‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 24 sur 176 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Arnauld et les hérésies au douzième siècle.

On remarque tout d'abord^ en étudiant l'histoire des sectes hétérodoxes qui existaient déjà ou se formaient au douzième siècle, qu'un mouvement extraordinaire s'opérait dans les esprits; personne n'était indifférent; quelle qu'en fût l'origine, il fallait aux hommes de ce temps- là une foi et une religion quelconque. Tous voulaient croire, qu'ils fussent catholiques, prêtres , moines ou pèlerins des croisades , qu'ils eussent embrassé l'hérésie de Manès et! reconnussent deux principes, qu'ils fussent Pétrobrusiens, Henriciens, Arnaudistes, disciples enfin du premier fanatique qui se disait envoyé de Dieu *. La religion pour eux était affaire sérieuse, et cela se comprend : les sectaires voyaient leurs chefs préférer la mort à la rétractation, et suivaient souvent eux-mêmes cet exemple. Malgré les supplices qu'ils avaient en perspective, ils ne négligeaient aucun moyen de propagande : ces moyens, il faut le dire, étaient fort restreints au moyen âge. 11 importe de ne pas s'en faire une idée fausse. D'abord les réformateurs protestants- ne pouvaient pas, comme le clergé catholique, écrire des recueils de leur doctrine, et publier

1. Philosophes même; il n'y a pas en Europe de philosophes sceptiques au commencement du douzième siècle.

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