‹ Armoricains et Bretons, étude anthropologiqueChapitre 21 sur 67 · LAS RE · texte numérisé non relu

LAS RE

fond les affinités de ce type après l’étude de la somatologie. Le parfait « Mégalithique » serait de grande taille, dolichocéphale avec un crâne de très grande longueur, à voûte moyennement élevée ; face leptoprosope, leptorhinie. Légère gérontomorphie.

L'Homme du gisement énéolithique d’Er Yoh, en Houat (Morbihan) (fig. 11), présente beaucoup de caractères du type, avec son hyperdolichocéphalie, sa face leptène, son orbite hypsiconche, son nez leptorhinien. Nous ne connaissons pas sa taille. Il n’est pas exclu que certains des crânes très dolichocéphales mégalithiques du Musée Broca ne puissent appartenir à ce type.

FiG. 11. — Er-Yoh en Houat. Enéolithique.

Type Atlanto-Méditerranéen.

Dessins d’après photographies au téléobjectif, 1/4. Norma facialis, occipitalis, verticalis, lateralis.

he

Ce qui reste du crâne de l'Homme de Kergoniou, en Guissény, de l’âge du Bronze, irait également dans la même série, mais Sa taille est presque trop grande pour répondre à la définition du type atlanto-méditerranéen selon J. Deniker, tout en cadrant bien avec celles de C.-S. Coon et de E.-A. Hooton.

A l’âge du Fer, on trouve une face allongée chez le sujet de Tronoan, en Saint-Jean-Trolimon, qui est dolichocéphale, leptopro- Sope et leptène, mésorhinien, mésoconche. Sa taille est par contre sous-moyenne seulement.

La présence de ces Atlanto-Méditerranéens à peu près certains est une confirmation des parentés culturelles des bâtisseurs de dol: mens avec les régions méridionales, et en particulier avec l’Ibérie, qui à servi de comptoir distributeur des éléments de civilisation venus de l’Orient méditerranéen. De plus la péninsule ibérique est encore largement peuplée, en certaines provinces, de types atlantoméditerranéens.

3. — Nous désignerons sous le nom de Méditerranoïides, les individus qui ne sont pas d’un type déterminé, mais des métis variables de Méditerranéens ou plutôt d’Atlanto-Méditerranéens, avec les Archéomorphes, principalement les Cro-Magnoïdes. Eventuellement d’autres entités ont pu participer, en particulier les Alpins, dans une faible mesure. Cette catégorie englobe la grosse majorité . des individus, à tel point que l’on peut estimer que les moyennes de caractères et d’indices de toute la série étudiée, représentent à peu près leurs caractères moyens, et que l’évolution de ces données au cours des temps représente l’évolution du type. Il en résulte qu’il est inutile de répéter la description et la gamme de ses variations.

Nous donnons comme illustration trois Gaulois de la nécropole de Saïint-Urnel, en Plomeur: le n° 48-10, décrit antérieurement (87, , 88 bis), présente ce qui est probablement là plus grande trépanation sur le vivant signalée jusqu'ici. Assez fortement voisin du type méditerranéen à certains égards, il est de stature moyenne, dolichocéphale, face leptène et leptoprosope, leptorhinie, mésoconchie; le sujet n° 46-30 (fig. 12), de taille sous-moyenne, est dolichocéphale, mésoprosope et mésène, mésorhinien, hypsiconche; le n° 48-21 (fig. 13) est faiblement mésocéphale, mésène, leptorhinien et mésoconche. Ce sont de bons exemples de la série.

Dans le Morbihan, H.-V. Vallois avait rattaché de loin aux Méditerranéens (type dolicho-mésocéphale néolithique « immigré » des anciens auteurs, ou type dolicho-mésocéphale de Genay), la plupart des Gaulois qu’il avait étudiés. Il nous semble qu’étant donné les petites différences qu'il avait notées, il vaut mieux les erouper dans notre catégorie des Méditerranoïdes. D'ailleurs le type dit de Genay est une sorte de Proto-Méditerranéen, une forme précoce.

rene

Pour mémoire, nous rappellerons que nous n’avons noté «Le caractéristiques nordiques sur aucun squelette. On sait qu’il est extrêmement difficile de distinguer, sur des ossements, Nordiques. et Méditerranéens, surtout s’il y a tendance de ceux-ci à avoir une

F1G. 12. — Saint-Urnel en Plomeur. Hallstattien, N° 46-30. Type Méditerranoiïide.

Dessins d’après photographies au téléobjectif, 1/4. Norma facialis, occipitalis, verticalis, lateralis.

stature plus grande que le type ibéro-insulaire. Or du fait de la présence abondante dans notre série des Archéomorphes et des Atlanto-Méditerranéens de grande taille, on ne peut utiliser la stature comme caractère différentiel pour établir la présence de Nor--

RMS RES

diques. Il est donc possible, en particulier à la fin de l’époque gauloise, qu’il en soit venu quelques-uns de l’intérieur du continent que nous devons renoncer à diagnostiquer.

L'origine du type nordique est particulièrement controversée.

F1G. 13. — Saint-Urnel en Plomeur. Gaulois, N° 48-21. Type Méditerranoïde.

Dessins d’après photographies au téléobjectif, 1/4. Norma facialis, occipitalis, verticalis, lateralis.

On peut y voir: soit des immigrants venus de l’Est, sans pedigree déterminé (ce qui recule le problème sans l’éclairer), soit des descendants décolorés d’une race européenne préexistante, avec plusieurs conceptions, Tantôt on y découvre un savant « dosage » des

races antérieures, ou bien une ascendance exclusivement Cromagnoïde, voire encore purement méditerranéenne. D'autres encore croient que les Nordiques ont existé de tout temps dans l’Europe septentrionale.

Page 1