Du Criear publie
L'oflice de Crieur public était anciennement ou une charge impériale, ou bien une espèce de fief inféodé par l'évéque. Par son testament, en date du 17 novembre 1444, Noble Joseph de Ponte, qui en était le titulaire, légua au Conseil général le droit de recevoir tous les émoluments appartenant a cet ofQce, ordonnant que le bâton dudit office soit remis entre les mains des syndics ; ce don eut lieu h condition que chaque année tous les membres du Conseil, lorsque ce dernier se rassemblerait pour fixer la taxe du vin, diraient dévotement, h genoux, un Pa^et un Ave pour le repos de 1 ame du testateur (2).
Il est probable que l'ancien Crieur de la ville portait un vêtement de serge grise avec des passements noirs, comme les fifres et les tambours de 1584 (3); aujourdliui le Crieur public porte un habit jaune avec un gilet et des culottes rouges, livrée aus couleurs de la Clef et l'Aigle.
(1) Voy. Moreri, à rarlicle Jésus, fils de Bandera, t. IV, p. 701.*
(2) Le 14 novembre 1473, le Conseil général, assemblé pour la vente du vin, ouvre la séance par les oraisons en faveur de Noble Joseph de Ponte. (Noël, Extr, des Beg,)
(3) Voy. De la Corbière, Antiq» de Genève.
AUSORIAL GENEVOIS. 213
A. He l'KsLëciMteiii* de la Justice.
xécuteur de la Justice , appelé au moyen âge le Carna- ), portait aussi la livrée de TEtat, de même que ses valets. 55 et 62, on trouve dans les Registres des livraisons de oir et violet pour Ubabit de TExécuteur (2) , et en 1 672 délivre, avec le drap pour le manteau, 2 aunes trois quarts ge violette pour casaque et bas, et 1 aune et demie de mre pour ses faauts-de-chausse (3). A la fln du dix-buisiècle, cet officier portait encore le manteau violet.
Voy. Jeanne de Jussie, Levain du calvinisme, p. 3. Reg, de la Chambre des Comptes.
Reg. de la Chambre des Comptes. Jusqu'en 1528, les cxéculions oinels se faisaient par le châtelain de Gaillard, en sa qualité d*ofes comtes de Genevois; mais le 6 juillet de celte année étant , suivant les formules voulues, pour faire justice d*un larron, roparut point ; les syndics prirent leurs testimoniales do ce fait, ors les criminels furent livrés au Procureur Fiscal devant la Mai- Ville et la Communauté paya un exécuteur. Balard dit que cet(o ion fut prise le 15 décembre 1528, et il ajoute que Ton donna rreau dix florins pour avoir coupé la tête du premier criminel ) depuis cet arrêté, et cinq florins pour l'avoir fouetté. Ces prix )Core fixés de la même manière dans l'arrêté du Petit Conseil, décembre 1614; seulement on lui donnait de plus vingt coupes
par an.
i août 1638, le Petit Conseil accepta Fischer de Strasbourg pour
eur de la justice, sous le gage de ^0 coupes de blé et 400 Qorins,
tbaler pour brûler et rouer, ^ thaler pour pendre et décoller, iT pour fouetter par la ville et demi-ibaler pour fouetter dehors le (Reg. du Conseil). En 1779, on donnait un traitement de 500
à l'exécuteur.
gibet de Cbampel s'élevait au sommet de la colline qui devait, , ce nom, rendu historique par le bûcher de Servot, h. une chadédiée h saint Paul. « En 1537, dit un de nos chroniqueurs, ce fut fait de piliers de pierre qui étaient en l'église de Saint-Jehan fit poser les deux grandes pierres des grands autels des églises
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DâDS les trois livres qui précèdent, nous avons tracé l'histoire des armoiries de Genève et comme Municipalité, et comme République; nous avons vu la croix bleue être Tinsigne de la Commune dans la première période de son existence, de la fin du treizième au milieu du quinzième siècle ; la Clef et FAigle prendre la place de cet écusson primitif; puis devenir, depuis la Réformation, l'armoirie de la République nouvellement constituée. Dans le livre suivant, nous examinerons les insignes héraldiques du gouvernement de Genève et des princes ecclésiastiques qui ont régné sur cette ville depuis la dynastie Rudolphienne jusqu'à l'époque de la révolution qui^ en 1535, changea l'état politique et religieux de notre patrie.
de la Madeleine et de Saint-Gervais^ pour sur icellcs faire couper la te aux malfaiteurs.*
Les os que le vent détachait des eorps décharnés, suspendus au gibet par des chaînes de fer, étaient jetés sur une place qui, jusqu'à nos jours , a conservé le nom de Champ du Bourreau.
D'anciennes gravures nous ont transmis le souvenir do cet échafaud, ordinairement appelé la Justice de Genlve, et non loin duquel s'élevail un couvent d'Augustins, dont l'église, placée sous le vocable de Notre- Dame de Grâce, avait jadis une grande célébrité. On admirait dans cet édifice une merveilleuse imago de la sainte Vierge, qui fut brûlée p>f les luthériens en 1535, et une belle peinture représentant deux homrnes condamnés à mort en 1 504, et sauvés du supplice par la rupture de leurs liens. C'était dans ce saint lieu que reposait la tête de Philibert Berlhelier, décapité le Si3 août 1519, pour avoir voulu soutenir les droits de Saint-Pierre et de la Patrie genevoise. Un petit ermitage dans lequel un pieux cénobite élevait ses prières à l'Éternel en oblationpoar le crime, le poteau du pont d'Arve où les têtes des criminels étaient clavelees avec un clou de fer, et le fameux noyer où furent attachées le 3 octobre 1518 les têtes de Navis et Blanchet, complétaient Taspect général de cette localité, de laquelle on racontait encore, à la fin du dernier siècle, d'étranges histoires d'apparitions surnaturelles.
PL. XXIU.
ARMORIAL GENETOIS
iwe P^ttaftrtîtne.