V. le Pogge
.]. C'était encore le nom de ce quartier au moyen âge : il y avait à Rome l'église de Saint-Georges en Vélabre.
4. On ne trouve que peu de détails sur les ponts de Rome au moyen âge. La pont Cestius fut réparé en Mo7. (V.j'inscription rapportée par Piranesi et Gregorovius.) L&pont Fabricius fut également réparé. 11 y avait encore
Maria i/t Transtevere \ commencée par Innocent II. C'est une des plus curieuses de Rome. Elle est décorée de vingt-quatie belles colonnes en granit noir égyptien, fort anciennes. A quel temple antique ont-elles appartenu? On pense bien que la matière première ne fut pas apportée d'Egypte à Rome en ce temps-là. KUes viennent donc, comme tant d'autres, de quelque beau temple brutalement dépouillé. Aux environs de la basilique s'élèvent les tours de la famille d'Innocent, Transtévérin d'origine. Les rues, peu nombreuses dans cette partie de la ville, suivaient les bords du Tibre jusqu'à la vallée Vaticane, appelée dans les bas siècles la « Naumachie» , sans doute en souvenir de la Naumachie de Domitien. On sait à peu près exactement quels édifices renfermait ce quartier de Rome. A l'ouest, sur l'emplacement du cirque de Néron, s'élevait l'ancienne basilique de Saint-Pierre et de Saint- Paul, décrite par le chanoine Mail i us. Nous verrons bientôt les Romains et les Allemands se battre dans l'intérieur de l'église, fortifiée, et par conséquent attaquée. Près de là le Vatican, également fortifié, venait d'être agrandi par Eugène III, qui tenta le premier d'en faire une résidence papale. Au milieu des guerres
\c pont d'Adrien. Oiiant au jwnt Milviun, il était siliié eu deliurs de Home. « On l'a détruit depuis bien des années pour arrêter les empereurs d'Allemagne; mais nous l'avons réparé ii s^rand' peine; et, dans un court espace de temps, avec l'aide de Dieu, le pont sera fortifié par imc nmnullo tréssolide et des pierres de silex. » (Lettre des Romains à Conrad.)
1. On ne sif^nale à cette époque aucune ruine remarquable dans le ïruusievere, si ce n'est les cin(i vieilles portes de l'enceinte de Servius et du mur d'Aurélien, couvertes par des constructions. Deux conservèrent leur nom, et l'on passait encore sous les Arcades; c'étaient les portes Porttiensis et Cas.Hu. Les trois autres avaient été nuuées. Queliiues antiquaires signalonl dans le Tranttevere l'emplacement de la Nauiunchie d'Auguste.
civiles, le palais de Latran, isolé et mal déi'endu, était une demeure peu sûre pour les papes. Ils furent contraints de ne plus quitter le voisinage du château Saint- Ange.
Le chanoine Mallius a fait pour nous la description de la Naumachie. J'ai grande confiance dans son récit : il s'est servi des Mirabilia, sans doute populaires à Rome , où l'on a toujours beaucoup aimé les légendes; mais il distingue fort bien ce qui est de ce qui a été. « Dans la Naumachie, il y a, dit-il, à côté de Sainte-Marie Transpadine le tombeau de Romulus ' ; il était autrefois revêtu d'un marbre magnifique, qu'on a enlevé pour construire l'escalier de Saint-Pierre. Il y avait autour de sa tombe un pavé de travertins de vingt pieds avec un jardin fleuri. Dans son voisinage était le Térébinthe de Néron. » Le Rituel dit : « l'Obélisque de Néron. » Mais Mallius. qui le décrit d'après les Mirabilia, en fait un édifice rond, aussi haut que le château Saint-Ange, entouré de deux galeries circulaires. Ses ruines avaient servi sans doute aux restaurations de Saint-Pierre.
(( H y a aussi là, continue Mallius, le château qui fut autrefois le temple d'Adrien -. C'est un édifice carré, d'une grandeur remarquable, diversement historié, environné de grilles d'airain, orné d'un taureau d'airain et de paons de bronze. Plusieurs de ces oiseaux décorent déjà une fontaine du Vatican. » — Ce
\. V. le Uiluel el les Miruhilia copiés par .Mallius. Les ruines de ce tombeau s'appelaient Meta au douzième siècle. On ne sait pas ce que pouvait être ce monument.
2, Mallius n'indique pas sa nouvelle destination. Il nous apprend qu'on en a retiré un sarcophage de porphyre où fut enseveli Innocent H.
temple, détruit peu après ', est un des rares monuments de Rome qui ait gaidé si longtemps ses statues. Bientôt le Pogge n'en retrouvera que« dix »> dans la ville entière : eu efîet, celles qui avaient été sauvées devaient au hasard cette singulière fortune; car il n'y avait peut-être pas à Kome, au douzième siècle, un Romain capable d'appréciei" la beauté d'une statue antique. Je ne puis résister au désir de raconter ici l'histoire suivante, connue, mais caractéristique. «Ladécouverte d'une statue de Pompée de dix pieds de hauteur occasionna un procès. On l'avait trouvée sous un mur de séparation : le juge décida qu'atin de satisfaire aux droits des deux propjiétaires on séparerait la tète du corps; et l'arrêt allait être exécuté, si l'intercession d'un cardinal et Ja libéralité du Pape n'eussent délivré le héros romain des mains de ses compatriotes ■. » — Un Romain, moins barbare, ayant découvert une immense statue du Nil près du temple de Minerve, dans le Champ de Mars, se contenta de la faire couvrir d'uji monceau de terre ; car les curieux, assiégeant son jardin, pour la voir, l'importunaient ^
Le Pogge signale encore dans le Vatican une pyramide d'un grand travail . d'une masse imposante, dont toute inscription et tout ornement ont disparu, et le « Rituel » un portique '.
1. Il lui liiciitôl clôtruiieiitiùreinciit, car le Pog;ie n'en a relrouvé auLiiii vestige.