‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 114 sur 176 · V. Gibbon, chap. Lxxi. TracUut. de V. Guizot · texte numérisé non relu

V. Gibbon, chap. Lxxi. TracUut. de V. Guizot

;i. Que ceux tiui aiment les légendes lisent dans tJiegorovins toutes celles tjue les statues romaines ont inspiives. IJenjamin de Tudela et l'auteur des Mirabilia en rapportent de très aniusaiiles, entre autres celle qui a suj;j;>mv à M. Mérimée le conte de la Vénus d'ille.

\. Ce que le Uituel appelle le Purtitfue était peut-être un reste du temple d'Apollon, de\eim déjà l'église chrétienne de Sainl-Silvestrc in Porticu. (V. le Pogge.)

Voici maintenant le chàtean Saint-Ange, ou plutôt, pour l'appeler par un nom qui lui convient mieux, le Môle d'Adrien *. C'était en effet une masse informe, dont personne n'aurait pu soupçonner l'ancienne magnificence. Ce château fort, toujours assailli par les Romains, comme le Capitole l'était par les Papes, ne dut son salut qu'à la solidité de ses murailles presque indestructibles '. — Montons un instant au sommet de cet édifice, sans craindre d'y rencontrer « les Frangipani, les fils de Pierre de Léon et le Sicilien ^ » , qui le défendaient tout à l'heure avec le Pape, et jetons un coup d'œil sur la Rome du douzième siècle.

On la domine tout entière, car les sept collines s'élèvent au loin abandonnées. Ce qui nous frappe d'abord au milieu des rues tortueuses et non pavées, ce sont les tours innombrables qui s'y pressent. C'est, paraît-il, une marque de noblesse que d'en compter un grand nombre dans sa famille; en tout cas, c'est une marque d'audace et de barbarie que d'aller, pour les construire, achever la destruction des chefs-d'œuvre de l'antiquité. Mais nous avons tort de nous indigner. Les Romains trouvaient cela tout simple. Pendant la guerre civile, les partis acharnés s'entendaient sur un seul point : le droit égal de piller les monuments. Gibbon rapporte qu'un accord scandaleux assura, au quatorzième siècle, à deux factions rivales le droit de retirer les pierres de la carrière du Coli-

1. Othon de Freisingen se sert indifiéremment de ces deux noms,

2. Au treizième siècle les Romains en commencèrent la démolition décrétée par le Sénat ; mais ils renoncèrent bientôt à leur entreprise, et tentèrent inutilement d'y faire passer une rue de Rome. (Voir Gibbon etPirancsi.)

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