Et bien d'autres encore
proniier magistrut (rime ville coinino Rome, et ne l'ait pas tenté, c'est en effet une chose presque incroyable, mais non pas invraisemblable. Au moment (le sa vie où nous sommes arrivé, après avoir étudié successivement toutes les circonstances connues de cette existence agitée, on reste convaincu que la vocation d'Arnauld le destinait bien plus aux réformes religieuses qu'aux luttes politiques où il ne se trouva mêlé qu'accidentellement. Supposait-il qu'en acceptant un emploi dans la République il perdait son prestige de réformateur? Pensait-il que sa vie austère et frugale contrastait trop avec la vie affairée d'un homme d'Élat? était-ce calcul? Craignait-il de se faire des rivaux et de compromettre le gouvernement qu'il avait restauré? — Quoi qu'il en soit, on ne peut discuter longuement cette conjecture, puisque les preuves man- (juent à l'appui. Nous n'exprimons ici qu'une opinion personnelle, qui n'est certainement pas en contradiction avec le caractère et les antécédents d'Arnauld de Brescia.
2° Quelle part prit-il aux excès commis pendant son séjour à Rome, si toutefois ils continuèrent à cette époque? Olhon, qui raconte les faits sans se soucier le moins du monde de Tordre chronologique, a trompé beaucoup d'écrivains secondaires par une phrase ambiguë citée plus haut '. Il est le seul " qui sem-
1. « Ces laits et d'autres semblables lurent commis sans interruption et sans pudeur par Arnauld, pendant bien des jours, c'est-à-dire depuis la mort de Célestin jusqu'à cette époque où la sentence canonique des pasteui"s fui justement portée contre lui.... »
2. Nous ne parlons pas de Gunther qui n'a fait que broder en poète le passage d'otbon. Il semble se croire encure au temps de Sylla et de Marins, et prête à Arnauld les crimes les plus invraisemblables et les plus inutiles.
ble accuser Arnauld des pillages du peuple ; et cela n'est pas étonnant : c'est bien le moins que l'évêque de Freisingen reproche à ce schismatique les excès commis au nom de sa doctrine : cela ne yeut pas dire qu'Arnauld ait jamais prêché le meurtre et la rapine. Nous avons prouvé plus haut qu'il n'était pas à Rome au moment des troubles racontés par Othon. Maintenant continuèrent-ils à partir de l'époque où il réorganisa la République? Aucune source ne nous l'apprend * . 11 semble au contraire qu'il soit parvenu à mettre l'ordre dans cette confusion. D'ailleurs, les excès commis précédemment se fussent-ils renouvelés, nous n'admettrions jamais qu'Arnauld en fut l'instigateur-, et nous espérons avoir prouvé qu'il chercha toujours au contraire à contenir et à calmer les partis ^
3° Quel rôle joua la Noblesse dans la République? — Arnauld, qui avait étudié à fond les lois et la constitution de l'ancienne République, ne songea pas un instant à exclure les Nobles du nouveau gouvernement. Ils étaient d'ailleurs trop puissants et indépendants pour que l'on ne comptât pas beaucoup avec eux. Deux choses dans les dispositions du réformateur^ plaisaient infiniment aux rudes Barons romains: frauder en même temps le pouvoir despotique du Pape et de l'Empereur.
1. Il n'est question d'aucune violence dans les Annalistes, si ce n'est de la blessure faite au cardinal Gérard, en il5o (v. Baron, mm. 1133).
2. Saint Bernard, Eugène HI et les chroniqueurs des siècles suivants gardent le silence sur ce point.
3. C'est peut-être son plus grand et son plus incontestable mérite : le législateur se souvenait qu'il avait prêché l'Évangile.
4. Ces dispositions devaient leur faire pardonner les projets d'Arnauld touchant les libertés du peuple.
Arnauld d'ailleurs leur donna le premier rang dans la République. En élevant à cent le nombre des Sénateurs*, il créa de nouvelles places pour tous ceux que le talent ou l'activité portait à s'occuper du gouvernement de leur pays. De là autant d'amis et de protecteurs. Puis il leur rendit le litre de « Patriciens » , titre qui flattait beaucoup leur amour-propre, car en 1155 ils supplièrent Frédéric de le leur conservera
Les Nobles, amis d' Arnauld, que celui-ci avait retrouvés dans la ville, purent donc facilement rallier autour de lui un parti fort important, et il fallait qu'il le fût pour tenir tête à celui du Pape, et le réduire à l'espèce d'impuissance où il restade 1151 à 1155. Cela n'est point une conjecture. Les textes d'Othon, de saint Bernard, et d'autres pièces importantes viennent appuyer ce fait, contesté , seulement par la lettre d'Eugène 111 à Wibald. Martin le Polonais ^ a dit : « Beaucoup de Grands le suivaient*,» et Othon parlant du parti républicain avant l'arrivée d' Arnauld : « Mais les Romains avec leur Patrice Giordano, tournant à la fureur, abolissent la dignité de Préfet et contraignent la plupart des citoyens et les Nobles à se soumettre au Patrice ^)) — Est-il vraisemblable que ces Nobles aient déserté le parti républicain juste au moment où il eut un chef habile et quelques chances de durée? — Othon dit ailleurs : « Il souleva presque toute la ville et surtout
1. « Les Sénateurs étaient probablement gentilshommes. On doit le croire d'après l'ardeur avec laquelle la noblesse ^soutenait le gouvernement républicain. (Sismondi.)