YEUX CHEVEUX
Clairs Foncés Clairs Foncés Bretagne mt. am 40 26,7 13,3 45,9 FIMSTÈrE EEE ANS 3164 27,3 12,5 46,0 BTES ES AR PRE et 33,8 24,0 11,2 43,4 Châteaulin ::..:.7.4 38,9 26,2 14,5 49,8 MOPIAIS RE RER 36,5 27,3 9,9 90,5
Quimper .......... 40,7% %,2787 13,9 41,9
YEUX : CHEVEUX Clairs Foncés Clairs Foncés
Côtes-du-Nord ...... ‘ A0 42,8 25,9 LES DATA, HT 46,7 25,7 15,8 40,7 Guingamp ..... KES 35,3 25,3 10,9 45,7 Lannion. 44,0 26,0 6,9 49,0
5 DOUORCR. 17 SC AA 41,0 27,0 8,0 45,0 Saint-Brieuc ...... 45,0 23,0 14,0 39,0 Morihan 2. :....... 41,9 27,0 10,8 45,3 HOCIÉR RER 40,6 24,7 10,8 43,8 Bioérimel-%". 1.24 ‘34,9 39,3 10,2 47,1 PANELVN da tre 4T,8 25,6 14,2 40,6
RÉ UT RPM NRERE 41 ,4 24,9 7,8 47,5
Association des couleurs
Les colorations des yeux et des cheveux ne s’associent pas au hasard, mais ne se correspondent pas tout à fait non plus. Les pour-centages de combinaisons des arrondissements et des départements ne s'écartent pas notablement des pourcentages de la série entière :
CHEVEUX Clairs Moyens Foncés NeUXACIAIES MCE 902215 9,8 MOVE A dE Er 1,6 15,6 16,5 LONCÉS MN ONE 0,6 6,7 19,5
Pratiquement, il y à exclusion de l’association des cheveux clairs avec des yeux foncés ou même moyens. Presque tous les cheveux clairs sont associés à des yeux clairs (et quand ils sont liés à des yeux moyens, ce sont plutôt des yeux moyens clairs), de sorte qu’on peut dire que 10 % environ de la population totale à un chromatisme clair. Inversement, les cheveux et les yeux foncés s’accordent préférentiellement, dans près de 20 % des cas. Un troisième groupe indépendant, le principal, est formé par les cheveux moyens associés aux yeux clairs (ou légèrement moyens qu’il faudrait récupérer, donnant ainsi environ 25 % de l’ensemble). L'indépendance de ce groupe est démontrée par la vallée de discontinuité diagonale qui le sépare des complexions foncées.
Or ce groupement complexe des cheveux châtains et des yeux bleus (verts ou gris) est une des caractéristiques de la Bretagne. Du fait de sa séparation des chromatismes foncés, il ne peut s’agir d’un assemblage dû à de perpétuels croisements. C’est au contraire une unité génétique autonome, pouvant se transmettre héréditairement sans se disjoindre dans les générations postérieures. IL est à noter que ce complexe semble plus particulièrement être le fait, la caractéristique, d’une grande partie des brachycéphhles bretons, sauf
TS
peut-être des plus brachycéphales d’entre eux. On à discuté autrefois à perte de vue sur ce problème, depuis P. Broca, en y voyant d’ailleurs le plus souvent le résultat du métissage. Plus vraisemblablement, &’est le résultat d’un processus de décoloration, par voie de mutation, touchant les types brachycéphales dans cette région bretonne qui est l’une des contrées les plus septentrionales qu’aient atteint les Alpins occidentaux. Il paraît inutile d’épiloguer davantage sur cette question, qui rappelle quelque peu là décoloration plus complète qui a affecté, on ne sait quand ni comment, les races nordiques. D’autre part, on remarque une décoloration de même type affectant spécifiquement certains dolichocéphales occidentaux, transformant les Atlanto-méditerranéens en une variété dite « Nordoccidentale ». Dans certaines régions du Finistère, on a l’impression d'assister à ce processus en cours de marche, et il conviendrait de l’étudier à fond avec de bonnes échelles chromatiques.
Comparaisons. — Tout en n’accordant pas grande valeur à nos propres observations chromatiques, il semble nécessaire de critiquer également au passage les valeurs données par les auteurs anciens. Pour les mêmes raisons méthodologiques que pour la nôtre, leurs enquêtes étaient fort peu précises. La seule étude systématique, celle de R. Collignon dans les Côtes-du-Nord, a donné des résultats peu nets, que cet auteur avait interprétés à grand renfort d’hypothèses historiques aventurées.
Il est surtout nécessaire de critiquer, pour la Bretagne du moins, les cartes de couleur de là France publiées à la fin du siècle dernier par P. Topinard. Il semble que les observateurs employés dans nos départements ont effectué un échantillonnage des plus extraordinaires, et différaient considérablement les uns des autres dans leurs appréciations. P. Topinard trouvait que le Finistère était le département de France qui aurait eu le plus de roux (plus de 5 %) et le Morbihan, le troisième (plus de 4 %); ce sont là des nombres tout à fait invraisemblables, d'autant plus que les roux devraient surtout être nombreux dans les départements très riches en blonds (avec lesquels on les compte te plus souvent, à titre de variété). En fait, nous avons rencontré très peu de roux. Surtout, P. Topinard trouvait que le Morbihan était le sixième département de la France quant à la proportion des cheveux blonds, tranchant par rapport aux départements voisins. Là aussi, c’est absolument invraisemblable. Il est possible que l’enquêteur de ce département ait abusivement inclus des non adultes (toujours plus clairs) dans son matériel d’étude, ou qu’il ait eu vraiment une appréciation très erronée. Ce résultat étonnant à été cependant vulgarisé et pris en considération par la plupart des auteurs qui ont fait des travaux d’ensemble sur les races de la France. Nous croyons nécessaire d’insister pour qu’on n'utilise plus ces données sans une critique très sévère