DUCS DE BOURBON
dit Le GBANoet LeBoitegi,
aîriL- de Robçrt de France et
Itr^arix de Bourbon, fut sire
Bourbon du chef de sa mère,
en 1310} comte de Clermont,
après son père, en 1318; comte
de I.U Marche et de Castres,
10 iIRVORIAL
seigneur d'Issoudun, de Saint-Pierre-le-Moustîer et de Montferraad; pair et grand-chambrier de France. Ce fut en sa faveur que le roi Charles-le-Bel érigea la baronnie de Bourbon en duché-pairie, par lettres données à Paris le 27 décembre 1327 (1310-1341).
Femme : Marie, fille de Jean d'Avesne, comte de Hainaut (1).
h* azur, semé de fleurs de lys d!or, au bâton de gueules en bande brochant sur le tout. — PL I.
Histoire des grands officiers de la Couronne.
Louis !•' de Bourbon et sa femme sont représentés dans « TÂrmoriai de Guillaume Revel », p. '1 9 ; le duc a un vêtement de dessous rouge, et un grand manteau à ses armes , bordé et doublé d'hermine ; son col est orné d*un large galon d'or semé de pierreries, et un bandeau pareil entoure sa tête. La duchesse est YÔtue d'une robe de dessous rouge et d'une robe de dessus dont la jupe armoriée est partie de Bourbon et de Hainaut; tout le corsage est d'hermine, ainsi que la doublure des longues manches pendantes et la bordure de la jupe; la duchesse porte une couronne surmontée de trèfles de perles roses, posée sur une aumusse garnie d'or et de pierreries.
Le duc Louis !«' employait en 4325, dit M. de Wailly, dans ses « Eléments de Paléographie », t. II, p. '152, un sceau équestre dont le cliamp est losange ; son bouclier, le caparaçon du cheval et le champ du contre-sceau sont semés de France et brisés d'un bâton en bande; le bâton est placé en barre sur le caparaçon du cheval; il tient une lance dans la main droite; on lit autour : Ludodicus
COMES CL TI8 ( ClaTOmOntXS) DOMINUS B0RB0VNEN8IS.
Parmi les enfants puînés de Louis I'', nous citerons : Jacques de Bourbon, tige des comtes de La Marche, desquels sont issus les rois de France et de Navarre, les rois d'Espagne et de Naples, et les ducs de Lucques et de Parme; et Gur, bâtard de Bourbon, seigneur de Cluys et de La Ferté-Chauderon (2).
('I) Eeartelé : aux i et 4 d'or, au lûm de sable, armé et lampassé de gueules, qui est de Flandre; et aux 2 et 5 d'or, au lion de gueules, armé et lampassé d'azur, qui est de Hollande.
(2; Voir le chapitre suivant dans lequel nous donnerons les armoiries de
DU BOIBBONNAIS. 11
PIERRE Vj duc de Bourbon; comte de Clermont; pair et grand-chambrier de France, etc., fils aîné du précédent (1342- 1356).
Femme : Isabelle de Valois (1), fille de Charles de France, comte de Valois, et de sa troisième femme Mahaut de Châtillon, sœur consanguine du roi Philippe de Valois.
Armoiries semblables.
Le duc Pierre I* est représenté dans TArmorial de Guillaume Rcvel (p. 2f\), vêtu d^une robe rouge et d*un manteau à ses armes doublé et bordé d^hermine, avec une sorte de camail aussi doublé d^hermine; sa tôte est ceinte d*un bandeau d*or semé de pierreries. La duchesse, figurée près de lui, porte une robe de dessous rouge et une autre robe fort large armoriée ; la couronne à fleurons garnis de pertes, est posée sur une aumusse à bourrelet.
LOUIS II, duc de Bourbon; comte de Clermont, de Forez et de Château-Chinon ; seigneur de Beaujeu et de Dombes ; pair et grand-chambrier de France, etc., fils aîné de Pierre I^ et d'Isabelle de Valois.
Femme : Anne , dauphine d'Auvergne (2), comtesse de Forez, dame de Mercœur, fille unique et héritière de Beraud II, comte de Clermont, dauphin d'Auvergne, et de Jeanne de Forez.
Armoiries semblables.
toutes les branches de la maison de Bourbon. Nous ne mentionnerons les bâtards de nos ducs que lorsqu'ils auront eux-mêmes formé branche. Nous suivrons du reste Tordre adopté par « THistoire des grands officiers de la Couronne ».
('I) D'azwr, semé de fleurs de lys d'or, à la bordure de gueules.
(2) Ecartelé : aux i et 4 d'or, au dauphin d'azur, qui est des dauphins d*Au- Tcrgne; et aux f ^ 3de gueules, au dauphin d'or, qui est de Forez.
12 AltMORIilL
Le duc Louis II est figuré à la page 23 de rArmorial de Revel, vêtu d*une robe fourrée à ses armes, bordée d*un galon d^or orné de pierreries; il est couronné d\in bandeau semblable à celui des ducs dont nous avons parlé. La duchesse est représentée à côté de son époux, sa robe serrée est armoriée dans la partie inférieure; sa couronne à fleurons est lourde et peu gracieuse. Les statues en marbre de ces deux princes, malheureusement fort mutilées, se voient encore dans Téglise de Souvigny, sur leur tombeau, dont le sarcophage était orné d'écussons aux armes de Bourbon et de jarretières portant la devise Espérance, qui fut celle de Tordre de TEcu-d'or, institué par Louis II, en H 367. Louis II est représenté sur son sceau, décrit par M. de Wailly (-1) , debout, la tète nue, tenant une épée dans la main droite, la main gauche appuyée sur la hanche, vêtu d'une tunique à ses armes, dont les manches relevées au-dessus des coudes laissent apercevoir son armure ; à sa droite est son bouclier semé de France au bâton en bande, attaché à un pilier qui supporte aussi un casque orné de la couronne ducale, et dont le cimier est formé par un bouquet de plumes de paon. On lit autour : s. ludovici dccis borbonen. coitis. clabomokten. et. foren. piris. ET. cAMERARn FRACIE. Le champ du contre-sceau est aux mômes armoiries ; en voici la légende : f coktrasigilldm magni sigilli nostri. Ce sceau est appendu à une charte de 4394 , conservée aux archives de TEmpire.
Les armes de Louis II et de sa femme se voient sur les chapiteaux de la première travée de Téglise Notre-Dame de Montbrison, qui fut achevée par eux.
JEAN I", duc de Bourbon et d'Auvergne ; comte dé Clermont, de Montpensier et de Forez; seigneur de Beaujeu, de Dombes et de Combraille; pair et grand-chambrier de France^ etc., fils unique de Louis II et d'Anne Dauphine d'Auvergne (1410-1434).
Femme : Marie de Berry (2), seconde fille df; Jean de France, duc de Berry, et de Jeanne d'Armagnac, sa première femme, elle apporta en dot le duché d'Auvergne et le comté de Montpensier.
H) Eléments de Paléographie, t. n, p. -153.
(2) D'azur, semé de fleurs de lys d'or, à la bordure engrelée de gueules.
DC BOIRBONNAIS. 13
D'azur, à trois fleurs de lys dor, au bâton de gueules en bande brochant sur le tout. — PL I.
Histoire des grands officiers de b Couronne.
Jean I*' est, suiTant « mistoire des grands ofGciers de la Couronne •, le premier duc de Bourbon qui ait réduit à trois le nombre des fleurs de lys de son écusson, à l'imitation du roi Charles VI. Nous n'aTons point à discuter ici Tépoque à laquelle s'opéra ce changement dans Técu royal qui offre quelquefois les trois fleurs de lys seules sous Charles Y, et même antérieurement (\ ) \ disons seulement que ce fut en eflet vers le milieu du XV' siècle, que Técu des ducs de Bourbon parut modifié, comme on peut le Toir à Souvigny, dans la chapelle neuve. Cet écu de Bourbon se retrouve dans un très-grand nombre de monuments qu'il serait trop long de citer ici ; nous ne signalerons que les plus remarquables.
Jean I*' est le dernier duc dont TArmorial de Revel donne la figure: ce prince y est représenté vêtu d'une sorte de tunique à ses armes, richement bordée d'or et de pierreries, dont les manches dentelées sont ouvertes et tombent fort bas; son chapel, relevé par devant, est rebrassé de fourrure; ses cliausses sont rouges. La duchesse porte ime longue robe à corsage d'Iiermine et à jupe armoriée ; son vêtement de dessus a des manches tombantes; sa couronne, posée sur une aumusse fort riche, est formée de hauts fleurons évidés, ornés de pierreries.
Parmi les fils putnés du duc Jean I'', nous signalerons Lons de Boubbon, Comte de Montpensicr, qui fut la tige de la première branche de Bourbon- Monlpensier.
CHARLES I*', duc de Bourbon et d'Auvergne ; comte de Clermont, de Forez et de Tlsle-Jourdain ; seigneur de Beaujolais, de Dombes et de CombraJIle; pair et grand-chambrier de France, etc., fils aîné- de Jean P et de Marie de Berry (1434-1456).
I-I) Les Bénédictins parlent d'une charte de ^287 à laquelle est appenduun sceau de Philippe-le-Bel, sur lequel on ne voit que trois fleurs de lys. M. de Wailly donne, dans ses « Eléments de Paléographie », un sceau de Charles V, qui ne porte également que trois de ces emblèmes.
Femme : Agnès de Bourgogne (1), fille de Jean, duc de Bourgogne et de Marguerite de Bavière.
Armoiries semblables.
Les statues de Charles I*' et d^Agnès de Bourgogne se voient sur leur tombeau dans la chapelle nevsoe de Téglise de Souvigny; cette chapelle fut élevée par ces princes, on y retrouve partout les pots enflammés qui furent Tun des emblèmes du duc Charles.
Charles I*' eut beaucoup d'enfants parmi lesquels nous citerons : Jean et Pierre qui possédèrent successivement le duché de Bourbonnais; Charles, cardinal-archevêque de Lyon, qui prit le titre de duc de Bourbon, après la mort de son frère aîné, mais qui se contenta ensuite du Beai^jolais et d'une rente; Louis, évoque de Liège, qui eut, de Catherine d'Egmont, duchesse de Gueldre, trois fils, dont Tun fut la tige de la branche de Bourbon-Busset, rapportée plus loin ; et enfin un fils naturel, Louis, comte de Roussillon, dont nous parlerons.
JEAN II , dit Le Bon, duc de Bourbon et d'Auvergne ; comte de Clermont, de Forez, de Tlsle-en-Jourdain, de Villars; seigneur de Beaujeu et de Roussillon; pair, connétable et grandchambrier de France, etc., fils aîné de Charles I" et d'Agnès de Bourgogne, se maria trois fois, et mourut sans enfants légitimes (1466-1488).
1" FenMne : Jeanne de France (2), fille du roi Charles VII, mariée en 1447.
2* Femme : Catherine d'Armagnac (3), fille de Jacques d'Ar-
ia) Ecartelé : aux i et 4 semé de Vrance, à la bordure componée d'argent et de gueules, qui est de Bourgogne-moderne; aux 2 et 3 bandé d'or et d'azur, à la bordure de gueules, qui est de Bourgogne-ancien, et sur le tout, d'or, au lion de sable, armé et lampassé de gueules, qui est de Flandre.
(2) B'azur, à trois fleurs de lys d'or.
(3) Ecartelé : aux i et 4 d'argent, au lion de gueules; et aux 2 et Z de gueules, au léopard lionne d'or.
Dl BOIBBON.NAIS. 15
magnac, duc de Nemours et de Louise d'Anjou, mariée en 1484.
3* Femme : Jeanne de Bourbon (1), fille aînée de Jean II,
comte de Vendôme, et d'Isabelle de Beauvau, mariée en 1487.
Armoiries semblables.
Le duc Jean battit monnaie comme prince de Dombes; les produits de ce monnayage ont été publiés par M. Mantellier (2). Parmi ces pièces nous ayons remarqué deux magniGques médailles sur lesquelles le duc Jean est représenté debout, la tête couTerte d'un chapeau rebrassé de fourrure, portant le manteau ducal et le collier de TOrdre de SaintrMichel, tenant son épée nue dans la main droite ; le champ est semé de fleurs de lys à un bAlon en bande brochant sur le tout; le revers offre un écu aux armes de Bourbon, au milieu de quatre pots de feu et de quatre fleurs de lys.
Le duc Jean II laissa deux enfants naturels : MAnnin, surnommé le grand bâtard de Bourbon (3), et Charles, tige des vicomtes de Lavedan, marquis de Malause, dont nous parlerons plus loin.
PIERRE II, duc de Bourbon et d'Auvergne ; comte de Clermont, de Forez, de La Marche et de Gien ; vicomte de Cariât et de Murât; seigneur de Beaujolais et de Bourbon-Lancy; pair et grand-chambrier de France, etc., troisième fils de Charles I^ et d'Agnès de Bourgogne, portait le titre de sire de Beaujeu du vivant de son frère aîné auquel il succéda, malgré les prétentions de son frère le cardinal (1488-1505).
(\) D'azur, à trois fleurs de lys d'or, au bâton de gueuies en bande, chargé de trois lionceaux d'argent, brochant sur le tout,
(2j Notice sur la monnaie de Trévoux et de Dombes,. p. 20 et suiv.
(3) Bien que le grand bâtard de Bourbon n'ait point laissé de postérité, nous donnerons ici ses armoiries; t THistoire des grands officiers de la Couronne » rapporte que son sceau ofirait une bande semée de fleurs de lys, brisée d'une cotice en bande; il devait donc porter : d'argent, à une bande d'azur, semée de fleurs de lys d'or, et une cotice de gueuies en bande, brochant sur le tout.
Femme : Anne de France (1), fille du roi Louis XI el de Charlotte de Savoie.
Armoiries semblables.
Le duc Pierre II, la duchesse sa femme et leur fille Suzanne, qui fut la seule héritière des vastes domaines de la maison de Bourbon, sont représentés sur un magniûque tryptique qui se voit dans Téglise cathédrale de Moulins; les vitraux de cette môme église offrent aussi les Ggures de ces princes et de plusieurs autres personnages de leur famille.
Des monnaies de Dombes et des jetons fort élégants portent les armes du duc Pierre II et celles de sa femme; c'est Tun de ses jetons dont le dessin ûgure sur le titre de cet ouvrage, en voici la description : pre (Pierre) dvc de BovRBONN ET DAVVERGNE, eu Icttrcs capitalcs gothiques, entre ûlets, le commencement de la légende indiqué par une petite fleur de lys sur laquelle broche le bâton des armes de Bourbon; dans le champ, un écu ogival aux armes de Bourbon, timbré d'une couronne à pointes, et accosté des lettres P et A, initiales du duc et de la duchesse. % avx : gea's. des : comptes : a molums entre filets, le conunencement de la légende indiqué par une petite fleur de lys barrée; dans le champ, un cerf aîlé portant, suspendu au col, un petit écu de Bourbon, entouré d'une jarretière sur laquelle se lit la devise Es^omce,
Ce jeton fut frappé pour la chambre des Comptes de Moulins. Il offre, pour type de son revers, ce cerf allé, probablement pris en souvenir de celui qui fut Tun des emblèmes du roi Charles YI, et peut-être aussi du roi Charles VIII (2), qui se trouve dans romementation de quelques monuments construits du temps du duc Pierre ou du connétable.
CHARLES II, duc de Bourbon^ d'Auvergne et de Châtellerault; comte de Clermont, de Montpensier, de Forez, de La Marche, de Gien et de Çlermont en Auvergne; dauphin d'Auvergne; vicomte de Cariât et de Murât; seigneur de Beaujolais,
(\) B'azur, à irois fleurs de lys d'or.
(2) V. les « Devises héroïques » de Claude Paradin, et l'ouvrage dont voici le titre : « Symbola diuina et humana pontificvra imperatorvm regvm, etc., ^1666», p. 244.
Dl BOIRBON.NAIS. 17
de CombraîUe, de Mercœur, d'Annonay, de LaRoche-en*Régnier et de Bourbon-Lancy ; pair, grand-chambrier, et connétable de France (le fameux connétable de Bourbon), fils de Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier et dauphin d'Auvergne, et de Claire de Gonzague, devint duc de Bourbon par son mariage avec Suzanne, fille unique de Pierre II, en 1505. L'histoire dn connétable de Bourbon est trop connue, pour qu'il soit nécessaire de la rapporter ici. Il fut le dernier duc de Bourbon, bien que Louise de Savoie, mère de François I^, ait fait valoir ses droits à la succession de la duchesse Suzanne, du chef de sa mère, Marguerite de Bourbon, tante paternelle de cette princesse, et ait quelquefois pris le titre de duchesse de Bourbon, notamment sur un beau jeton que nous avons trouvé au cabinet impérial (1) (1505-1527).
Un arrêt du Parlement, du mois de juillet 1527, réunit au Domaine le duché de Bourbon qui fut depuis cédé par Louis XIV, le 26 février 1651, à Louis II, prince de Condé, en échange du duché d'Albret et d'autres domaines.
Femme : Suzanne de Boirbon (2), fille de Pierre II, duc de Bourbon et d'Anne de France.
(4) Voici la description de ce jeton : f lvdovica. r. iu. dvcissa. bordonnen. filet au pourtour; lettres capitales. Dans le champ, un écu ogival parti : oui de France, au lambel de trois pendants d'argent, qui est d*Orléans -^ et au 2 écartelé : aux i et 4 de Bourbon, et aux 9 et 5 de guetdes, à la croix d'argent, qui est de SaToie. L'écu timbré d'une couronne ducale, et. entouré d'une cordelière. ^. t PENSAS. DEDisn. voLABo. REQVIE8CAM cutrc filcts; lettres capitales. Dans le champ, un L couronné au milieu d'un vol.
(2) D'azur, à trois fleurs de lys d'or, au bâton de gueiûes en bande brochant sur
le tout,
18 ABMORIAL DU BOURBONNAIS.
Armoiries semblables d celles de son beau-père.
Le coonélable de Bourbon, issu de la branche de Bourbon-MonlpeiuieT, dont noua donoeroDs plus loin le blason, pril les armes pleines de Bourbon lors de l'extinction de la branche aînée de la famille, à la mort du duc Pierre, son beau-pérc.
L'.'-DEIA KAflCHi ' [','> M ïtNOOMf DIlllt'HINi D( FMNCt DUtUl eOURt-lGNE
4fh
te
DUCSDf ÏENBOME [')■ OE HONIFINSKR DlGD-ESIOllIEVIElt fi" DE CONOt
DE IIEH^ [. DERDUoSllLON