NiccuUni, Anudilo du Drescia
c'est alors et sous l'empire de cette désillusion qu'il écrivait au pape Eugène d'abandonner les Romains et d'échanger Rome contre le monde. « Ce qui peut seulement t'absoudre (dit-il), c'est d'avoir agi envers ce peuple, de m.anière à dire : Mon peuple, tout ce que j'ai dû faire pour toi, je l'ai fait. — Eh bien, si tu as agi de cette façon, sans aucun succès, il ne te reste plus qu'à suivre mon conseil : sors de la Hur des Chaldéens, et dis : Il me faut aussi évangéliser d'autres cités. Tu n'auras pas, je pense, à déplorer ton exil, après avoir échangé Rome contre le monde \ » — Eugène était encore absent de Rome, où il n'entra que bien rarement pendant les huit années de son pontificat ^. On peut conjecturer qu'il ne resta jamais dans Rome même, à partir de Tannée 1146 ^ Les documents contemporains nous le montrent d'abord au monastère de Farfe où il reçut le sacre pontifical. De là « il se transporta dans une forteresse pour éviter la fureur du peuple » . Enfin il se rendit à Viterbe *. Il tenta cependant de rentrer dans Rome avec l'aide des Tiburtins, et y réussit pour bien peu de temps. A peine eut-il célébré les fêtes de Noël que, déjà tourmenté
1. «Unumest quodte absolvit, si egisti cum populo illo, utpossis dicere : Popule meus, quid tibi debui facere, et non feci? si sic fecisti, nec profecisti ; est demum quod facias et quod dicas : Exi de Hur Chaldgeorum, et dicito, quia oportet me et aliis civitatibus evangelizare. Puto nec pœnitebit exilii, orbe pro urbe commutato. » fS. Bern. de Consid, IV. 3.)