‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 21 sur 176 · S. Bernard. Voir plus haut · texte numérisé non relu

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étaient orthodoxes, Abélard effrayé des nouveaux ennemis et des nouveaux dangers qu'il cherchait. En effet, que nous disent la plupart des chroniqueurs? Les uns, qu'il était «excellent prédicateur de la parole divine*»; les autres, qu'il censurait les mœurs du clergé; celui-ci, qu'il entraînait la multitude en expliquant l'Évangile; celui-là, qu'il disait que les sacrements conférés par les mauvais prêtres n'ont aucune vertu ^, etc. — Othon de Freisingen et Gunther ajoutent d'autres accusations et racontent sa réforme politique, mais pas un ne lui reproche d'attaquer la Trinité, les dogmes ou les mystères dans ses discours.

Quant à rechercher si Arnauld a été ou non hérétique, il semble que cela n'est pas de notre compétence. Les docteurs du moyen âge et saint Bernard lui-même y seraient embarrassés^; les uns, prenant le sens exact du mot, diraient non; les autres, lui donnant un peu d'extension, diraient oui. Qu'importe après tout le nom dont on appellera sa protestation, schisme ou hérésie? De plus savants que nous en ces matières trancheront la question. Mais ce que nous répéterons, c'est qu'il était catholique dans la plus pure acception du mot, et qu'il avait une foi ardente et active.

Cela posé, nous admettrons que sa réforme religieuse fut singulièrement hardie; d'accord avec saint Bernard pour le fond, il s'en sépare complètement

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