LA STATURE
Une des données anthropologiques les plus importantes est la taille. En l’évaluant grâce aux tableaux de L. Manouvrier (préférés à ceux de E. Rollet), d’après les dimensions des os longs, nous ne devons pas oublier que si pour certains squelettes nous avons la presque totalité des différents segments, droits et gauches, des membres, pour la plupart nous ne disposons le plus souvent que ‘le quelques %s représentant un ou deux demi-segments. Or souvent il y a une dissymétrie très sensible entre les membres droits et gauches (presque toujours, comme de nos jours, nous avons des ‘Hroitiers). Cette dissymétrie est surtout sensible en ce qui concerne les membres supérieurs.
D’autre part, pour les 23 squelettes dont nous possédons au moins 5 segments différents (droite et gauche n’étant alors pas disiingués) et utilisables (19 de Saint-Urnel, un autre du gisement voisin de Tronoan et 3 de Kerné en Quiberon), en mettant par ordre de préséance les os donnant les statures les plus fortes, nous avons: le cubitus 11 fois, le fémur 8 fois, le radius 7 fois. Donnent les statures les plus petites: l’humérus 11 fois, le tibia 8 fois. Des 23 combinaisons, il résulte que, pour les individus présents du moins, l’avant-bras est relativement plus grand que le bras, par rapport aux sujets ayant servi à la confection des tables de L. Manouvrier ; de même le fémur est relativement plus grand que le tibia. 1] en résulte que l’indice tibio-fémoral est plutôt faible, et l'indice radio-huméral fort.
Il n’en demeure pas moins que les valeurs obtenues pour la stature sont une bonne approximation, et que les indications que l’on peut obtenir sur l’évolution de la stature des adultes sont particulièrement intéressantes.
Total I II III
Hommes : Nombre ...:..... 66 16 16 34 Moyenne” "0.2" 164,4 168,47 164,1 "162,6
PÉTITRRO PRE CAEN 19 25 25
Moyens % .,.... 62 6 63 62
Crands 2/00 re. LS 37 12 11
Total TD 4 4 III
Femmes: Nombre msn 20 a 4 9 Moyenne... 155,7 156,4 158,2 151,0
Petites... É0 si RÉ LA
Moyennes % .... 55 42 50 :‘ 66
Grandes noi enr 39 42 50 22
La série masculine est seule assez abondante et homogène pour donner des indications sûres. La stature moyenne de cette série masculine prise dans son ensemble est sous-moyenne (la classe moyenne, de 160,0 à 169,9, se subdivise en sous-moyenne jusqu’à 164,9 et surmoyenne au-dessus de 165,0), la médiane coïncide avec la moyenne, les extrêmes étant 151 et 178. Le maximum est à côté de la médiane, à 163.
L'évolution est particulièrement intéressante : I. - au Mégalithique, la taille est surmoyenne, les extrêmes étant 162 et 178;
II. - puis la stature devient juste sous-moyenne, les extrêmes étant 153 et 174;
III. - enfin la, stature devient faiblement sous-moyenne, avec 151 et 173.
Il y a donc non seulement décalage des valeurs centrales, mais aussi des extrêmes. Le processus est nettement confirmé par la sériation. Notons qu’il n’y à jamais ni très grandes, ni très petites tailles. La taille moyenne mégalithique est forte pour cette. époque. et rappelle plutôt la stature des races anciennes du type de Cro- Magnon, que celle des races néolithiques classiques.
En ce qui concerne les femmes, leur taille moyenne est toujours surmoyenne, ce qui doit être dû à ce qu’il y a erreur sur la détermination du sexe dans quelques cas. Les valeurs extrêmes sont 147 et 166 (la classe moyenne est pour les femmes de 149,0 à 157,9). Si l’on met à part la période IT représentée par trop peu d’individus, dans l’ensemble on voit se confirmer la diminution de la taille au cours des âges.