NOTICE SUR LA MONNAIE DE GENÈVE
Appelé souvent, dans le cours de cet ouvrage^ à citer, comoie primvos h Tappui de notre texte, les monnaies nationales, nous dirons ici quelques mots sur les divers systèmes monétaires qui ont été en vigueur chez nous.
Korsqu'en 1535 le peuple genevois reconquit son indépentlanee sur la maison de Savoie, qui depuis longtemps dominait \\ tionèvc par le moyen de l'évéché, que sa politique savait toujours fidre tomber entre les mains de ses membres ou de per- ^^ Honnnges h elle dévoués , Ton ne se servait chez nous que des ^^ monnaies de Savoie ou avant cours dans celte contrée; cet état .^ (lundi depuis deux siècles environ : jaloux de faire valoir ses |. prérogatives et de jouir des a\^ntages attachés an droit de baltre |^ monnaie, le Conseil sVcopa activement de cette importaule ^ «piostion; la Reforme avait été consommée au milieu d'août, et ^ d^s le tO octobre on trouve une ordonnance chai^eant le trésO' . rit'r do se procurer de la matière pour &ire de la monnaie aux ^ iUMnoH do la république; le 4 décembre, le Conseil ordinaire, , rluiri^f^ dVIiiv un maître de la monnaie, choisit pour remplir roilt^ f(>nojion« ct>nfôréo |x>ur dix ans^ noble Gaode Savoie, an- i non Hvndio ; il an\Ma ou morne temps que la nouvelle monnaie puriornil d'un ot\té« grnkva civitas. avec les mois, post tbne- MU AN MPKAO lAM.KM ^lU'A logondo^ ct de Taotre, deus noster
1 1 ) II»» luoi M^sn 0 i\\\ K\(otuu> pl«$ urd sur le Registre du ConseiL
iGNAT PRO NOBis. L.e lendemain ces diverses déterminations arenl approuvées dans le sein du Deux-dents. Des privilèges assez importants furent accordés au maître de a monnaie : Attendu , est-il dit dans les registres, qu'il fait luine le premier établissement , qui est accompagné de frais considérables, pour qu'il ne puisse pas douter de son salaire pour l'avenir et pour qu'il fasse de la bonne monnaie, c'est-k- Jire telle qu'elle ne puisse nulle part être condamnée, le Conseil 6 crée maître de la monnaie, lui et ses enfants mâles et légiimes, à perpétuité , lui donnant, eu tant qu'il est en son pouvoir, toute autorité de battre monnoye, se réservant toutefois l'éeclioD de ses officiers, et lui enjoignant de se contenter de ses
accoutumés, de rendre bon et fidèle compte, etc. H paraît que ces diverses clauses furent mal observées : en
le Conseil dut ordonner à Claude Savoie de ne plus battre le monnaie sans ordre exprès, et, dès le commencement de 1542, on lui avait donné pour successeur Henri Goulaz. La même année ou Tannée suivante, la Monnoyerie fut établie près da pont du Rhône. Cet atelier jouissait de franchises particulières: le 27 février 1571, le Petit Conseil reconnut que nulle exécution pour cause civile ne pouvait avoir lieu dans la Maison de la Monnaie , attendu qu'elle est privilégiée , et il envoya en prison pour vingt-quatre heures, au pain et à l'eau, un huissier qui avait violé ce privilège malgré les remontrances qui lui avaient été faites par le maître de la monnaie.
Depuis l'époque de la Réforme jusqu'à nos jours , on s'est smi a Genève de quatre systèmes monétaires différents ayant pour base le florin, la livre courante, la genevoise et le FRANC Ne devant traiter que ce qui se rapporte aux armoiries genevoises, nous ne dirons rien ici de la livre courante^ qui était «ne monnaie de compte (1).
(!) En 1831, on grava des coins pour dos livres couranles ; les exemplaires frappés ne furent jamais mis en circulation ; ils se trouvent
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