LE BIBLIOPHILE FRANÇAIS
BOCHETEL (Guillaume), seigneur de Sassy , Brouillamon et autres lieux. lierait fils de Bernardin Bochetel, secrétaire du roi, et de Catherine Babouin. Il fut nommé secrétaire des fimnces eu i 5.y/, charge qu'il exerça jusqu'à l'époque de sa mort, arrivée en 1 558.
D'azur, à 3 glands de chêne d'or.
BOFFIN (Jean- Félicien de), conseiller au Parlement de Grenoble, vers
D'or, au bœuf de gueules, au chef de même chargé de trois croix de calvaire d'or.
La Bibliothèque de ce fonctionnaire contenait beaucoup d'ouvrages sur la jurisprudence, et presque tout ce qui avait été publié jusqu'à son époque concernant la province de D&uphiné-
BOH1ER (Jean), frère d'Antoine Cohier, cardinal et chancelier de France. Il avait été chanoine et chantre de l'église de Paris,f résident des requêtes au Parlement de cette ville, puis évéque de Nevers.
II mourut le 3i juillet i5i2.
lion d'a\ur, au chef de
Moréri, Dictionnaire historique.
— Gallia ckristiana, t. XII, p. 655.
BOISSEL (Toussaint-Joseph-Pierre de), abbé de Bois-Boissel, chanoine et comte de Lyon. 1779.
D'hermines, au chef de gueules, chargé de huit maries d'or.
Devise : Hœc soli gestant insignia fortes.
ARKORIAL DU BIBLIOPHILE.
BOISOT (Jean- Baptiste), prieur de la Loye, de Lachaux, et abbé de Saint- Vincent, né à Besançon, au mois de juillet i638, d'une ancienne et illustre famille originaire de Dijon, mort le 4 décembre 1694.
De sable, à trois annelets d 'argent, au chef d'or, chargé de trois pals d'azur.
Si jamais quelqu'un mérita le titre de bibliophile, c'est à coup sûr l'abbé Boisot. Il ne vivait pour ainsi dire que pour les livres et par les livres. Aussi sa Bibliothèque jouissait-elle d'une réputation considérable parmi les savants et les a ma leurs. On y trouvait les ouvrages les plus importants, imprimés ou manuscrits, qu'il avait recueillis dans ses voyages en France, en Espagne et en Italie. Vers 1664, pendant qu'il représentait le clergé aux États de Besançon , il l'augmenta encore d'un grand nombre de volumes provenant de la belle collection d'Antoine Perrenot, cardinal de Granvclle. Il les avait acquis du comte de la Baume- Saint-Amour (Charles-François), colonel du régiment de Bourgogne , mort après 1707.
En mourant, le cardinal de Granvclle avait laissé, dans plusieurs coffres, une quantité prodigieuse de papiers concernant la presque totalité du
xvi" siècle, si fertile en grands événements. C'étaient des lettres d'affaires écrites en différentes langues, toutes notées, apostilles ou soulignées de sa ma i n.avec pi usie urs copies de ses réponses, que l'habile ministre de Ctftrles- Quint avait réunies pendant le cours de sa longue carrière diplomatique.
Ces précieux monuments historiques avaient été négligés, portés dans des galetas, et abandonnés à la merci 4" temps et des souris. « Au commence- « ment, dit Boisot dans une lettre à " Pellisson, les domestiques, peu a- « près les enfants du voisinage allaient « facilement prendre de ces papiers; 1 ensuite, comme on eut besoin de « cinq ou six caisses, un maître d'hôtel a habile, pour montrer qu'il ne laissait « rien perdre, vendit à des épiciers les « lettres qui étaient dedans. Enfin, on € se trouva si embarrassé de cespape-
■ rasses inutiles (on leur faisait l'honi neur de les appeler ainsi), que, pour a s'en défaire peu à peu, on les aban-
■ donna aux dernières indignités. Ce a fut ce qui les sauva. 0
C'est à Jules Chihiet , conseiller au Parlement de Dôle , mort le 8 juillet 1676, que l'on est redevable d'avoir arraché ces papiers à une inévitable destruction. Il s'en étoit fait apporter une certaine quantité, qu'il examina avec le plus grand intérêt. Pénétré de leur importance, il s-- proposait de les mettre en ordre et de les conserver, mais la mort lé surprit avant d'avoir mis son dessein à exécution. L'abbé Boisot acheta alors, des héritiers de - Jules Chifflet, tous les papiers que celui-ci avait pu réunir. II y en ajouta beaucoup d'autres encore, détenus en " différentes mains et qu'il obtînt soit par don, soit par acquisition. Enfin, lorsqu'il crut tout avoir ou â peu près,
ABMOMAL DU BIBLIOPHILE.
il entreprit d'exécuter le projet conçu par Jules Chlfflet, et qui consistait dans l'arrangement systématique de toutes les pièces, avec des notes sur chacune d'elles. Cette opération présentait des difficultés que l'amour de la bibliophilie pouvait seul lever. La plupart de ces pièces étaient écrites en chiffres, et il fallait les expliquer. « Je a ne serais jamait venu à bout de les ■ déchiffrer, dit-il, si, par le plus grand c bonheur du monde, une ligne mal i effacée ne m'eût aidé à deviner le i reste, s Enfin, après dix années consécutives d'un travail opiniâtre et assidu, le savant et courageux abbé parvint à former cette fameuse collection en quatre-vingt-deux volumes in-folio, connue aujourd'hui sous le titre de : Mémoires du cardinal de Granvelle.
Outre sa Bibliothèque, l'abbé Boisot possédait un cabinet qui renfermait des bronzes antiques, des médailles de toute espèce, des pierres gravées les plus précieuses, des tableaux de maîtres les plus recherchés, des productions de la nature les plus extraordinaires, enfin une infinité d'autres objets d'art et de curiosité'.
Le 37 novembre 1694, quelques jours avant sa mort, par, disposition testamentaire, il institua pour héritier «oh frère, Claude Boisot, président au Parlement de Besançon, et laissa aux Bénédictins de son abbaye une partie de ses richesses artistiques, la plupart de ses manuscrits et sa Bibliothèque tout entière, avec 2,000 écus pour l'augmenter et l'entretenir, a la condition expresse qu'elle serait publique deux fois par semaine. Cependant Claude Boisot, le 23 février 1699, offrit à la Bibliothèque du Roi, pour une somme de i5,ooo livres, tous les
manuscrits recueillis et mis en ordre par son frère. Mais cette proposition n'eut aucune suite, ne pouvant se concilier avec la volonté formelle du testateur. Les religieux de l'abbaye de Saint-Vincent restèrent donc possesseurs des livres imprimés et manuscrits provenant de l'abbé Boisot, sur la plupart desquels le magistrat de Besançon fit apposer le sceau de la cité. A la Révolution, toute la Bibliothèque dite de Saint- Vincent fut transportée à la Bibliothèque publique de la ville de Besançon, dont elle forme aujourd'hui le premier et l'un des plus précieux fonds.
Moreri, Dictionnaire historique.— Préface mise en tête du tome I* des Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle.— Det.isle, Cabinet des manuscrits de ta Bibliothèque Impériale.
BOISSE (Pierre), échevin delà ville de Lyon. 1668.
D'or, à l'arbre de sable, au chef de gueules, chargé d'un croissant d'or accosté de deux besants de même.
Pierre Boisse était un véritable bibliophile, voire un bibliomane. Ses livres étaient nombreux, et la plupart d'une grande rareté.
BOISSIER {Guillaume}, conseiller du Roi et maître ordinaire en sa Chambre des comptes, né vers 1 63 2, mort A Paris, âgé de çî ans. Il était fils de Guillaume Boissier, premier commis de M. de Châteauneul, secrétaire d'État , et de Marie de Chaufourno.iu.
BOISTEL (de), seigneur de Chastignonville,d'Ambri*res,deLauhaye, conseiller en la troisième Chambre des enquêtes du Parlement de Paris.
I! mourut dans un âge tres-avancé, vers le mois de février 1 707, avec la réputation d'un magistrat intègre et d'un grand amateur de livres.
D'or, au chevron de gueules, au chef d'azur, chargé de cinq étoiles d'argent.
Catalogus librorum Bibliotheœ...
Guillelmi Boissier, régi à consilits et antiquî in suprema rationum curia mn gis tri. — Parisiis, G. Martin, 1 725 , 3 parties en 2 vol. in-12. La paginalion continue.
BOISSY (Melchtor de), de la famille des fondateurs de l'ancien collège decennmfiPiiris.
D'or, à i 'aigle de saule.
D'azur, à la bande d'or, chargée de trois merlettes de sable, accompagnée de 2 lions passants d'or.
BOIVEAU DE CIPIERRE, né dans le Maçonnais. Il fut nommé gouverneur de l'hôtel royal des Invalides en 1705.
D'azur, à trois rencontres de bœuf, d'or, 2 et 1 .
BOLACRE (Henri), prévôt des marchands de Nevers en 1646.
De sinople, au lion d'argent, armé, lampassé et couronné de gueules.
Outre les armes ci-dessus, les plats des volumes appartenant à cet amateur contenaient son chiffre, composé des lettres H. B-, répété nombre de fois, alternant avec un lion couronné.
BOLLIOUD-MERMET,néà Lyon, le 1 5 février 1709 , d'une ancienne famille consulaire de cette ville. 11 mourut en 1793, secrétaire perpétuel de l'Académie de Lyon, dont il était membre depuis le 1 î. avril 1736.
D'argent, à la bande d 'a\ur accompagnée en chef d'un lion rampant de gueules, et en pointe de trois roses de même.
Bollioud-Mermet fut un bibliophile sérieux. Ses livres étaient tous bien choisis, et la plupart élégamment reliés. Il laissa entre autres écrits — assez médiocres du reste — un ouvrage intitulé : De la Bibliomanie, où, par une contradiction singulière, il critique cette passion même qui le recommande au souvenir des amateurs.
BOLLOGNE (le comte de).
D'or, à tr-jis tours de gueules.
Notice des principaux articles de la bibliothèque de feu M. le comte de Bollogne,dontlaventese fera le mardi 23 novembre 1773... — Paris, Mérigot, i773, in-8.
BOLOZON (Vespasien), échevin de la ville de Lyon. i635.
D'argent, à la fasce d'a\ur, charée d'un soleil d'or.
AftHOIIUL DU BIBLIOPHILE.
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BONALD (Louis- Jacques-Maurice , de), archevêque de Lyon. r83o.
Ecartelé: au i e(4, d'azur, àTaig le d'or; au 2 et 5, d"or, au griffon de gueules.
BONGARS { Jacques ) , conseiller d'Henri IV, l'un des plus savants et des plus habiles critiques de son époque. Il naquit à Orléans, et mourut à Paris le 29 juillet 1612, âgé de 58 ans.
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Ecartelé : au 1 et 4, d'or, au pélican se becquetant l'estomac et nourrissant ses petits sur son aire, le tout d'azur, sous une nuée de même lançant des rayons et mouvante de la pointe dextre de Vécu; au 2 et 3, d'or>,à cinq tourtaux de gueules, à la bordure de même.
Devise : Servire Deo regnare est.
Doué de vastes connaissances bibliographiques, écrivain d'un rare mérite, passionné pour toutes les productions de l'intelligence-, Jacques Bongars s'était formé une remarquable collection de livres manuscrits et imprimés.
Pendant les négociations diplomatiques en Allemagne, auxquelles il fut attaché de longues années pour Henri IV, il ramassa une foule de pièces historiques, lettres autographes et autres documents inédits , qu'il réunit en douze volumes in-folio.
Vers i6o3, Bongars et Paul Pétau acquirent en commun des héritiers de Pierre Daniel (1), pour la somme de 1 5,ooo livres, tous les manuscrits que celui-ci -put sauver de la célèbre abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire , pillée et saccagée dans les guerres de religion.
La portion de Paul Petau fut laissée à son fils Alexandre, qui la vendit à la reine Christine de Suéde; cel^e de Bongars fut portée à Strasbourg, où H résidait alors. Il recueillit en outre les manuscrits de la cathédrale de Strasbourg, tour à tour dévastée par les soudards des divers partis religieux.
Plus tard, il réunit à sa collection les débris de celle de Cujas , sous lequel il avait étudié le droit à Bourges. Il le dit lui-même dans une lettre datée du 19 janvier 1604, qui mérite d'être rapportée, parce qu'elle peint à la fois l'homme, l'écrivain et le bibliophile: « ...Tant que j'ai été dans a ce voyage, je n'ai pas pu vous écrire,
I parce que j'étois tout appliqué a mes a affaires domestiques, auxquelles je
t. Pierre Daniel était avocat a Orléans et bailli d: l'abbaye de Saint-BenoIt-sur-Loire.
II mourut en 1602.
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a devois tâcher de mettreqùelqueordre « avant mon départ. Dans celte occu- « pation même, le plus grand de mes
■ soucis a été de chercher quelques « restes de la Bibliothèque de Cujas.
■ Vous rirez sans doute de bon cœur, « lorsque vous vous représenterez cette
■ foule de monde qui va à la Cour a comme à une foire pour y faire ses « affaires, et pour tâcher de tirer du s roi quelque argent ; et qu'en même 4 temps un homme de Cour comme « moi et qui n'est pas extrêmement « accommodé, s'enfuye en des lieux < écartés pour employer une partie de v son bien à acheter des livres et des a papiers en désordre et à demi rongés a des vers. Vous voyez par là si je suis
■ un homme avare. Lorsqu'il s'agit « des livres, ni la peine, ni la dépense a ne me sont rien. Plût a Dieu que je
■ fusse libre et en repos pour pouvoir « les lire ! Je n'envierais point alors ni
■ les richesses de M. de Rosny ni f les 'montagnes d'or de la Perse. »
[Bongarsii epistolœ. Ed. de la Haye, 1695. Lettre XXXV, p. 99.]
A sa mort , Bongars légua tous ses manuscrits à un nommé René Gravisset, fils de son hôtesse à Strasbourg, qui, quelque temps après, les céda a la Bibliothèque publique de la ville de Berne.
Une version veutqueces manuscrits aient eu une autre destination. Ainsi Bayle, dans son Dictionnaire historique et critique, dit que l'Electeur Palatin , sur l'avis de Gruter , son bibliothécaire , les acheta et les rît transporter en son château de Heidelberg, pour ensuite aller grossir les richesses littéraires du Vatican.
C'est là une erreur que Sinner a facilement démontrée dans la préface mise en tête de son Catalogus Bibliothecce
ARHORIAL DU BIBLIOPHILE,
Bernensis, ou il donne, de* manuscrits même de Bongars, une description aussi complète que savante.
BONNE (Alphonse de), de Créquy, duc de Lesdiguières, pairde France, mort le 5 août 171 1, âgé de 85 ans.
De gueules, au lion d'or, au chef cousu d'azur, chargé de trois rosesde gueules.
Devise : Nihit nisi a numine.
BONNET DE SAINT -LÉGER (Edme), chevalier des ordres du Mont-Carme! et de Saint-Lazare, grand-maître des eaux et forêts de France au département du Poitou, premier valet de chambre du duc d'Orléans,régent. Il mouruten 1 737.
D'azur, à l'ancre d'argent.
BONNIER DE LA MOSSON (Joseph.), maréchal des camps et logis de la maison du Roi, et trésorier
C'iéral des États du haut et bas nguedoc. Il mourut en 1744, âgé d'environ 42 ans.