Voirie texte latin aux Pièces justificatives
et le seigneur Roi des Romains Frédéric. — En ont clé les médiateurs du cùlé du seigneur Pape : Grégoire de Sainte-Marie au-delà du Tibre, Ilubald de Saiiite-Praxède, Bernard de Saint-Clément, Octavien de Sainte-Cécile, Roland de Saint-Marc, Grégoire de Saint-Ange, Guido de Sainte-Marie-du-Portique, et Brunon ', abbé de Clairvaux. — Du côté de l'Empereur : les évêques Anselme d'Havelberg -, Hermann de Constance, les comtes Odelricus d'Inspruck, Guido Guerra, Guido de Blandral.
(( Le seigneur Roi a fait jurer sur son âme un de ses ministres, et lui-même, mettant sa main droite dans celle du légat du seigneur Pape, a pris l'engagement suivant : Il ne fera ni paix ni trêve avec les Romains ni avec Roger de Sicile, sans le libre consentement et la volonté de l'Église romaine et du seigneur Pape Eugène ou de ses successeurs, qui voudront maintenir celte convention avec le roi Frédéric ; il s'efforcera, selon les ressources de sou royaume, d'assujettir les Romains au seigneur Pape et à l'Église romaine; il conservera et défendra de tout son pouvoir ce qu'elle possède. Quant aux domaines qu'elle a perdus, il emploiera sa puissance à les recouvrer, et, une fois recouvrés, les défendra. Il ne cédera pas non plus le moindre territoire au roi des Grecs de ce côté de la mer '. Que si le roi des Grecs vient à envahir le Saint-Siège, il s'efforcera de le repousser avec
1. Mabillon lit « Ueniard" : et il a raison, puisque saint Ueniartl ii'est mort ([u'en llo3.
•2. Mabillon lit « d'Uanilumig ».
3. rrtSléiic (nous l'uvous dit) ciaignail do voir les Uouiains lechercher s:on alliance.
les forces de son royaume, le plus tôt qu'il pourra. Il fera et observera tout cela sans fraude et sans malice.
« Le seigneur Pape, au nom de son autorité apostolique, avec les cardinaux déjà nommés, en présence des députés du seigneur Roi cités plus haut, a promis (et il tiendra sa promesse) d'honorer le Roi comme le très-cher fils de saint Pierre, et, s'il vient à Rome pour compléter son couronnement , il couronnera l'Empereur, sans soulever de son chef la moindre difficulté, le moindre obstacle; il l'aidera, selon le devoir que lui impose sa charge, à maintenir, à faire croître et prospérer l'honneur du royaume; s'il en est qui , dans leur audace téméraire , entreprennent de fouler aux pieds ou de renverser la justice et l'honneur du royaume , le seigneur Pape, armé de son attachement à la dignité royale, les avertira suivant la règle canonique pour obtenir réparation. Que si, méprisant l'avertissement apostolique sur l'honneur et les droits royaux, ils refusent de rendre justice au Roi, qu'ils soient enveloppés dans la sentence de l'excommunication. — Il n'accordera de ce côté de la mer aucun territoire au roi des Grecs : que s'il ose faire une invasion, le seigneur Pape prendra soin de le repousser avec les forces de saint Pierre. — Toutes ces clauses seront observées de part et d'autre sans fraude et malice, à moins qu'elles ne soient changées par le libre consentement des deux parties. »
Le contrat est clair; Frédéric promet son appui au Pape, mais non sans y mettre des conditions. S'il lui prête une armée, il est bien entendu qu'en retour Eugène couronnera l'Empereur, et mettra à son ser-
\ice les foudres pontificales. N'est-ce pas curieux de voir le Pape s'engager d'avance à excommunier tous les ennemis de l'empereur d'Allemagne ?
Eugène 111 mourut le 8 juillet 1 153 *, sans avoir le bénéfice de cette convention qui devait être funeste aux Romains. La même année 1153, l'homme le plus extraordinaire du douzième siècle, saint Bernard, s'éteignit épuisé d'austérités et de prédications, et soupirant presque après le repos delà tombe. Il avait, lui aussi, souvent prêché la réforme des mœurs, et il s'écriait encore dans les dernières années de sa vie : «Qui me donnera de voir, avant de mourir, l'Église étendre ses filets non plus pour ramasser des richesses, mais pour sauver les âmes ! - »
1. L'année suivante (1154) mourut un des hommes les plus remarquables du douzième siècle, Roger de Sicile, le fondateur de la puissance normande en Italie. Ce ne fut pas seulement un conquérant vulgaire; il aima et encouragea les arts, qui recommençaient à fleurir sur quelques points de l'Europe.