V. Tritheim et Platina (Pièces justificatives
2. Bonacursus. Vita hEereticorum. (D'Achery. Spicileg., XHI, p. 8S.)
3. Othon a dit de lui : « Aimant la singularité, désireux de nouveaufé, Arnauld était de ces hommes dont le génie est prompt à créer des hérésies et des schismes , causes de désordres. » ( Ott. Fris, de gest. Frid. Il, 20.)
sur les moyens. L'un se contente de dire qu'il faut guérir « la tète» , et l'autre y porte la main.
Arnauld supprime le pouvoir temporel, et développe sa pensée de telle façon qu'il attaque en même temps le pouvoir spirituel. Il dit que le pape, pour mériter Tobéissance, en un mot pour être pape, doit être tout absorbé par le soin des âmes, abandonner les biens et les affaires de ce monde, autrement dit le pouvoir temporel. Sa doctrine délie donc les chrétiens de l'obéissance hiérarchique '. Il leur dit : <( Ce pape qui vous gouverne est un hérétique. » Appliquant le même principe aux évêques et aux simples prêtres-, il arrive à conclure : les sacrements conférés par un mauvais prêtre sont nuls devant Dieu.
L'opinion que les papes ne pouvaient se servir de l'excommunication contre des délits étrangers à la religion, comme d'une vengeance matérielle, a élé aussi vraisemblablement empruntée à sa doctrine ^ Principes redoutables qui bouleversaient la hiérarchie; saint Bernard le savait quand il tonnait si fort contre lui, lorsque, cherchant un point de comparaison pour exprimer la perversité d'un homme, il disait: «Pire encore qu' Arnauld de Brescia^». Mais que l'Église se rassure; ce sont là des maximes prématurées, qui doivent disparaître avec lui au moins pour un temps. Sur ce terrain Abélard l'aurait absolument renié.
1. Il n'y a pas loin ainsi de la suppression du pouvoir temporel à la suppression du pouvoir spirituel : d'Arnauld à Luther.
2. Pour être exact, il faut faire remarquer qu'il commença sa réforme par le bas clergé, les prêtres, puis les évoques, et enfin passant du petit au grand, il osa juger et condamner le pouvoir temporel des papes.