‹ Armorial genevoisChapitre 152 sur 216 · MAISON DE SAVOIE · texte numérisé non relu

MAISON DE SAVOIE

Dans leur bel ouvrage sur les Sceaux des princes de Savoie, MM. Cibrario et Promis citent, comme Tun des plus auciens monuments portant la croix, un sceau d\\mé(lée V, joint à un acte de 1287 (1). Le grand sceau du même prince, appendu à une pièce de 1 290 (2) , présente cet insigne répété sur le caparaçon et décorant soit lecu du comte, soit Temprcinte du conlrescel. [PI. XLIII, fig. 4.]

Des sceaux de Béatrix de Faucigny, fille du comte Pierre. qui se trouvent sirr des actes de 1279 [iig. 3], nous montrent déjkia croix de Savoie, et l'époque où cette croix apparaît peut encore être reculée, car on voit, dans un acte de 1261 (3), un l)€ao sceau en amande mystique représentant Agnès de Faucigny tenant d'une main les armes de sa famille et de Fautre un écu croisé, armoiries probables du comte Pierre, son époux [fig. 2]. Nous pensons même que la croix qui décore le bouclier (lu comte Aymon II de Faucigny, sur un sceau de 1212 [fig. 1(4)], n'est autre que la croix de la maison de Savoie, fa- Biille a laquelle Aymon était sans doute allié, et peut-être même par son épouse, dont le nom nous est resté inconnu.

Les quatre lettres fert, constituant la légende de Savoie et <lonl rexplication est si problématique , n'apparaissent guère avant la fin du quatorzième siècle. Un gros d'Amédée Vllï,

cels qui y joignent les sceaux des évêques. (Voy. le sceau de Lamberl, «vêque de Maurienne, sur un acte de 1186. Arch. do Genève, Pièces *M^, n°27.)

(1) Sigilli de^ Principi di Savoia, fig. 36, et p. 121 du texte.

(2) Arch. de Genève, Pièces hist., n" 117. — Sigilli, etc., fig. 37, «ip. 122.

(3) Ibid., Pilces hist., n» 71 ; la légende de ce sceau n'offre que ^es mots, "^ siGiLLVM AGNETi . . . E FvciGNiE. On trouve dans les %'//t une empreinte du sceau d'Agnès de 1263, qui nous a fourni quelques mots de la légende manquant sur celle de nos archives.

(4) Arch. do Genève, Pièces hist., n<>/i3. Ce monument présenio ^•" écu parli, portant au premier une croix assez bien conservée.

frappé eo 1392, est l'un des plus anciens monuments authentiques qui en montrent l'emploi (1).

L'azur est la couleur héraldique de la Savoie, qui portait uoe croix blanche dans un champ de cet émail , comme on Ta vo jusqu'à nos jours dans ses drapeaux ; c'est en considération de ce fait que les brisures des princes sur les armes souveraines sont ordinairement d'azur.

Le bleu , comme couleur de Savoie , se retrouve dans de vieilles bannières; nous citerons, en particulier, le drapeau n° 1 de la planche XLIV, qui fut pris k Versoix par les Genevois, en t589 (2). Le n® 2 (3), qui provient probablement de la même conquête, offre le mélange de la couleur rouge qui domine sur le n° 3 (4) , où une frange bleue rappelle seule k couleur de Savoie ; il est probable que cet étendard provient, de même que le n° 5 (5), de l'Escalade infructueuse tentée sur Genève en 1602. Le n^ 4 figure un guidon pris à Buringe, le 1®*" janvier 1591 , par un capitaine de cavalerie genevoise, nommé Jacques Des Confins (6).

(1) Moneté dei Reali di Savoia, t. II, pi. V. ,

(2) Arsenal de Genève, no 18. Ce drapeau, dont la soie bleue est devenue verdâtre par vétusté, porte une étiquette ainsi conçue: " Drapaux pris sur les Savoyars au château et fort de Versoy en /'«« 1 1589 — en 7*'-^ (a). 1

(3) Arsenal de Genève, n» 3.

(4) Ibid,, no 5. M. Cibrario rapporte, dans son Ménoire sur Ift armoiries anciennes de Savoie, un fragment de compte de 1315, qui prouve qu'à cette époque il y avait déjà des drapeaux de Savoie rouges avec la croix blanche, et dans les Sigilli une pièce de 1292, montrant que dès lors la croix blanche était en champ rouge.

(5) Arsenal de Genève, n» 15.

(6) Ihid., no 10.

(a) Cette date est erronée ; ce fut le 9 novembre qu'eut lieu la prise du ftrt de Versoix et la capture des drapeaux. (Voy. les Annotations aux ExtraUi à» Registres de Noël.)

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