‹ Armorial genevoisChapitre 18 sur 216 · Seizième siècle · texte numérisé non relu

Seizième siècle

k\ï commencement du seizième siècle, la liberté de Genève fut sur le point d'être anéantie : les persécutions du parti ducal dominaDt en 1525, forcèrent à l'exil les citoyens partisans de riûdépendance de leur patrie; ces hommes honorables, à la tète desquels était Besançon Hugues^ se réfugièrent en Suisse (3). L'un d'eux. Ami Girard, trésorier de la ville, avait eu la précaution de cacher avant son départ les sceaux de la Communauté; aussi les syndics Mammelus croyant qu'il les avait em-

(1) Yoici trois articles d'un inventaire des objets de la chapelle de Saint-Micbel > dont nous devons la communication k Tobligeance de H. Ed. Mallet :

«Et primo unum calicem et unam patinam do argento in quibus depinguntur arma ciuitatis

<.... Item unam aubam cum amictu in quibus sunt arma ciuitatis «nie et rétro.

<.... Item unam casulam de hostade persicam cum stola et manipnlo folderatis de fustemio in cuius casule croysiala unus crucifix depingilur cum arma ciuitatis ante et relro. »

Dans les inventaires faits lors de la Réforme, on voit auSsi la mention de plusieurs objets sacrés portant les insignes de la ville figurés de Perses manières- (Voy. les inventaires publiés dans les Mém, de la Soc. d'Hist. et d'Arch., t. VI, p. 126 à 135.) Dans Téglise de Saint- Claude on conserve encore quelques vases qui y ont été transportés à ^niôme époque» et qui portent des peintures en émail figurant la Clef ^'l'Aigle. (Voy. à la table Tariicle Chapelle des comptes,)

(^) Fragments hist. de M. le baron de Grenus, au 6 février 1482.

(3) 15 septembre 1525. Voy., sur les détails de celte affaire, Spon,. ^ ^ p. 173 et suiv.

|iOilés et tremblant à l'idée d'une alliance avec Jes Suisses, alliance qui devait renverser leurs projets d'asservissement, s'empressèrent-ils de s'inscrire en faux contre Tusage qu'on pourrait faire des anciens sceaux (1), et en janvier 1526, ils en firent m nouveau avec les mots, Sigillum maius Communitatis civitcUU Gebennensis (2) ; la formation du collée des syndics de Tannée suivante, k la tète desquels se trouvait Jean Philippe, l'un des principaux Eidgnos, écrasa les Ducaux, et le mépris qu'inspiraient ces derniers se reporta jusque sur leur grand sceau, dont aucune empreinte n'est restée et dont la matrice fut détruite par ordre du Conseil, le 16 avril 1527 (3).

Genève libérée, on s'occupa activement du traité d'alliance avec Berne et Fribourg, négociée dans cette dernière ville par les soins des citoyens fugitifs; le 12 mars 1526, le Conseil général de Genève l'accepta solennellement ; une matrice nouvelle, encore aujourd'hui aux Archives, fut gravée pour le grand sceau appendu à l'acte (4); ce sceau, en cire verte, a trois pouces de diamètre et porte en légende les mots, s.(igillum) ma-

UNVlff . YNIVERSITATIS . CIVIVM . GEBENNARYM . [pi. XII, fig. 4].

Son en^ploi n'a pas été très-fréquent; on le trouve au plus six ou sept fois sur des actes importants (5)» où il est joint par une double conlelette de soie tressée, tantôt grise et noire (6), tantôt de cette dernière couleur jointe au violet (7) ou au bleu (8); on

(1) GoUffé> Matériaux, t. U, p. 313.

(2) Flournois> Extrait des Beg. des Conseih, exempl. des Archives, nu 5 JAuvior 1S%.

(3) Flcyurnois> Extrait des Reg. des Conseils, exempt, des Archives. — Ibid., remarques, p, 282. — Suivant Bâtard, le sceau n'aurait point été fait ; < Cestuy mesme jour (28 novembre 1525) en Conseil ordinayre fuat conclu de fayre ung nouveau seau en eslieu de celuy que led. An^ya Girard trésorier a en garde, touteffojs il n'en fust point faict. >

(4) Arch,, Fihm hist., n^ 964.

(5) Arolio tSkes hi$t,, n^%4, 1157, 1158, 1886, 1890 et 2094. (fi) Arch.. tShes hist,, n^* 964, 1157 et 1158.

(7) Aroh.* «ècw *wl., n* 1886.

(8) Awh,, JShu Wal„ n~ 1890 et 2094.

PL. xir.

cLsrpT l'aigle. 45

trouve sur un Irailé de combourgeoisie passé avec Berne pour ]gkin(} ans le 7 août 1536 (1); il est appendu au Mode de ïït, négocié dans la même ville entre le duc de Savoie et îDôveen ISTO (2), et aux proteslations des Conseils contre le ttkconile de Genève, pris par le duc dans Tacle de ratifica- )D du mode de vivre ci-dessus (3). Enfin il est joint de la lème manière au traité d'alliance perpétnelle fait par les villes eZorich, Berne et Genève le 30 août 1581 (i). Les sceaux eceslrois derniers actes sont en cire rouge et contenus, sauf edernier, dans des boîles en fer-blanc, k Tintérieur desquelles »8sentles cordelettes.

Les anciennes alliances de Genève avec les Suisses ont fourni le thème de compositions curieuses. La singulière allégorie de la Poule et des Poussins cherchant leur refuge contre les éperim sottsTombre AesAAA liez par des sarments^ a été mise au jour dans le. second volume des mémoires de la Société d'Histoire de Genève. Dans h République des Suisses^ ouvrage publié eu 1639, par Simler , l'auteur termine son livre en donnant la %ire d'un taureau, dont les cornes sont liées d'une bandelette portant l'écu des treize cantons ; pour Simler, les cornes du tan-

(1)Arch., Pièces hisL, nM158.

P) Arch., Pièces hist,, n" 1886. Le sceau ducal, joint à cet acte, ypsl appendu par un cordon de soie rouge, jaune et noir.

(3) Arch., Pièces jusL, nM890.

(^) Arch., Pièces hisl,, n® 209iî^. L'alliance fut jurée dans lo Conseil de Genève, le dix-huil octobre. Deux médailles coinmémoratives ^« celte alliance ont été frappées. L'une, dont on conserve au Musé* Académique un exemplaire, couverte do peintures, représente h l'avers vn ange ayant devant lui l'écu de Berne, tenant de la droite celui de Zurich et de la gauche celui de Genève; au revers est Tallégorie du ^isceauqai ne peut se rompre tandis qu'il est bien lié.

l^'autre médaille, datée de 1586, offre les mêmes écussons surmon-

^ d'une couronne et du globe impérial. Au revers, trois confédéré»

^M^fent fidélité réciproque. Cette médaille se trouve aussi au Musé(r

^^ Genève.

46 ARMORUL GENEVOIS.

reau figurent les alliés des Ligues : sur Tune, brisée, on voit la croix de Savoie, Faulre, entière, porte la Clef el TAigle; les vers suivants accompagnent cette image :

Qvatrains sur VEslai des SwBseSs

L'Esiat Helvétique ressemble Ja l'one^ helas^ est escoméei

A vn Taureau plein de grand cœur^ El gueres plus ne se mantienl ;

Dessous lequel la (erre tremble» Biais elle estant d'amis bornée,

Quand il se met en sa fureur : Le Cbappelet encor soustient.

Sa perruque blonde est ornée Que si l'autre estoit esbranléei

De treize fleurs en vn cbappeau^ Du Cbappelet les envieux

Elle est de deux cornes année , Emporterovent en vne emblée

Oîi gist la force du Taureau. Le Taureau n'estant furieux.

Si ce Cbappelet se deslie» Toj donc Taureau, fuj la Gnesse

Si ce Taureau ses cornes pert. De l'ennemi le doux feignant,

Sa beauté sera tout flestrie. De peur que ta corpe il ne blesse^

Et se trouuera descouuert. Et ne rende ton cœur saignant.

Des lettres de la Seigneurie à ses députés, écrites en novem* bre 1530 (1), ont pour cachet l'empreinte d^un petit sceau [pi. XII, fig. 3] où les armoiries de Genève sont représentées d'une manière intéressante : l'aigle couronnée et lampassée devient essorante ; Fécu , d'une forme gracieuse , est entouré des mots, pos : tenebras : spero : lycen : (2), premier monument existant portant la devise qui dès lors accompagna presque toujours l'écusson genevois (3).

(1) Arch. de Genève, Pûees hist., n** 1048.

(S) En 1538 on trouve la variante, post : tenebras : spero : lvcek ' (Arch. de Genève, Pihes hist., n** 1191.)

(3) Ami Favre, dans ses manuscrits sur Thistoire de Genève, rapporte qu'en 1523 on donna des fêles à Béalrix de Portugal, où Un expliquait d'une manière galante la devise de la ville, Post tenebras spero lucem, Voy. Senebier, Histoire littéraire, t. II, p. 178.

CLEF ET l'aigle. 47

i devise est tirée du dix-septième chapitre du livre de }nt le verset douzième se termine dans la Vulgate par s, POST TBNEBR AS SPERO LUCEM , Après Us ténèbres j'eS" lumière^ ou mieux, suivant le sens du passage complet, a calamité J'espère le bonheur (1), Cette parole, très-nadans la bouche de Job, fut, à IVpoque de la Reformations étée comme un désir de changement de religion de la î nos pères : cette idée, émise par Bonivard ou Fro-^ [2) , répétée par plusieurs historiens (3) et développée

K Noctem verterunt ia diem» et rursum posl tenebras spero lu- Yoy.^ sur le sens de ce passage, la dissertation de Baulacre, in- [ans le Journal Helvétique, mai 1745, p. 475. Bonivard, Proêsme des Chroniques, p. 10, édition de Dunant : •pistres preparatives aux histoires et Actes de Geneue, par Antoine int, 1554, p. 31.

»Et pour ce que leur ancienne devise, dit Roset (liv. 111, chap. )sloit : FOST TBNEBRAS SPERO LYCEM , ils ûreut mettre sur Tun des i de la monnoie , rosi tenebras lvx, disant quils avoieot atteint

oiere

9os devanciers confessoyent sans y penser le règne de leurs tene-

quand par ceste ancienne et prophétique devise p. t. s. l., ils 'oyent de sortir de ténèbres, ils attendoyent le règne aduenir de iere. Lumière du S. Euangile, en fist publier Theureuse arri-

et la délicieuse Jouissance par vne deuise raccourcie qui parle rois mots grauez en lettres d'or dans le cercle de ses armes sur lieux et endroits, post tekebras lux....» (^Citadin, p. 31 de Té- D originale.)

e n'est pas la devise seule qui a fourni aux écrivains protestants des sions aux événements de la Réforme; ils ont tiré de singuliers prochements de la composition même de Técusson : les deux petites -es suivantes pourront donner une idée de leur manière de voir :

Le Blason des Armoiries et deuise de Genève.

En cest Escu tu vois l'Aigle esleué Au costé droit dou eslendant son Aisle

48 AMJMRIAL 6E9ET0IS.

par Moros dans on discours académique prononcé dans le temple de Saiot-Pierre an milieu do dix-septième siècle (I), est exprimée de la manière soiTante sor Tune des deis de voûte de rHôtd-ik'Ville , après les mots , post te!(eeeas spero ly- CEJf , et le passage d'Esaîe » orietvr in tesebus ltx tta (2), on Toit un soleil, les mots, post tsnebras ltx, et la date de

I^ 4 décembre 1335, le Conseil ordonna qoe la devise: Pù$l (enduras $pero lucem (3) , serait placée sor les monnaies,

Pousse la Clef monstrant quiez leaé Est le clair Joar après la nuict mortelle.

Comme premier la Clef fust inveotée Pour l'or cacher que Tanare husloit (4) Par elle ainsi dous est représentée La nuict d'erreur qui tout couurir souleit.

L'Aigle regarde encontre le soleil Sans siller lœil et dans son nid nendure Aucuns des siens sil ne fait le pareil Pourtant il est de Lumière figure.

Ceste Clef donc notant lobscurité Monstre de Dieu une lourde ignorance Comme de Dieu est laimée clarté Du père et fils la vraye cognoissance.

Pourquoy a-t-on icy pourtraict L'Aigle et la' Clef en ce pourtraict?

L'Aigle est le jour, les nuits funèbres : La Clef pousse en rinfemal lieu.

Ainsi tu voix peuple de Dieu La lumière après les ténèbres.

(1) De duobus Genovse miraculis, sole et scuto; 1652.

(2) Ta lumière se lèvera dans les ténèbres. Chap. lviii, verset 1^-

(3) Le mot spero fut bâtonné plus tard sur le registre original.

(4) Pour huisloit. Huisler, renfermer, mettre sous l'huis.

CLEF ET l'aigle. 49

jusqa'en 1553 (1), l'on Gt usage des sceaux où elle se

uvalt.

Les premières monnaies émises ensuite des résolutions prises 1535 furent des deniers qui, d'un côté, présentent les mots, îvsNOSTER pvGNAT PRO NOBis (2), Cl de l'autre le nom de la lie, la date et la devise, post tenebras lvceu. Une certaine uanlilé du métal de ces deniers provient des vases sacrés des nciennes églises de Genève , car Floumois nous apprend (3) pe l'on remit k Claude Savoie, maître de la monnaie, et pour Hre employés k sa fabrication : une croix d'argent en manière d'offertoire, un calice et un pié de calice bas d'argent avec une patène , un petit coffre d'argent propre à tenir des reliques , un ime-moin de Saint- Jean et un bâton garni d'argent.

La Clef et l'Aigle qui se trouve sur les premières monnaies esll'ane des dernières qui présentent l'aigle au vol abaissé. Dès lors elle fut toujours essorante , quelquefois entièrement déployée.

Une ordonnance publiée le dernier février 1536, Sur ce que h kstes ou hostesses obserueront cl feront obseruer chez eux (4) , porte en tête un bel écu de Genève dans une couronne ; disposition dont nous avons vu un analogue dans le Missel. Sur cet exemple, Taigle n'est pas languée, ce qu'on remarque fré- <iueinment tant à la fin du quinzième siècle qu'au commencement de celui-ci (5). Cet écu se retrouve, en 1545, en tête d'un tarif réglant le prix des diverses qualités du pain (6). Le même ntotif , mais avec un ruban enroulé autour de la couronne et

(1) Arch., Pièces hisL, n° 1542 (12 décembre 1553). (i) Notre Dieu combat pour nous.

(3) Extrait des Beg,, du 26 novembre et 10 décembre 1535. Arch .

(4) Arcb., Pilces hisl,, n" 1161. Celte ordonnance est imprimée.

(5) Cette absence d^ lampassure est un défaut grave, la langue des animaux étant, en blason, un des caractères les plus honorables ; on sait <iae,pour punir un noble qui avait insulté sa mère, saint Louis dif- ^ma ses armoiries en ôlant la langue du lion qui s'y trouvait. ■

(6) Arcb., Ptèces «8^, nM369.

50 ARXORUL GENEVOIS.

portant la devise , post tbnebras lvcex, se voit sur l'armoirie jointe à la vue de Genève, gravée en 1 548 et probablement envoyée par Bonivard \k Munster, pour sa Cosmographie (1).

Les portefeuilles historiques des Archives présentent, en 1538 et 1539, trois nouveaux sceaux : le . seatlx. commykg. DE • GENEVE . , qui est tantôt pendant (2), tantôt en applique (3), et dont Tannoirie rappelle les formes anciennes , fut en usage jusqu'en 1587 (4); une pièce, en date- du 20 août 1541 (5), le qualifie de sceau de la Seigneurie de Genève (6) ; un autre sceau , ayant la même légende (7) et employé de la même manière (8), se trouve de 1539 (9) k 1688. L'aile de l'Aigle est plus dépliée que sur l'exemple précédent ; la Clef offre une tige à bouton et embase, et un anneau en double S [pi. XX, fig. 21]; enfin, le . s . (sceau) de . la . ivstice . de . geneve, dont on se servit de 1538 (10) à 1553 (11), offre une gracieuse variante dans la forme de l'écusson (12).

(1) Cette gravure se trouve dans rédition latine de 1550, p. 98, et dans celle française de 1568, p. \%% L'édition allemande de 1544 ne présente pas cette planche.

(2) Cire rouge sur lemnisque de parchemin de 1538 h 1548, sur cordelettes de soie grise et noire, 1544.

(3) 1538 à 1587. Il est en cachet en 1557.

(4) Arch., Pihes hist., n«' 1185 a 2120.

(5) Arch., Pihes hisL, n^ 1267.

(6) Une réduction du seaulx commung est gravée dans YHistoire de Genîve par Spon , in-4®. Voy. t. H, fig. xlviii, et p. 285 du texte.

(7) L'orthographe est différente , le . seav . cohvn . de . geneve »

(8) Apphqué de 1539 a 1688. Pendant sur cire rouge dans une boîte de bois, liée par deux rubans, Tun gris, l'autre noir, h Tacted'inchision du canton de Zurich au traité de Soleure, acte datant du 28 août 1605. Une lettre du 6 août 1641, par laquelle la Seigneurie sollicite l'admission de Genève dans le soin de l'Alliance Helvétique, a pour cachet un grand sceau brisé, qui est probablement le même.

(9) Arch., Pièces hisL, n° 1217.

(10) Arch., Pièces hisL, n*» 1193.

(11> Arch., Pihes hisL, n*» 1528.

(12) Ce sceau, employé en applique, a treize lignes environ de dia*

CLEF ET l'aIGLB. 5t

En 1536 (1) , on détermina les limites respectives du territoire de Berne et Genève , en plaçant sur les frontières des boroes qui portaient sur leurs faces les écussons des deux

Élats (2).

Les amnoiries exécutées au seizième siècle sont généralement d'an beau dessin, bien disposées, et groupées pour la plupart, dans un ancien écu placé tantôt en cœur de l'aigle impériale, comme nous l'avons vu sur les ducats, tantôt dans le disque du soleil (3) y ou bien sur un trèfle ou triolet (4). Ces dispositions se rencontrent particulièrement sur les monnaies de cette épo- ({Qe, ob presque toujours Técu parti a Taigle impériale pour cimier.

En 1544 (5) , on prit la résolution de faire un sceau particulier aux armes de la Yille, destiné à sceller les actes du lieulenanl, et portant celte légende , sigillvm juris civitatis ge- SBViE; cette décision fut incomplètement exécutée; le sceau, gravé en 1544, présente bien la Clef et l'Aigle, mais au lieu des mois ci-dessus, on lit la devise, post tbnebras lvx, employée

mèlre. On en trouve un de onze lignes , avec une légende analogue» suv . DE . LA . ivsTiCE « , dès le commeucemenl du dix-septième siècle jusqu'au milieu du dix-huilième.

(1) Les 26 et >i9 août. Fiournois, Extrait des Reg, Archives.

P) De nouvelles bornes furent placées en 1750 entre Genève et la franco. Il résulte des Registres de la Chambre des Comptes que la sculpture de chaque écusson fut exécutée pour le prix d'un écu (10 florins 6 sols). (Reg., du 13 janvier au 30 décembre.) Les bornes actuelles

âatentde 1816.

(3) En 1590, le Conseil des Deux-Cenls ordonna la frappe de monnaies de cuivre qui portent la Clef et TAigle dans un soleil flamboyant.

Postérieurement on retrouve la Clef et l'Aigle dans le Soleil, sur les ânpeauxde Yillmergen et sur plusieurs autres bannières. Les plaques ^es schakos ont porté, depuis la Restauration jusqu'en 1847, l'empreinie de la Clef et l'Aigle, placée au milieu d'un soleil à vingt-huit

rayons.

(4) Parpaillots ou neuf-deniers du seizième siècle.

(5) Req. du Conseil^ au 7 avril.

52 ARIIORIAL GENEVOIS.

ainsi pour la première fois sur un sceau. Les armes de ce sceau, qui fut employé , tantôt en placard , tantôt comme cachet ^ de 1544 (1) à 1589 (2), sont bien exécutées et rappellent tout à fait celles que Ton voit sur une clef de voûte portant la même date et conservée parmi les pierres antiques du Musée. Cette pierre nous parait avoir appartenu b la porte de la Monnaie; la porte de ville qui était près de Téglise de Saint-Gervais portait le même écusson avec la date de 1558 (3).

Un dessin à la plume de 1550 (4), représente la marque des draps vendus à la Halle de Genève : sa face principale figure la Clef et TAigle dans un écu circulaire entouré des mots, la. CITE . DE . GENEVE , Cl sur le rcvcrs on lit, ale . visite ; trèsantérieurement , en 1485, les draps qui se vendaient aux Halles devaient être munis d'une bulle en plomb portant les armes de la ville et celles de Tévéque (5). A Tépoque de la Révolution, le sceau des Halles fut souvent employé, et pour des usages bien différents de sa destination primitive. On le trouve sur un ordre du Comité Révolutionnaire daté du 22 juillet. Van 2 de l'Egalité^ et en 1798 on s'en servait encore pour sceller dans le temple de Saint-Pierre l'urne des opérations électorales. Ce sceau, figuré sous le n^ 2 de la planche XII , porte en légende ces

mots , f s . ALLARVAI . SIVITATIS . GEBNAH .

En 1558 (6) on commença la construction des bâtiments du Collège ; à celte occasion on mit, au bas de la Vallée, une pierre portant les armoiries de Genève, accompagnées, pour la première fois, du cimier et de la devise, cette dernière est écrite

(1) Aich., Pièces hist,, n° 1355.

(2) Arch-, Pièces hisL, n**2136.

(3) Flou mois, Extr, des Reg, des Conseils, msc. des Arch., p. 58. (A) Arch., Pièces hist., n® 1458.

(5) Fragments hist, de M. le baron de Grenus, p. 61.

(6) Voy. J*arrêt du Conseil, en date du 28 mai, portant que Ton doit bâlir un collège au jardin Bolomier el racoulrer les tours Boloniier et Florct pour y loger les régents.

CLEF BT l'aigle. "^53

sur un cordon plié en quatre-feuilles autour de Técu, qu'enveloppe un manteau rectangulaire (1).

Un règlement publié eu 1 560 ordonne (2) qu'à Tavenir les publications affichées porteront dans le haut les panonceaux de la Seigneurie. Nous avons vu que bien antérieurement on plaçait la Qef et l'Aigle en tête des imprimés officiels , mais en suite du nouvel arrêté Ton fit graver des poinçons aux armes de Genève, Wnés k être imprimés avec les textes ; le type choisi fut celui derécosson enveloppé d'une couronne, et reproduit sous le n® 1 de la planche XIX. Le plus ancien exemple de cet écusson se trouve au titre de l'opuscule intitulé : Les Ordonnances eccléstastipes de V Eglise de Genève, item, l'ordre des Escoles de la dicte cite, et imprimé en 1561. Cet écusson fut longtemps en usage; l'on en fit des imitations jusqu'à la fin du dix-huitième siècle (3). En 1561, la Clef et l'Aigle fut sculptée sur l'entrée du logis du Principal ; Técu y est timbré d'une couronne royale antique, deux figures, représentant la Science et l'Histoire, et accompagnées de trophées remarquables, lui tiennent lieu de tenants ou supports. Le l®' niai de l'année suivante, le Petit Conseil créa des prix pour le collège (4) ; l'on possède presque toutes les médailles qui, en divers temps, ont été frappées pour cet usage; le revers représente en général la figure de la Religion tenant une corne d'abondance, et recevant du ciel une couronne destinée aux enfants placés à ses pieds. Ce sujet, qui porte en exergue, sen . gen . pr^ew . d . (5) , est entouré de la légende,

(1) Cette pierre est placée aujourd'hui au-dessous dd l'horloge du

Collège.

(2) Art. X , titre XXV.

(3) Le poinçon primitif était encore en usage en 1714. Voy. le titre des JEdits imprimés è cette date.

(4) Le 4 mai 1 6^5, le Petit Conseil arrêta que c tous les prix qui se aillent aux promotions soyent de la même marque et que le moindre. vaille un teston.»

(5) Récompense décernée par le Sénat de Genève.

piETAs AD OMNiA uTJLfs. D'autrcs fois la Sagesse couvre de son égide un jeune enfant qui étudie, sujet qu'accompagne cette légende, FOVEO QUI MK FOVBT (1). Au Fcvers sc trouve la Clef et TAigle, souvent placée dans un écu surmonté par un vol ou par une tête d'ange ailée ; nous citerons entre les premiers un petit coin qui a souvent servi pour les médailles du collège et qui, en 1744, fut employé pour les médailles d'or ei d'argent dont le Conseil gratifia les officiers de la garnison bernoise et zurichoise qui , à Toccasion de Penvahissement de la Savoie par l'armée espagnole , et dans la crainte d'un coup de maie sur la ville , était venue renforcer les troupes genevoises ; la seconde face de cette médaille porte dans un cartouche les mots,

FOEDERATIS BENE MERENTIBUS HONORIS CAUSA. Ce UC fut qu'ctt

1581 que le Petit Conseil accorda au recteur du collège le droit d'avoir un sceau pour l'Académie de Genève. Suivant l'a^ rété daté du 16 janvier, ce sceau devait avoir pour devise, si-

6ILLUM SCOLiE GENEYEiNSlS.

Un volume manuscrit , contenant les Edîts faits et reueus m Conseil Général de Genève (2), et probablement écrit en 1584, est orné d'un écusson complet et enluminé , reproduit en tête de notre treizième planche. Nous avons vu que la même année, 1584, le traité de comboui^eoisie fut solennellement renouvelé; les deux monuments de la salle des Pas-perdus et de PArseDal, dont nous avons parlé , présentent les armoiries , probablement peintes par Jean Cartier (3). Ces écussons ont beaucoup de rapport avec celui des Edits ; ces trois exemples sont peut-^être les seuls qui représentent nos armoiries peintes au seizième siècle. L'écu des Ëdils est particulièrement remarquable en ce qoe l'Aigle nimbée ou diadémée de sable est membrée » becquée et colletée d*or.

(1) Je ia?orise celui qui s'attacbe à moi.

(î) ArcbÎTes do Genève.

(3) Mtmoirts de la Soc. d'HisL et d'Jrch., t. V, p. 16.

PL. xiir.

CLEF BT l' AIGLE. 55

S. Dim-septleme «lecle*

Quelques écussons du dix-septième siècle prosentent certaines lodificalioDS capricieuses dont nous citerons pour exemple la ravurede TEscalade, intitulée la Vraye délivrance^ et en tôte de quelle on voit deux écus de Genrve accolés à celui de TEniire, et formant ave 3 lui un triangle surmonté de la couronne npériale et du soleil ; des rameaux d'olivier et deux espèces e léopards lionnes , dont l'un tient un glaive, servent de suportskces écus réunis [pi. XIX, fig. 2]. On voit la Clef et TAigle sur le monument funéraire , érigé nl603, dans le cimetière de Saint-Gervais , aux héros de escalade; elle y fut sculptée par Jean Bogueret, dont la famille 1 fourni a Genève des architectes distingués. L'écDsson ovale, dans une large à rouleaux, qui se voit aulessus des remises de l'Hôpital au Bourg-de-Four , fut exécuté înl6i3. Nous citerons encore trois ou quatre écussons en lierre, déplacés lors de Toccupation française, et qui paraissent (pparlenir au dix-septième siècle (1); !'un d'eux est d'une richesse et d'une exécution remarquables; dans plusieurs de ces tesons, de même que dans celui de 1613, la sculpture était relevée par de Tor et des couleurs (2).

Un écusson exécuté vers le milieu du siècle sur un marbre noir, incrusté dans le mur méridional de la tour de l'Hôtel-de- ^ille donnant sur la promenade de la Treille, paraît être le pltis ancien dont les couleurs soient indiquées par des traits conventionnels. Cette armoirie se trouvait dans le mur oriental de l'Ancien Arsenal , elle fut placée où elle se trouve aujourd'hui au mois de juin 1789 ; suivant les registres de la Chambre des Comptes (3)» elle porterait sur la tranche la date de 1540, Jnaisil est fort probable qu'il faut lire 1640, car l'usage de re-

0) Ces écussons sont conservés aujourd'hui aux Archives.

(^) Il en est de môme d'écussons antérieurs, tels que ceUiide 1544.

(3) %., du 26 juin 1789.

56 ARIIORIAL GBICEVOIS.

présenter par certaines ciselures les couleurs du blason nest pas antérieur au milieu du dix-septième siècle , puisque ce sont j les ouvrages du père Pelra-sancla , publiés k Rome en 1^38, ^ qui , les premiers , signalent l'introduction de cette innovatioo. ^ ingénieuse.

En 1640, la Seigneurie fit peindre, par le sieur Perret, la « Clef et TAigle sur un vilrail destiné aux fenéires de l'auberge , de la Couronne à Berne (1); antérieurement elle l'avait faitpla- , cer au logis de la Clef dans la même ville et dans une abbaye ^ reconstruite a Saint-Gall (2), ^

En 1 643 , Jean Vallin fit et présenta au Conseil un ouvrage .^ latin sur la liberté spirituelle et temporelle de Genève, et sur . renseigne de la Clef et TAigle. Cet ouvrage fut agréé par le « Conseil, qui accorda une gratification généreuse à son auteur, .

L'ancienne cloche de Saint-Pierre , dite Rebat ou Repk des . heures , coulée en 1678 et refondue en 1845 , portait des écos- , sons dessinés avec élégance et accolés par des rameaux de ^ laurier. :

On conserve k l'hôtel du Tir de l'Arc un exemplaire des ., Ordonnances rendues au sujet de cet Exercice en 1598 et rento . en 1680; il est écrit sur parchemin, décoré d'ornements en or et en couleur et des armoiries de plusieurs des rois ; dans le haut de ce tableau, fait a l'occasion de la royauté de sir Edouard Hyde, comte de Cornbury, on voit la Clef et l'Aigle placée sur un fond violet , dernière tradition du manteau de pourpre.

Le perron de la chapelle des Macchabées offre dans sa baluslrade en fer, exécutée en 1682 (3) , la Clef et l'Aigle dans un écu carré ou en bannière.

Le frontispice de VHisloîre de Genève de Gregorio Leti, publiée en 1686, représente le duc de Savoie donnant la main ^

(1) Ce travail coûta 2 pistoles; en 1630 le même ouvrage avait payé 81 florins.

(2) V«y. le Registre de 1613. Ce fut en 1620 que Técusson fut posé au logis de la Clef.

r3) Minutoli^ Noies manuscrites.

CLIF II l'aIGLB. 57

îque Pierre de la Beaume. Les mois , Posl tenebras ^fero % soDt appliqués au dbc, et ceux, Po$l terubroi lux, Ji Téle, au-dessous duquel sont les armoiries de Genève, faisant lant ï celles de Savoie.

Q 1689 , on imprima le décalogue sur de grands tableaux :Dés k être placés dans les temples. Un seul de ces monuis, échappé a la destruction, se voit dans T^lise de Satî- Le tableau , encadré d'une bordure et d'ornements de plu* "S couleurs , porte dans le haut les armoiries de Genève les en rouge et entourées de palmes, iais de tous les exemples d'armoiries de ce siècle, aucun n'a îrét de celui qui est sculpté sur la façade des anciennes halla Molard (1) ; les armes et la devise ont malheureusement aru , mais les supports , qui sont deux génies portant des les de blé, existent, ainsi que le cimier. Cet exemple, ené d'un encadrement rectangulaire dont la bordure est ement sculptée , réunirait toutes les exigences héraldiques si a n'affectait pas la forme circulaire. Dans un cartouche placé dessus de ces armoiries on lit la date de 1690 (2). La Clef et igle, exécutée en tôle repoussée dans Faltique de Tune des ades du même monument , offre , par suite d'une coloriation iente , un exemple de la clef de sable ; Taigle est également tièrement noire.

Les armoiries intérieures de la porte de Rive dataient de S95 , époque où elles furent sculptées par Jean Schmitz de ^sbarg. On ne voit plus aujourd'hui que les trophées miUtaires À les entouraient.

(1) Ces halles furent baltes au dix-septième siècle, sur h place lême qu'occupaient les anciennes. (Picot, t. I, p. 68.)

(^) Dans une maison du quartier do Rive» n^^l, onToitune très- ■eue armoirie qui, à plusieurs égards, rappelle celle des Halles. Les '^mes soigneusement coloriées sont entourées d'un cordon en quatre* Willes, cantonné d'auglets noirs portant la devise genevoise, arec la ^te 1Q93; le tout est placé sur un manteau rectangulaire gris hku, entouré d'une bordure noire.

58 ARMORIAL GEIfSYOIS.

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