‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 124 sur 176 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Eugène III. — De quelques lettres de contemporains qui peuvent éclairer notre récit.

L'unité de notre récit nous a forcé de laisser de côté bien des faits intéressants qui peuvent jeter encore quelques lumières sur l'histoire d'Arnauld. Il faut y revenir.

Pendant que le réformateur échouait à Rome dans sa tentative de créer un gouvernement stable et fort, saint Rernard avait vu s'envoler une à une toutes ses illusions. Les armées et les princes que son éloquence avait poussés vers l'Orient s'étaient pour ainsi dire appliqués à faire mentir ses prédictions. Tout le monde connaît le sort de cette masse d'hommes, Allemands et Français, qui avaient causé à l'empereur Manuel « une si terrible frayeur » , en passant dans ses États, et dont il ne revint pas même un dixième '. Nous ne savons si l'Europe entière adressait des reproches à l'abbé de Clairvaux, comme le dit un poëte italien *, mais sans doute le saint abbé s'en faisait lui-même, plein de découragement en voyant que Dieu avait pu laisser périr une si bonne cause. Nous pensons que

1 . Ce dc^sastre ne lit pas réfléchir les Allemands, qui entreprirent la même année une croisade contre les Païens du Nord. « Ils voulaient, dit naïvement Fleury, ou leur taire embrasser la loi chrétienne, ou les exterminer tout t\ fait. »

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