‹ Armoricains et Bretons, étude anthropologiqueChapitre 63 sur 67 · NATURE RACIALE ET QUANTITE · texte numérisé non relu

NATURE RACIALE ET QUANTITE

A voir les cartes de répartition, on peut se demander laquelle des deux zones ethniques principales qu’on y voit est formée des habitants anciens de la région, et laquelle est peuplée d’immigrants plus tardifs. Les auteurs du siècle dernier avaient admis, comme nous l’avons rappelé, que la Bretagne, d’abord uniformément habitée par des Alpins, avait été envahie par des immigrants nordiques qui avaient refoulé leurs prédécesseurs dans l’intérieur et qui avaient donc principalement pris pied le long des côtes. Cette interprétation simple expliquait assez bien l’allure des cartes ethniques que l’on avait élaborées à l’aide de la répartition des réformes pour défaut de taille, des statures ou partiellement des indices céphaliques. Cette conception classique était en outre basée sur la théorie historique selon laquelle les Bretons immigrants étaient des Nordiques blonds aux yeux bleus, de plus grande taille et d’indice céphalique moyen. En n’étant pas difficiles pour la couleur des cheveux, on pouvait espérer retrouver ces caractères sur les côtes bretonnes. A la lumière des travaux, non plus en chambre, mais sur le terrain, à la fin du siècle dernier, on fut amené à nuancer le schéma de bien des restrictions, et en particulier à introduire un élément méditerranéen antérieur aux Alpins, mais dont on limitait l’importance, et que l’on a parfois décrit comme également refoulé vers l’intérieur par les

Nordiques. Récemment encore, on reproduisait classiquement ce schéma.

Or, comme nous le voyons par tout ce qui précède: 1) les Nor-diques sont rares en Bretagne, beaucoup plus rares qu’on ne se l’imaginait ; 2) la composante occidentale et côtière est formée d’Atlanto-méditerranéens tout à fait identiques à leurs ancêtres « Mégalithiques » de l’Armorique ancienne. Où sont donc les Bretons de l'immigration ?

Portons nos regards vers les pays d’où sont venus ces Bretons: le Cornwall, le Devon et le Pays de Galles principalement. Nous y voyons, même après des siècles de compénétration réciproque avec les Anglais, une majorité de types raciaux différents des Nordiques, et se rattachant surtout aux Atlanto-méditerranéens ou aux Méditerranéens, descendant des habitants de l’époque mégalithique. 11 est donc certain que les hommes qui sont partis de ces régions, sous la poussée des Saxons, devaient surtout ressembler à leurs frères qui n’ont pu s’embarquer.

Par conséquent, les Bretons et les Armoricains de: vieille souche pré-gauloise étaient des frères de race, ils étaient les uns et les autres des « Mégalithiques », et l’immigration bretonne n’était qu’un épisode dans une éternelle succession d’échanges d’hommes et de faits de civilisation attestée pendant des millénaires entre les deux rives de la Manche occidentale.

Parmi-les Bas-Bretons actuels, non Alpins, il nous est donc impossible de déterminer ce qui revient au fonds de peuplement le plus ancien, et ce qui revient à cet apport tardif. Etant donné qu’au seuil de notre ère, tout indique que les « Mégalithiques » étaient encore en majorité en Basse-Bretagne, il y à tout lieu de penser qu’il en était encore de même au moment de l’arrivée de leurs frères d’outre-mer. On peut donc estime;r, sans malheureusement donner de précisions, que cette immigration, qui à eu des conséquences politiques, économiques, culturelles, linguistiques et religieuses si importantes, était bien moins nombreuse qu’on ne le soutient le plus souvent. |

Pour ce qui est des quelques Nordiques que l’on rencontre ça et là en Bretagne, il y en à incontestablement une bonne partie qui sont venus d’au-delà de la Manche. Mais il y en à d’autres qui sont peut-être venus aussi bien avec le flot des Gaulois surtout Alpins.

On admet en général que la civilisation celtique est née en Europe centrale, aux confins des Alpins et des Nordiques. Suivant les lieux et les époques, les premiers peuples celtes participent plus des uns ou des autres. Dans nos régions, les Gaulois, premiers importateurs d’une langue et d’une civilisation celtiques en Armorique, étaient donc surtout d’affinités alpines. Dans la Bretagne insulaire, ils étaient surtout d’affinités nordiques, mais dans l’Ouest du pays, les autochtones dominèrent ex nombre, se contentant d’être culturellement et linguistiquement assimilés. Le hasard des choses a voulu que ce soient ces Bretons d’occasion qui réintroduisent en Armorique le celtique: ils ont donc été les colporteurs d’une langue qu’ils avaient acquise depuis peu de siècles, et qui n’était pas plus leur langue propre que celle des frères du pays où ils l’apportaient.

Il est difficile de trouver meilleur exemple de l’indépendance totale qui sépare les phénomènes linguistiques et culturels, dont la propagation est soumise à des contingences variées, des phénomènes anthropologiques, qui sont soumis aux lois implacables de la génétique.

Tables des moyennes des mensurations prises sur les conscrits de la classe 1946

Dans les récapitulations, les lignes « i » concernent des sujets dont les

parents sont de cantons ou d’arrondissements différents; les lignes « T » sont les moyennes pour l’ensemble de l'arrondissement considéré. La signification

de

A Hi 4.4 D\a-W

HD Ho mOi EE Fur a

s lettres désignant les colonnes est la suivante :

Numéro d'ordre des cantons ou groupes de cantons sur la tarte fig. 17, p. 81.

Nombre de conscerits (pour l'indice céphalique), Diamètre antéro-postérieur maximum.

Diamètre transverse maximum.

Indice céphalique.

Somme des dimensions de la tête (longueur plus largeur). Diamètre bizygomatique.

Indice transverso-zygomatique.

Diamètre naso-mentonnier | Indice facial morphologique.

Diamètre naso-buccal.

Indice facial supérieur.

Hauteur du nez.

Largeur du nez.

Indice nasal.

Stature.

Taille assis.

Indice cormique.

Indice synthétique brut. C

Indice synthétique corrigé.

SO Ut HR & KR MH

mie

Arrondissement de Brest :

ait

Arrondissement de Châteaulin :

Arrondissement de Morlaix :

Ya

Arrondissement de Quimper (Quimperlé compris)

Département du Finistère :

age

LT

Arrondissement de Dinan :

Arrondissement de Guingamp :

Arrondissement de Lannion :

Arrondissement de Loudéac :

Arrondissement de Saint-Brieuc :

Département des Côtes-du-Nord :

UT

Sage

Arrondissement de Lorient :

Arrondissement de Ploërmel :

Arrondissement de Pontivy :

Arrondissement de Vannes :

tité

Département du Morbihan :

Les trois départements bas-bretons ensemble «+

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