine, pour traiter, sous sa présidence, des questions d'histoire, de philosophie et de littérature.
Afin d'empêcher la dissipation de sa Bibliothèque, que l'on estimait à près de 40,000 livres, Emeric Bigot la substitua dans sa famille. Par une disposition testamentaire il voulut qu'on réunît sa bibliothèque particulière à celle de son père, sans pourtant les confondre; et dans le cas où la première collection viendrait à être vendue, que la sienne propre appartînt intacte au chapitre de Rouen.
A sa mort, cette bibliothèque fut confiée à Robert Bigot, sieur de Montville, conseiller au parlement de Paris, avec un fonds considérable pour l'augmenter annuellement. Cependant,
lorsque Robert Bigot vint à mourir, tous ces trésors littéraires amassés depuis longues années avec tant de soins, de labeurs, de goût et de persévérance, furent acquis en bloc par des libraires et vendus en détail en 1706.
A cette vente, l'abbé de Louvois, alors garde de la Bibliothèque du Roi, acheta pour cet établissement tous les manuscrits ainsi qu'un grand nombre de livres imprimés.
Les libraires insérèrent dans le catalogue que rédigea Gabriel Martin beaucoup d'ouvrages qui avaient appartenu à la famille de Mesmes. Afin de dissimuler leur supercherie, ils abîmèrent sans vergogne d'adorables et somptueuses reliures pour enlever des plats les armes de cette famille. — Voy. Mesmes.
La Bibliothèque publique de Rouen conserve ce qu'on appelle les Manuscrits Bigot, 18 vol. in-f*, qui lui ont été légués par le marquis de Martainville. Ces Manuscrits contiennent des documents curieux non-seulement sur la famille Bigot, mais encore sur beaucoup d'autres membres du Parlement de Normandie, relatés jour par jour et appuyés de preuves.
Bibliotheca Bigotiana, seu catalogus librorum quos (dum viverent) summâ cura et industrie, ingenti sumptu, congessere viri clarissimi DD. uterque Joannes, Nicolaus, et Lud. Emericus Bigotii Domini de Somiriesnil et de Cleuville, alter Prêter, iilii senatores Rothomagenses...
Horumnet auctio die 1 mensis Juin 1706 et seqq. à prima pomeridianâ ad vesperum. Parisiis, in regiâ Gervasiana, via Foeneâ : vulgo Collège de M* Gervais, rue du Foin. — Parisiis, Boudot, i/o6, 5 parties en 1 vol.
in- 12.
ARMORUL DU BIBLIOPHILE. 97
Léopold Delisle, Cabinet des ma-
nuscrits de la Bibliothèque Impériale.
— Langlois, Nouvelles recherches sur les bibliothèques des Archevêques de Rouen. — Moréri, Dictionnaire historique. — Mer val (de) , Catalogue et Armoriai du Parlement de Rouen.
BIGOT, Sieur de LA TURGÈRE (Guillaume), conseiller au Parlement de Rouen, vers 1647.
D'argent , au chevron de sable , accompagné de trois roses de gueules posées, 2 et 1. Le chevron chargé au sommet d'un croissant d'argent.
Bigot de la Turgère, collatéral des précédents, ainsi qu'on le voit par la brisure de ses armes, avait aussi une riche bibliothèque; mais il ne parait pas qu'elle fût mêlée à celle de ses illustres parents. Toutefois, elle recelait des ouvrages que n'aurait certes .
pas dédaignés L.-E. Bigot, tels que des Aides, des Elqeviers, et autres monuments des plus célèbres imprimeries. Elle contenait encore plusieurs manuscrits très-curieux et très-anciens, dont quelques-uns sont conservés aujourd'hui soit à la Bibliothèque de l'Arsenal, soit à la Bibliothèque Impériale.
ARMOKIÀL DU BIBLIOPHILE.
BIRON (Louis -Antoine Gontaut, duc de), maréchal de France, arrièrepetit-neveu du duc de Biron, exécuté sous Henri IV, et oncle de Biron- Lauzun, exécuté le 3 1 décembre 1793.
Ecartelé d'or et de gueules.
La collection du duc de Biron était celle d'un grand seigneur : nombreuse et richement habillée.
BIZEAU (Claude- Gabriel), auditeur à la Chambre des Comptes, reçu en 1704, mort vers 1734.
D'azur, à un chevron d'or, alias fasce, accompagné de 2 étoiles d'argent en chef, et d'un croissant montant de même en pointe.
La Bibliothèque de cet amateur ne contenait guère que des ouvrages de droit et de science.
BLACAS (le duc de), né à Aulps en 1770 , d'une des plus nobles, mais des plus pauvres familles de ta Provence. Il mourut à Vienne en novembre i83q.
D'argent,à ta comète de seî^e raies de gueules.
Le duc de Blacas était membre associé libre de l'Institut : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il employa une partie de sa fortune à favoriser les arts, et surtout l'archéologie , qu'il cultivait lui-même. Sa Bibliothèque renfermait presque tous les ouvrages sur les beaux-arts , en toutes les langues.
Il avait en outre une collection de médailles, de pierres gravées, de figurines , vases , antiquités égyptiennes, grecques, étrusques, romaines et musulmanes. Rien, sous ce rapport, ne semblait avoir échappé a son attention éclairée. Aussi ce cabinet était-il un des plus célèbres de l'Europe: M. Reynaud, son collègue à l'Institut, en a fait connaître tout ce qui regardait les nations musulmanes dans un ouvrage intitulé: Monuments arabes, persans et turcs du cabinet de M. le duc de Blacas... ; Paris, 1828, in 8. — Cbampollion le jeune lui a adressé ses Lettres sur les Antiquités égyptiennes.
BLANCHON (Henri), écuyer, receveur de la ville de Reims, vers tyao.
D'azur, à trois cœurs d'or, i et i .
L'on rencontre assez fréquemment dans les ventes des livres à cette marque, remarquables par l'élégance de leur reliure. Cependant, nous avons fait de vaincs recherches sur la Bibliothèque qui les contenait.
BLAZEUS {Jacques),évéquede Saint Orner, mort le 21 mars 16 18.
Coupé tTa\ur et de sable, au sautoir d'argent, accompagné en chef d'une couronne d'or, et en pointe d'un poignard de même.
Devise : Viget œternum.
Les livres frappés aux armes ci-dessus sont assez rares. Nous n'en avons trouvé que dans les Bibliothèques de Douai et deSaînt-Omer.
bibliophile. 99
BLOUETDECAMILLY(François), archevêque de Tours, né en Normandie, mort le 17 octobre 1723, dans la 60* année Ac s'm âge.
D'a\ur, au lion d'or armé et lampassé de gueules, au chef cornu de gueules,chargé d'un cœur d'or accosté de deux croissants d'argent.
La collection de ce prélat se composait en partie d'ouvrages sur l'Écriture sainte, la théologie, le droit canonique et civil et sur les Conciles.
Bibliotheca Camilliana : scu catalogus librorum bibliothecœ ill. eccl.
principis D.D. Francise! Blouet de Camilly, archiepiscopi Turonensis...
—Pariais, C. Osmont, 1726, in-8.
BOCHART DE CHAMPIGNY (Jean), premier président au Parlement de Paris, mort le 27 avril i63o.
Efajur, au croissant d'or, surmonté d'une étoile du même.