‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 23 sur 176 · S. Bernard, épit · texte numérisé non relu

S. Bernard, épit

Nous devons encore, puisque tant d'écrivains ont contesté l'originalité d'Arnauld, nous devons examiner si les sectes religieuses du temps lui ont donné des inspirations, si elles ont exercé quelque influence sur sa réforme.

C'était, nous ne le nions pas, un esprit capable de s'assimiler bien des opinions diverses^ et de les transformer en morale, en religion et en politique.

Tout en défendant son originalité, on peut dire de lui qu'il a pris, comme beaucoup d'esprits d'élite qui ont devancé leur temps, autant d'idées à son milieu et à ses contemporains qu'il leur en a donné luimême; mais on sait ce que c'est que les idées, comme elles sont toujours vieilles et toujours neuves, chacun les développant à la mesure de son génie; on sait aussi dans quel cercle singulier les grands hommes et les époques mémorables ont toujours tourné, les uns donnant aux autres et réciproquement, tous cherchant le mieux, qu'ils en aient conscience ou non, en vertu de la loi du progrès.

Nous allons donc jeter un rapide coup d'œil sur les différentes sectes réformatrices qui existaient au douzième siècle, et dont il reste encore quelques souvenirs. U y a là une dernière source; elle nous aidera peut-être à mieux comprendre cet homme extraordinaire, dont le caractère échapperait complètement à nos recherches sans cette patiente méthode d'induction .

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