Ott. Fris., Ibidem
de la République sont bientôt saisis du désir de se venger. « Ils sortent du conseil, et retournent à Rome en grande hâte ' » pour préparer la résistance. — Mais que pouvaient-ils? Le parti d'Adrien et les troupes allemandes réunies devaient rapidement disperser l'émeute ^. Celle-ci, trop lente à s'organiser, n'avait pas même empêché le cortège de Frédéric d'entrer dans Rome, et rien n'était venu troubler la cérémonie de son couronnement. Mais, ici encore, il faut laisser la parole à Othon : «Au lever du soleil, la première heure une fois passée, le Souverain Pontife Adrien, marchant en tête avec les cardinaux et les clercs, vint attendre sur les degrés l'arrivée du Roi : celui-ci leva son camp, descendit tout armé avec les siens la pente du mont Gaudium, et pénétra par la porte qu'on nomme « dorée » dans la cité Léonine, où est située, comme on le sait, l'église de Saint-Pierre. Il fallait voir les soldats étincelants de l'éclat des armes, et marchant dans un ordre parfait ; c'est au point qu'on aurait pu dire d'eux : « 11^ sont semblables à une terrible armée qui sort du camp en bataille... », et répéter ces mots des Machabées : « Le soleil a brillé sur les boucliers d'or et d'airaiii;, et les montagnes en réfléchirent la clarté. » Bientôt le prince, arrivant aux degrés de l'église de Saint-Pierre^ fut reçu honorablement par le Souverain Pontife, et conduit à l'endroit où saint Pierre confessa sa foi. Puis la messe solennelle fut célébrée par le Pape lui-même, et le Roi, entouré de soldats armés, reçut la couronne avec la bénédic-