‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 121 sur 176 · Oit. Fris., c/»mi.Vll · texte numérisé non relu

Oit. Fris., c/»mi.Vll

le peuple contre son Pontife ^ » — « Et surtout le peuple : » — Il ne dit pas : « seulement le peuple » . Saint Bernard lui reproche aussi de se faire des amis parmi les Grands. « Et ainsi (dit-il) il sait attirer à lui par le mielleux des discours et par le semblant des vertus les riches et les puissants^ selon ces mots : Il s'assied avec les riches au milieu des embûches, dans des lieux cachés, afin de mettre à mort l'innocent... Enfin, lorsqu'il sera devenu sans crainte, après avoir capté leur bienveillance et leur familiarité, vous le verrez, fort de la tyrannie militaire, s'insurger contre les Évoques eux-mêmes ^.. »

— Les documents dont s'est servi Baronius lui ont

aussi laissé cette conviction que la plupart des Nobles

avaient embrassé le parti d'Arnauld, puisqu'il dit :

« Mais tous ne furent pas des schismatiques^ ; » et

il cite les Frangipani et les frères de Pierre de Léon

comme ayant toujours soutenu le Pape. Ce n'est

pas même le plus grand nombre qu'il range dans ce

parti ; ce sont les exceptions. — La lettre des Romains

à Conrad, citée par Othon, est encore une preuve que

la Noblesse avait pris part au mouvement et même le

dirigeait. C'est d'ailleurs un fait incontestable. Que

pouvait le peuple livré à lui-même? — Par quel

motif secret le Pape Eugène III a-t-il écrit cette

phrase de sa lettre à Wibald* : «sans lacomphcitédes

Grands ^)> ? On ne peut admettre qu'il fut mal informé,

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