‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 122 sur 176 · Baronius, ann · texte numérisé non relu

Baronius, ann

4. V. chap. IV, la lettre d'Eugène III à Wibald. 6. « Absque nobilium et majorum scientia. »

lui que la haine de ces mêmes Nobles révoltés avait chassé de Rome. Eugène (il ne faut pas l'oublier) n'avait pu jusque-là obtenir une réponse favorable de Conrad. Ne connaissant pas les dispositions du nouvel Empereur, il craignit sans doute de l'effrayer en lui laissant deviner toute la gravité du mal, et il lui cacha la vérité pour rendre sa cause meilleure. Il ne s'agissait pas seulement de convaincre Frédéric; il fallait encore l'émouvoir. A cet effet Eugène exploite habilement un bruit qui se répandait en Italie sans qu'on sût quelle en était la source : « Les Romains, dit-il, se disposent à en choisir un seul, qu'ils veulent nommer Empereur, qui doit, d'après leur intention, commander aux cent sénateurs, aux consuls et à tout le peuple. En cela, comme ils s'arrogent ce droit au détriment de la couronne du royaume et attentent à l'honneur de notre très-cher fils Frédéric, roi des Romains, nous désirons que tu l'avertisses en secret pour qu'il voie dans sa sagesse ce qu'il faut faire au sujet de ce dessein qui va s'exécuter* ».

Un roi si bien averti devait, en vérité, avoir grand peur des projets du peuple romain. Cela nous amène naturellement à cette quatrième question :

4" La nouvelle République reconnut-elle la suprématie des empereurs d'Allemagne? — Nous n'en doutons pas-, bien que sur la phrase d'Eugène on ait

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