‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 115 sur 176 · V. la lettre des Romains à Conrad · texte numérisé non relu

V. la lettre des Romains à Conrad

sée'. Ainsi les matériaux de ces tours sauvages ont été pour la plupart arrachés aux monuments antiques '.

Je me figure que les pierres des aqueducs furent abandonnées même au peuple. Il n'y a pas d'autre moyen d'expliquer la disparition de ces conduites immenses si nombreuses à Rome. Quant aux temples et aux palais, on y mettait quelques formes. L'État s'en réservait la propriété ; il les vendait ^ les louait* elles démolissait ^

Rome étendue à nos pieds renferme quarante monastères d'hommes, vingt de femmes, soixante chapitres et collèges de chanoines ou de prêtres, et trois cents * églises. Il ne faut pas supposer d'après ces chiffres que l'Église soit fort riche \ Jean de Salisbury se plaint que partout dans Rome les églises tombent en ruines, et que les cardinaux songent à orner leurs maisons, et non celles du Christ.

L'espace peuplé nous apparaît comme une tache au milieu du désert qu'entourent les murs d'Aurélien et

1. « C'est d'après un acte original, maintenant aux ai'chives de Rome, que l'abbé Barthélémy affirme ce fait incroyable. » (Gibbon, chap. Lxxi.)

2. On se servait encore au douzième siècle de briques cuites. Quelques tours de l'enceinte d'Aurélien étaient formées de ces briques romaines. — Ampère a supposé que c'étaient des constructions étrusques(?).

3. Robert de Sicile acheta un grand nombre de colonnes ; et Naples s'embellissait tous les jours des dépouilles de Rome. — L'abbé Suger regretta de ne pas pouvoir emporter en France, pour la reconstruction de son abbaye, quelques-uns de ces beaux marbres, qu'on abandonnait si volontiers aux étrangers. (V. Gregorovius, iv, p. 639.)

4. Le Colisée fut même donné aux Olivétains par le pape Eugène ï\. (V. Gibbon).

'6. Nous en avons cité plus d'un e.\emple.

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