GUETS
qui leor a été régulièrement afffecté par un arrêté du 1^ mars 1816; ce mauteau, d^abord rouge, jaune et notr, est aujourd'hui mi-parti rouge et jaune avec le collet rouge [pi. XXIII, fig. 6]; un autre arrêté de 1835 enjoint aux huisssiers exploitants de porter un habillement noir complet , avec une plaque de métal aux armoiries de l'État, suspendue au col par un cordon rmige H jaune.
Dès le seizième siècle, les Huissiers et les Guets étaient munis de hallebardes (i); en 1797, les premiers la portaient encore Ws des exécutions criminelles (2). En parlant du Soleil et de la Clef et l'Aigle, nous avons dit quelques mots de Tune èces hallebardes. Sa hampe est noire, le fer, dessiné au siiième de l'exécution, est représenté par la 2^ figure de la phoche XXII. C'est sur le plat de la lame, entre le soleil et la dooiUe, que sont figurés, d'un côté le nom de Jésus et de l'autre h Clef et TÂîgle. Jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, les huissiers et les sergents ont conservé la hallebarde. La figure l'^ de la planche XXI représente, d'après le dessin de Saint-Ours doQt nous avons parlé, une enseigne que les huissiers auraient portée, & l'époque de la Révolution, devant les syndics remplis- ^t publiquement les offices de leur charge.
•• Da 8iiutier«
L'office de Sautier, ou chef des Guets de service auprès des iDagistrats, remonte à la fin du quinzième siècle; en 1483, on M Jean dePassu être nommé «Guet en la maisoli-de-ville où l'aura sa demeure pour obéir & MM. les syndics (3),» et le 9 février 1496, le Conseil ordonner qu'il soit fait un guichet à la
0) Yoy. Jeanne de Jussie^ Levain du calvinisme, p. 48.
(2) Ârl. VII de rOrdonnance du 15 mai.
(3) Voy. De la Corbière, Antiq, de Genhe»
210 ARMOKUr. GENEVOIS.
porle de la salle de ses séances et que Michel Léonard soit nomnié pour huissier ou chancelier, suivant l'ancienne acception de ces mots (1); ce n'est toutefois que depuis 1509 que chaque syndic eut un guet ou huissier (2), et depuis 1528 seulement que le mot de Sautier (Salterius) est employé dans les registres du Conseil. L'office de cet employé était d'abord à vie ; mais depuis 1556 la durée de ses fonctions fut fixée k trois ans (3). Dès l'origine le Sautier porta la livrée de la Seigneurie; c'était une robe de drap gris et noir de même forme que celle des Guets, seulement un peu pins longue; mais en 1568, il fut arrêté que cet officier ne porterait plus la robe de livrée, c afin de donner occasion à gens honorables de servir à cet office plus allègrement, et que pour être remarqué, il porterait une petite gaule noire (4). » Cette gaule noire est l'origine des masses garnies d'argent , dont le Sautier a fait usage jusqu'en 1842. Deux de ces masses , représentées par les figures 1 et 3 de la plancbe XXII, existent encore; l'une porte la date de 1687, l'autre celle de 1720; celte dernière est d'un travail fin et remarquable; à la base de la pomme on voit une suite de symboles, parmi lesquels on remarque une oreille et un œil ouvert, une main écrivant, etc.
Depuis 1659, le Sautier accompagnait le premier syndic en tenant la masse haute lorsque celui-ci se rendait au temple ou remplissait publiquement les fonctions de sa charge (5).
En 1664, il fut décidé que le Sautier serait placé sur le rôle des Conseils avant les Auditeurs ; mais au mois d avril suivant,
(1) Garde de Thuis ou du chance!^ do la porte ou de la clôture;]» salaire de cet huissier, auquel le plus absolu secret était imposé^ était d'un gros par séance, comme pour les Conseillers. (Extr. desReg»)
(2) Reg,, du 24 août.
(3) Reg., du 1" juillet.
(^4) De la Corbière, Antiq. de Genhe, — Noël, Extr, des Reg., a" 20 février 1568.
(5) Reg., au 4 novembre.
PL. XïU.
Sll'TlER. 2 1 1
on lui refusa le dire de Monsieur, et il fut inscrit au dernier rang sur le rôle des membres du Deux-Cenls (1).
On conserve eucore le lion sculpté [pi. XXU, fig. 4], qui, placé â rentrée de la salle du Conseil» servait de siège au Saulier; ce lion indiquait à la fois, d*une manière allégorique, et te lieu consacré pour les assemblées de la magistrature et la garde de ce lieu ; plusieurs anciennes églises (2) ont au portail des figures de lions placées là comme gardiens continuels des saïQts lieux; le lion, suivant la croyance du moyen âge, dor-
mail l'œil ouvert , témoin ce vers d'Alciat :
Le Lyon est dormant, VcnW oiiuerl, ample : Et pource il est mis au portail du temple (3).
D'anciens actes, passes h la porte de quelques églises et inter ^mî$, indiquent le caractère judiciaire tout particulier que la présence de ces figures donnait a ces lieux, caractère dont Torigine paraît remonter à une haute antiquité; car nous voyons, «lans le livre des Rois (4). Salomon faire construire, pour rendre lî justice, un trône d'or cl d'ivoire décoré de quatorze figures Relions, et placer ce trône sous un porche, qui prit le nom de porche du Jugement.
Nous pourrions citer plusieurs exemples k l'appui de l'idée Regarde, attachée h des figures de lions; nous nous bornerons 3 rappeler qu*au dire des rabbins, le nom mystérieux de Dieu, 3Q secret duquel était attaché la conservation de la Ville sainte, ciaii gardé dans le temple de Jérusalem par deu\ lions construits par an magique, placés à l'entrée du lieu Très-Saint , et qui, lorsqu'on sortait de ce lieu, rugissaient d'une manière si épou*
(i) Yoy. Noël, Extr. des Reg., au 21 avril.
(2) L'église de Samoëns présente un exemple de porche dont les <^lonnes reposent sur des figures de lion.
(3) Emhlhnes d'Alciat, édit. de 1564, p. 36.
(4) 1 Rois, chop. VII,- V. 7, et chop. X, v. 18 et suiv.
ARHOniAL GENEVOIS.
vanlable qu'ils remplissaient de terreur et faisaient perdre la mémoire de ce qu'ils avaient vu h ceux qui avaient eu accès dans le sanctuaire (1).
L'édit de 1543, sur lequel on trouve les détails des fonctions (lu Sauiier au seizième siècle, fonctions beaucoup plus considérables alors que de nos jours, porte un titre spécial sur les Hérauts, lesquels étaient au nombre de deux, Vtm chevaucheur, et Vaulre de pied.