‹ Armorial genevoisChapitre 23 sur 216 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

€ Aucune yille, commune, corporation ou association civile, ecclésiastique ou littéraire, ne jouira du droit d'Armoiries, qu'après en avoir reçu de nous la concession expresse par Lettres-patentes délivrées s cet effet. En conséquence, les Sceaux des villes, communes ou corporations qui n'auront pas obtenu de concessions pareilles, ne porteront pour toute empreinte, que le nom ou la désignation littérale des dites Tilles, communes ou corporations.

< Les villes, communes ou corporations qui désireront obtenir des Lettres-patentes portant concession d'Armoiries, pourront, après s'être fait préalablement autoriser en la forme ordinaire, par les autorités administratives compétentes, s'adresser b notre Cousin le Prince Archichancelier de l'Empire^ qui prendra nos ordres à ce sujet.

* Ces demandes seront formées par le ministère d'un avocat en notre Conseil d'Etat, sulon qu'il est ordonné par notre décret du 24 juin 1808, concernant les demandes en institution du Maj(»rat.

< Les frais d'expédition des Lettres-patentes, portant concession d'Armoiries h des villes, communes, ou corporations, seront réglés

GLBf BT l'aigle. 69

(livrée devait être aux couleurs jaune , 6/eu, noir et rouge ^ et éca devait avoir pour ornemeDls extérieurs une couronne muà à sept créneauJCy s(ymtnée d'une Aigle naissante pour cimier, le oiiiior y soutenu cTun caducée^ en fasce du même, posé au-dessus h (kf et auquel sont suspendus deux festons servant de lambre^ juins, ftt» à decctre de chêne. Vautre à senestre d^ olivier d'or, nom el raltachés par des bandelettes de gueules (1).

Nous donnons dans la figure seconde de la planche XYII un (le ces écussons qui se trouve en tête d une publication affichée de 1812 (2). On voit que Tindicalion ci-dessus ne fut pas

ainsi qu'il suit, savoir : pour les bonnes villes, dont les maires assistent à noire couronnement, comme il est fixé pour les Ducs (a) en notre décret du 17 mars 1808, pour les villes dont les maires sont nommés par nous, comme il est fixé pour les Comtes (b), si elles ont pins de vingt mille francs de revenu, et comme il est fixé au môme décret pour les Barons, si elles ont un revenu moindre, et pour les atilres villes ou communes, comme il est fixé pour les Chevaliers (c). Les corporations acquitteront les frais d'expédition suivant le taux pour les Barons (d), dans notre dit décret du 17 mars 1808. «Nos Ministres de llnlérieur, de la Police générale et des Cultes sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de Texécution du présent

Signé, Napoléon. >

Le n" 30 du Mémorial administratif du Déparlement du Léman (29 juillet 1809) ajoute, en donnant ce décret : « que les villes et corporatioQs doivent, pour faire la demande d'armoiries, se faire autoriser par les autorités cx>mpé tentes, qui donneront cette autorisation en suite d'une délibération du Conseil municipal, confirmée, s'il y a lieu, par le Pré< fet et soumise a l'approbation de S. £. le ministre de Tlnlérieur. Dans le cas où la commune ne possédait pas un revenu de 20,000 francs au moins, son budjet devait être joint à la délibération du Conseil municipal. »

(1) Extrait msc. du diplôme, fait par M. Rilliet^Pictet, adjoint au maire, communiqué par M. l'ancien secrétaire d'Etat Le Fort.

(^) L'écusson impérial se trouve encoro sur un Extrait des Registrei^

(a) 600 francs, (b) 400 francs, (c) 60 francs, (d) 200 francs.

rigoureusement suivie ; il n'y a que cinq crëneaux à la couronne, et rien n'indique dans les festons la différence du chêne et de l'olivier (1).

On sait que ce fut le 9 juin 1811 qu'eut lieu le baptême du roi de Rome; ce fut très-probablement à cette occasion que la dépulation de Genève obtint la concession de ces armes (2).

5« Dix«iicu¥ièiite «lèele*

Le 31 décembre 1813 une proclamation où se voit la Clef et l'Aigle fut publiée. Bientôt après des aigles vivants furent replacés dans les cages du Port (3) , et l'on frappa de la nouvelle monnaie (4). Les écussons exécutés depuis ce moment jusqu'à nos jours laissent en général beaucoup à désirer; la plupart

de la mairie de Genève, du 27 mars 1812. Un autre Extrait, affiché le 27 avril 1812> porte le nouvel écusson qui fut en usage jusqu'à la fin de 1813.

(1) Dans les timbres Técu est placé dans un double cercle portant

les mots 9 GENEVE . LEMAN.

(2) Cette députalion se composait de MM. Maurice^ baron de l'Empire, maire de Genève, Boissier, professeur, et Achard-Trembleji membres du Conseil municipal.

(3) En janvier 1714, on arrêta de conserver les aigles et de les mieux entretenir h l'avenir. Un article du Registre de la Chambre des comptes de 1742 nous apprend qu'on payait alors trente-cinq florins par année pour leur nourriture. Les anciennes cages, construites en bois et peintes en jaune et rouge, ont été remplacées par celles actuelles il y a peu d'années, malgré l'opposition de quelques personnes qui désiraient la suppression de l'antique usage de conserver les insignes vivants de nos armoiries.

Les aigles conservés dans ces cages sont au nombre de cinq ; le plus beau a été donné, en 1847, par M. Eisenkrœmer, propriétaire de THôlel royal de Cbamonix.

(4) Loi du 18 avril 1816.

CLEF ET l'aigle. 71

eax soot composés sans égard pour les principes héralliques; Vaigle à Taile basse et au bec fermé s^y remarque [réquemment ; le soleil, souvent privé du monogramme, est presque toujours écrasé ou caché à demi derrière Técu , ce qui alourdit singulièrement Tensemble.

A part ces défauts, qui tiennent plus à Tépoque qu\'\ux arlistes, on trouve quelques écussons de Genève qui sont bien exécutes el d'un bon eflfet ; tels sont, celui de la porte Neuve, fait peu après la Restauration ; celui de la porte de Rive, placé en 1836, el celui de la Poste aux lettres ; ce dernier, d'une composition originale, devait être complété par des peintures et des dorures quine sont point encore exécutées.

Le poinçon du papier timbré est intéressant, en ce qu'il représente nos armoiries ayant pour tenant la figure de Guillaume Tellfl). Dans cet exemple le soleil est mis en chef au lieu de servir de cimier ; mais c'est une conséquence assez naturelle du placement des armes complètes sur un bouclier (2).

Les imprimés officiels portèrent, dans les premières années Je la Restauration, des anciens lypes gravés dans le siècle dernier; puis on leur en substitua de nouveaux aifeclant la forme d'un bouclier [pi- XX, fig. 14], accostés d'abord de guirlandes de palmes, puis de rameaux généralement de cbéne et d'olivier. Aujourd'hui la forme rectangulaire est très-généralement usitée, ^itpour les imprimés, soit pour les timbres d'administration. Les sceaux ont suivi des variations analogues.

Les monnaies étales médailles ne présentent, sous le rapport fc armoiries, rien de particulièrement intéressant ; cçlles des pièces de Tancien système, frappées en 1817 et 1819, sont dessinées avec intelligence ; on peut en dire autant des monnaies

(1) Cette disposilioD fut introduite en 1815. (Avis du 19 aoiit; ^icneil des lois et cycles du GotwemementJ)

(2) La grande médaille de la Classe des Beaux-Arts, frappée en ^8W, offre aussi le Soleil en chef.

Tî ARHORUL GENEVOIS.

(It^riiiinleH (le 1 839, oii l'on a cherche à reproduire les beaux l)|)OH iiioiiélaires du seizième siècle.

CHAPITRC: II.

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