Ch. Lxxi
2. Gibbon, pour soutenir ce fait, eniprunle aux Hùtoriens de France, (loin. V) les vers suivants d'un poète saxon :
Ad quaD marmoreas prsstabat Homa columnas,
Quasdam priccipuas pulchra Kavenna dcdit. De tarii longinqua poteril regione votustas
Illius ornatuiii, Francia, ferre tibi.
3. H est curieux de remarquer (|ue Didier, ijui n'avait pu piller Home comme roi lombard, le lit plus tard comme abbé.
pourra se sauver d'elle-même. La guerre civile va mettre le comble à sa ruine.
C'est du nom de guerre civile qu'il faut appeler la lutte sanglante qui livra Rome aux Normands en 1084. Grégoire VII, retranché dans le môle d'Adrien, aurait bientôt succombé aux efforts réunis d'Henri IV et des Romains, si Robert Guiscard n'était accouru à son secours. Le Septizonium de Sévère, fortifié par les partisans du Pape, supporta l'assaut de l'armée allemande. Rome fut encore livrée à l'incendie; le quartier de la ville situé entre le palais de Latran et le Colisée brûla entièrement, et Robert augmenta la dépopulation en condamnant à l'exil et à la servitude un grand nombre de Romains, sans doute les mutins qui gênaient le tyrannique Grégoire.
Les nobles Romains — suivant l'exemple des Papes — usurpèrent, au milieu de l'anarchie des dixième et onzième siècles, le droit de se construire des forteresses dans Rome. Sans autre souci que celui d'être les plus forts, ils allaient démolissant et construisant sur des ruines leurs tours imprenables. Tourmentés du souvenir de leurs ancêtres, ils s'agitaient dans des luttes inutiles et sauvages. C'était pour eux un besoin de démolir et d'élever à la hâte, — comme on fait une barricade dans les guerres de la rue, — quelque repaire immense, informe et surprenant. De quoi ne firent-ils pas des forteresses? Le Môle d'Adrien était depuis longtemps la citadelle de Rome. Prise et reprise par tous les partis, elle fut le théâtre de bien des luttes stériles. — Le grand Cirque était envahi au douzième siècle par les tours et les contre-forts des Frangipani. ils avaient osé se construire une forteresse dans la
plus grande ruine de Rome, — l'amphithéâtre Flavien, — avec les pierres qui l'encombraient à l'intérieur '. On se battit au Capitole-, dans l'église même de Saint- Pierre transformée en citadelle, au Vatican ^ et nous avons vu que l'étonnant Septizoniimi de Sévère ne fut pas même respecté. Le palais de Latran et une foule d'églises s'étaient entourés de murailles, et les couvents avec leurs contre-forts offraient l'aspect d'un Bui^g allemand. Sur les arcs de César \ de Titus, de Constantin et des Antonins, sur les ruines des aqueducs, des tombeaux ou des temples, on avait élevé en nombre infini des tours de guerre ^
Mais avant d'entrer dans des considérations générales sur Rome au temps d'Arnauld, voyons ce qu'étaient devenus les lieux les plus célèbres '\
¥ui à' dihQvà^ ab Joveprincipium^ le.Capitole. — Il est bien difficile de se faire une idée de l'antique colline au temps d'Arnauld, et surtout de ce que les chroni-