‹ Arnaud de Villeneuve: Sa Vie et Ses ŒuvresChapitre 25 sur 42 · AS EME · texte numérisé non relu

AS EME

à HS ,

crymale très méthodique et précise ; l'opération se fait en trois temps : dilatation du trajet avec de la moelle de sureau ; introduction d’une sonde métallique (argent ou fer) ; cautérisation avec un stylet au rouge passé au iravers de cette sonde jusqu'au fond — où, comme dit Arnaud — jusqu’à la racine de la fistule. Plus loin, après avoir décrit le trichosis et la manière de le traiter, il donne comme corollaire plusieurs formules pour faire repousser les cils et les sourcils disparus : nous en transcrivons une par curiosité. « Faites brûler des abeilles ; de leur cendre et des cheveux de Vé- « nus (Adianthum) faites une mélange avec de l'huile de rose et « pratiquez avec cette huile des onctions sur les portions dépi- « lées. » GDE

Les maladies de l'oreille se divisent en un grand nombre de groupes indépendamment de toute théorie et d'après les symptômes : abcès, refroidissements, écoulements (otorrhée de l’otite moyenne) (2), corps étrangers et il indique (3) la manière de les extraire avec une sonde en bois enduite de poix ou de résine.

Il réunit dans un groupe : Rheumata, les catarrhes, coryza, bronchites, mais fait un groupe spécial (squinantiæ) des angines, amygdalites, abcès rétropharyngiens ; ces trois lésions forment les squinantiæ du premier, du deuxième et du troisième degré. C’est la classification de Salerne ; dans le premier degré, la tumeur n’est visible ni au dehors, ni au dedans {abcès rétropharyngien); c’est la forme la plus grave : dans le deuxième on perçoit dans la gorge, au niveau de l’amygdale une saillie ; dans le troisième, variété bénigne, la tumeur est immédiate, toute superlicielle, saillante dans la gorge.

(1) IT. 22 bb.

(2) Décrite sous ce nom même. I. 128 a.

(5) IL. 44 ab.

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La laryngite n’est décrite que comme une raucité de la voix, quoiqu'Arnaud semble avoir traité plusieurs malades atteints de cette affection et en particulier le pape Alexandre. Il insiste sur le goitre (botium qulæ) (1), et conseille son traitement par les éponges, les algues, les plantes marines, l’iode naturel en un mot.

Dans la région sous-maxillaire il parle des scrophules qu’il différencie des nœuds (nodi) ; il semble d’ailleurs que cette distinction repose uniquement sur l’état de la lésion : la scrophule est comme le nodus, un ganglion malade : lorsque le ganglion est dur, isolé, sans adhérences, c’est un nodus : s'ils sont multiples, ramollis par la suppuration, adhérents et difficilement limitables des tissus voisins, ce sont des scrophules. Les deux variétés se produisent aux mêmes endroits : région sous-maxillaire, ereux axillaire, région inguinale (?).

Appareil respiratoire : La toux, l'asthme (et sous ce nom il comprend toutes les formes de dyspnée), l’hémoptysie, l’empyème sont les quatre symptômes des états graves du poumon. Encore faut-il bien les différencier des symptômes voisins comme l’hématémèse, et connaître leur valeur relative dans les affections pulmonaires. C’est ainsi que l’hémoptysie est toujours grave ; l’empyème quelquefois bon, quelquefois, s’il se prolonge, cause d’hecticité. Les maladies du poumon décrites ensuite sont la pneumonie {avec peu de précision), la phtisie avec ses cavernes et « ses indurations semblables à de la pierre » ; la pleurésie pour laquelle il pose le diagnostic différentiel avec l’abcès du foie (la pleurésie diaphragmatique lui était connue) (3) et le diagnostic de variété entre la pleurésie vraie (franche aiguë) et la fausse pleurésie (pleurésie chronique, symptomatique).

(1) 55 bb.

(2) IL,.54 ac.

(3) IL. 145, aa.

PATHOLOGIE si

Estomac : Suivant sa méthode, il étudie d’abord les symptômes capitaux : vomissement, éructations, puis toutes les variétés de maladies où l’appétit et la soif varient en intensité ou en nature — et les nosologistes anciens en avaient multiplié le nombre. Dans ces études, d’ailleurs, il consacre la presque totalité des chapitres à la riche thérapeutique des troubles de l'estomac.

La pathologie du foie est pauvre : il ne connait bien que l’ictère qui a pour origine un trouble du foie, pour moyen de transport le sang, pour point de fixation de la matière biliaire (cholère) la peau. L'ictère peut survenir par rétention de la bile au-dessus ou audessous de la vésicule biliaire et aussi par modification dans la composition du sang dans le foie. La bile, suivant sa nature, produit alors les trois variétés d’ictère jaune, noir ou vert. L'ictère se reconnait au début à la coloration des veines situées sous la pointe de la langue (1).

La dureté et l’engorgement du foie sont à peine indiqués : il attribue au contraire, à cet organe, un rôleimportant dans une variété de dysenterie /dyssenteria hepatica) où la matière éliminée est du sang presque pur et décrit indépendamment de la dureté citée plus haut, et sans les rapprocher, l’hydropisie comme maladie d’origine purement hépatique et se présentant sous quatre formes : leucophlegmasie,

{ hyposarque ou anasarque, bénignes et curables ; ce sont des œdèmes généralisés. asclite, tympanite, asclite et tympanisme (peritonéo-intestinal), qui sont mortels. Cette pathologie du foie si incomplète, eu égard aux connaissances nosographiques des autres systèmes, vient sans doute des théories

At

(x) I 148 bc.

qui ont fait longtemps considérer le foie comme un organe régulateur, ayant surtout des fonctions générales et, par suite, devant donner lieu à moins de maladies spécialisées.

La rate, organe coopérateur du foie, devient pathologique avec lui et de façon analogue ; induration, opilation, etc.

Les maladies de l'intestin ne renferment aucune observation remarquable : il décrit le prolapsus rectal, sépare la passion colique de la passion iliaque et dans les troubles fonctionnels de l'intestin différencie la lientérie de la diarrhée et de la dysenterie qui peut, suivant la nature des excreta, présenter quatre variétés correspondant à des lésions diverses {excreta semblables à de la lavure de chair, à des rognures de parchemin, à des fragments d’intestin, etc...) On voit, dans ces détails mêmes, la soigneuse observation de l’auteur.

Reins, organes génitaux urinaires : Arnaud eut une grande réputation comme spécialiste de la lithiase urinaire ; il à consacré plusieurs traités à cette maladie et à son traitement : il décrit en effet avec soin les calculs de la vessie et les différencie de ceux du rein comme aspect et comme nature (1).

La pierre se forme dans le rein par un état spécial de l’urine trop chargée de matières mal digérées, soit que l'excès de nourriture ait produit cette anomalie, soit qu’elle provienne d’une faiblesse de la vertu digestive. Dans la vessie, elle est due à la constriction du col qui ne laisse pas passer les matières sédimenteuses. Voilà pourquoi elle n’existe jamais chez la femme. Nous devons conclure de cette dernière assertion que les cas de calculs vésicaux chez la femme étaient encore plus rares alors que de nos jours, car l’érudition d'Arnaud de Villeneuve, en cette matière, devait être grande pour l'époque.

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