LES HEURES SONT DES TRÉSORS
Ces trois pièces sont en argent et les seules qui aient été ^, frappées (4). Les coins des décimes furent gravés par Wiélandy ^ . et ceux des deux autres pièces par Théodore Bonneton. Les ,^ centimes devaient porter une tète d'aigle au-dessus d'un soleil levant avec la légende genevoise, et au revers un faisceau d'armes entouré des mots , égalité • fraternité. Les quarts de centimes, ou Minimes (5), auraient offert le mot égalité , avec le bonnet de la liberté sur une pique (6).
vier 1795, la Commission des monnaies" proposa do changer l'einpreinle de la tête contre celle d'une aigle déployée, et de quitter la dénomination de Genevoise pour celle d*Ëcu genevois; mais ce projet n'eut pas de suite.
(1) On lit dans un Examen des divers projets de monnaies, du iS octobre 1794 : c L'Aigle de nos nouvelles monnoyes est un emblèmo Républicain représentant la force et la vigilance. »
(2) On frappa 21,600 décimes en 1794; le 24 janvier 1795 on en refondit 300 marcs qui n'avaient pas été mis en circulation ; l'arrélé du 8 février de la même année assimila les pièces en circulation aox quinze-sols, quoique leur valeur intrinsèque fût plus faible que celle de ces dernières pièces.
(3) On a des rai-décimes qui portent les mêmes empreintes que lo» décimes.
(4) On dit que des centimes et des minimes ont été frappés, mai^ nous n'avons jamais rencontré aucune de ces pièces.
(5) A l'origine les minimes devaient être en cuivre. En 1795, te Comité Législatif proposa leur fabrication en billon, ce qui fut refuse le 8 janvier par 915 votants contre 410.
(6) Cette loi sur les monnaies ne passa au Conseil souverain qu'^
ai
CLEF ET L*ÀIGLE. 6«1
L'Aigle libre des décimes, dont le coin servit en 1795 |K)ur 1 bppe des quinsesols^ peinte au naturel en cliamp de gueules Isemnt de revers k la Clef et l'Aigle, se retrouve sur les draieaaxde la même époque; et. la figure de la République, em- ^te sur les genevoises, où d'abord elle devait être figurée en pidl(i)f fut peinte par Saint-Ours et placée dans le lieu le plus éfflioent du temple de Saint-Pierre , au-dessus du faisceau de drapeaux des Puissances alliées de Genève (2).
L'Aigle au vol libre et tenant la Clef dans ses serres , ne fut pas seulement figurée sur les monnaies et sur les drapeaux ; on la retrouve sur Ten-tête des extraits du Registre unique de tous les éfiens et sur quelques publications affichées de Tépoque de la BévolutioD (3). Dans ces dernières années on s'est souvent m d'un tvpe analogue sur certains ouvrages imprimés» et au*
une 1res -faible majorité; l'adoption du système décimal réunit 587 rdh «Dire A54, et celle des empreintes 590 contre 447. {Note de M. Ed,
(\) Le coin des premières genevoises , adopté par la Cofinnission fitiMonnaies et décrit dans son rapport du 19 juillet 1794, porte < sur la lace une figure qui représente la République s*appuyant sur uno colonne qui porte un méridien et tenant un faisceau, symbole de l'union ; derrière elle est un soleil levant. Dans la légende on lit , républiqlk CEmoiSB; dans l'exergue, égalité, liberté, indépendanxe ; sur lo reTer8,xii florins; au-dessous, prix du travail, et dans la légende,
Ï0S5OIE RÉVOLUTIOimAIRE, 19 JUILLET 1794, l'aN 3* DE VÉGALITB. »
lies mots monnoye révolutionnaire furent jugés déplacés sur cette pièce, cl Ton renonça à ce coin pour prendre celui des genevoises que nous avons décrit ci-dessus.
(2) Voy. Abrégé de l'histoire de Genève, Neuchâtel, 1798, p. 76. U console sur laquelle ces drapeaux étaient placés existe encore à la Wteur du triforium.
(3J Sur ces affiches l'Aigle pose un pied en terre près d'un faisceau ^'armes, de l'autre elle tient la Clef levée ; à sa droite on voit lo bonïielde la liberté au bout d'une lance. Sur le sceau du commandant do l'arailerie, fait depuis la Restauration, l'Aigle libre, figuré sur une P'èce de canon , tient la clef dans son bec.
66 ARHORIAL GENEVOIS.
jourd'hui encore la salle du Conseil d'Etat est décorée de cet emblème, reproduit parla figure 1 de la planche XYII (1). Nous redirons quelques mots de l'Aigle libre en parlant des Exercices militaires genevois.
En 1795 et 96, et ensuite de l'arrêté du 8 février, on fi-appa des GroS'écus et des Petits-écm , qui portent la Clef et TÂigle dans une couronne de chêne. Les premiers , du même poids et titre que les genevoises ^ furent taxés comme elles, à 12 florins et 9 sols.
L'aigle au vol plié (2) , du billon de 1795 et 96 (3) , semble rappeler un temps de calamités. En 1797 et 98 (4) , l'aile se déploie, mais c'est pour ainsi dire un chant de mort, car les monnaies de 1798 sont les dernières pièces frappées par l'ancienne République qui, le 15 avril, courba la tête sous le joug étranger.
Le 13 juin apparaît pour la dernière fois la Clef et l'Aigle (5) sur la Publication des anciens magistrats entrant dans le rang des sujets de la France.
Peu après, les coins des monnaies et les matrices des sceaux furent brisés (6) ; on arracha les girouettes des monuments pu-
(1) On a quelquefois rappelé les armoiries de Genève au moyen de la télé d*Aigle seule. Lorsqu'on 1678 on refondit le Rebat, le professeur Minutoli (^Chroniques , nisc, p. 5), consulté pour la décoration de la cloche, voulait que les anses et les volants portassent des becs d^aigle. Naguère cette tête ornait la poignée du sabre de nos milices; aujourd'hui encore elle se trouve sur ceux de la gendarmerie ; la culasso de plusieurs de nos grosses pièces d'artillerie est également ornée de têtes semblables.
(2) Le gros et le petit écu de 1795 présentent Taigle au vol bas.
(3) Ce billon fut frappé en suite de l'arrêté du 8 février 1795, qui autorisa le Conseil administratif à frapper < des pièces de billon au titre, au poids et à l'empreinte en usage avant la loi du 17 octobre 1794.»
(4) On trouve l'aigle essorante sur le gros écu de 1796.
(5) Cet écusson est mieux exécuté que les précédents; nous ne l'avous rencontré que sur cette pièce.
(6) Le 8 septembre 1798, les armoiries Jurent supprimées dans les
CXEF ET l'aIGLB. 67
l)lics, les écussons eo pierre furent marlelés, et tous les insiODes de la nationalité genevoise voues h la proscription. Les aigles vivants allaient être envoyés captifs h Paris ; déjà les cages élaienl prêtes pour le transport, lorsque la liberté leur fut adroi-
temeDt rendue*
Dès lors DOS armoiries furent remplacées tantôt par la figure dérisoire de la Liberté, tantôt par un faisceau d'armes (1). Ce n'est point ici le lieu de parler de ces insignes , qui appartiennent à l'histoire de la France, et nous devons passer rapidement sor seize années de servitude (2) , après lesquelles arriva enfin le jour désiré où Genève recouvra son ancienne indépendance; nous dirons cependant quelques mots sur les armes que Genève reçut en sa qualité de bonne ville de l'empire (3). Les lettres-patentes, données k Saint-Cloud le 13 et scellées le 20 juin 1811, porieoi que la ville de Genève aura pour armoiries un écusson
temples; les coins furent brisés le 18 avril 1799. (^Registre de la So- ^i\i Economique,}
(1) Les écussons des publications affichées de Tan VIII (2 ventôsel « l'an X (^ frimaire), 1800 à 1801, rappellent celui qui fut sculpté swla façade méridionale de la porte Neuve, où le faisceau d'armes feaplaça la Clef et l'Aigle. On écrivit alors sur le cordon, h la place <fe l'ancienne légende, les mots, l'union fait notre force, inscrip- '•nnque le patriotisme d*un citoyen travestit par, la force fait notre ^m. Cet écusson se voit sur les publications nounicipales, sur l'une ^Q6lles il est accosté de génies et surmonté d'un soleil.
(2) Du 1 5 avril 1798 au 31 décembre 1813. Durant ce temps TancienneClef et l'Aigle ne parut que sur le litre de quelques ouvrages. En 1803 on voit sur le Tabkau des dissensions de Genlvc, par J.-L. Mallet ; l'écusson pointu et entouré d'une guirlande de roses, qui avait paru en 1794 comme en-téte des publications affichées; la même année on Toit Técu de Genève entouré de larmes et accompagné de l'épigraphe, ^TEiA ETiAMSi FATO FUNCTJB FiDELis (Fidèlcs h la patrie malgré son trépas], sur le frontispice d'un Discours composé par M. De Yégobre et desliné \ servir d* Introduction à un ouvrage posthume de François- André Naville^ l'une des victimes de Torage révolutionntiire.
(3) Les villes principales de l'empire français, d'abord au nombre de?ingt-quatre^ puis de trente-six, avaient le privilège de recevoir le serment des empereurs, d'assister a leur couronnement, etc. (Décret
ARMORIAL eiNEVOlS.
parti au premier d^or au demi alerùm de sàble^ mouvant du flanc senestre; au deuxième d^azur à la cleferk pal^ le panneton a se* nestre émargent au chef des bonnes villes de V Empire, qui est de gueules à trois abeilles en fasces d*or; d*après le même documeut i
impérial da 3 messidor an XII). Ce ne fut qu'assez tard que la dénomination de bonnes villes leur fut allribuée.
Voici la teneur du décret qui leur conféra le droit d'a?oir des ar- ^ m ci ries :
« Au camp impérial de Schœnbrunn, le 17 mai 1809. « NAPOLÉON, Empereur des Français, Roi d'Italie» et Pao-
TECTEUR DE LA CONFEDERATION DU RuiN ;
€ "Vu Tavis do notre Conseil du Sceau desTilres, du 11 mars 18tf9, qui nous a été présenté par notre Cousin le Prince archi-cbaocelier de l'Empire;
< Notre Conseil d'État entendu ,
« Avons décrété et décrétons ce qui suit :