‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 19 sur 176 · L'amour qui grandit Héloïse rapetisse Abélard · texte numérisé non relu

L'amour qui grandit Héloïse rapetisse Abélard

2. Vitium est quo ad peccandum proni efficimur, hoc est, inclinamur ad consentiendum ci quod non convenit, ut iilud scilicet faciamus antdimittamus. Hune vero consensum proprie peccatum nominamus... (Scito te ipsum, p. 596, éd. V. Cousin et G. Jourdain.)

3. Pro diversitate intenlionis ejus operatio modo bona modo mala dicitor. — (Scito te ipsum, cap, ix.)

coinnictlcz tous les crimes. Si votre esprit vous suggère quelques bonnes excuses paradoxales, vous êtes innocent! On trouve tant de subtiles raisons, quand il s'agit de se justitler! — Ces vérités à double sens sont dangereuses, lorsqu'elles font école. On a dit plus lard, après Abélard, qui certes aurait décliné l'honneur d'avoir inspiré cette maxime : La fin justiiie les moyens.

Le maître entendait-il comme nous les mots «discernement » et (( volonté »? — On pourrait en douter en lisant ses conclusions : « Ce que l'on veut dans une grande douleur de l'àme, dit-il;, est passion plutôt que volonté'. » Ainsi, pour lui, une mauvaise action à laquelle on a essayé de résister et que l'on a commise enfin sous l'empire de la passion, n'est pas un péché volontaire-. Mais, si l'on peut ainsi transiger avec sa conscience, où est la morale? La volonté devient une faculté de notre âme chimérique et mal définie. Souvent, entraîné par ses prémisses, Abélard perd son talent en paradoxes sur le mal et le bien, le péché et la volonté, véritable leçon de casuistique qu'on est surpris de trouver sous sa plumet — Que dire de sa controverse sur les péchés originels, véniels et mortels? — Arnauld ne s'est jamais plongé dans ces recherches, stériles pour ceux qui ne marchandent pas avec le bien.

1. ... Non talis ut ila dicam volunlas, qiiœ in niagno dulore consistit, diccnda est volurdus, sed potins passio. (Scito te ipsnni, cap. m, p. 590. Edit. V. Cousin et C. Jourdain.)

2. ... NecculpiC tribuendum in eo eos delectari, quo qnuni perventnrn

sit, delectationem nccesi^c est sentiri (Scito te ipsuni, p. G03. Edit.

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