‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 31 sur 176 · Guatlag^nini, /. c, page IG · texte numérisé non relu

Guatlag^nini, /. c, page IG

3. RICXXXU. hmocentiiis papa linxiam veuit, et ejecit Villiunum de episcopntu. On ne sait pas exactement (piello en fut la raison. Mais on pense qu'il avait juis parti pour Anaclet contre Innocent. {Cron*co Birsciaiio.) V. Landulph., Uid. med., cap. x.\x. — Vitl. Malvezzi.

4. Elle condamna la simonie et le concubinage. {Guaday., p. 18.)

punit sévèrement quelques prêtres simoniaques et concubinaires, et supprima leurs bénéfices sans avis préalable. «■ Le remède, dit Guadagnini, ne fut pas seulement inutile, mais ruineux. Les clercs dissolus, qui se trouvaient les plus puissants de la cité, excitèrent une terrible révolte contre l'évêque et contre les consuls, en s'écriant dans leurs déclamations (ce qui était croyable) que l'évêque et les consuls procédaient tyranniquement ; qu'ils violaient les usages établis depuis un temps immémorial non-seulement à Brescia, mais dans toute la Lombardie, même dans toute la chrétienté; qu'ils agissaient non par un véritable amour pour la discipline, puisque l'évêque était monté sur son siège par des moyens peu plausibles, mais celui-ci pour se faire valoir à Rome, ceux-là pour avilir et mortifier la noblesse odieuse au peuple. Par là il leur fut facile d'attirer à leur parti non-seulement tous leurs parents et ceux de leurs prétendues femmes, mais encore leurs vassaux, arimans et dépendants, et, dans leur fureur, de chasser de la cité l'évêque et les consuls*. » — Le pape Innocent, qui tenait à Manfred, le fit rétablir sur son siège épiscopal. Non-seulement l'évêque se réconcilia avec les nobles, mais il se mit à la tête de leur parti, et recommença à défendre son pouvoir temporel, que le peuple continua d'attaquer par tous les moyens, soit en nommant des consuls défavorables à Manfred, soit en demandant la réforme des mœurs qu'il semblait oublier.

Où en était cette querelle entre le peuple et l'évêque au moment de l'arrivée d'Arnauld? C'est ce qu'on

1 Guadagnini, p. 19. (Voir aux Pièces justificatives.)

— fit) —

ignore absolument. Les sources consultées par Guadagnini sur l'histoire de Brescia ne prononcent pas une seule fois le nom du réformateur*. Olhon, Gunther et saini Bernard nous disent seuls en quelques mots qu'Arnauld fut mêlé aux événements politiques de son pays. On ne peut que faire des conjectures sans donnei' de date précise. (Junther l'accuse d'avoir soulevé sa patrie et « plusieurs autres cités» \ La vie d'Arnauld est assez connue à partir du concile de Latran (1 139), pour qu'on puisse affirmer que, s'il a répandu sa doctrine en Lombardie, ce fut à une époque antérieure, et probablement avant son arrivée à Brescia. Sans doute, après avoir quitté son maître, il traversa la Lombardie et prêcha la réforme à l'abri du mouvement libéral*. On ne peut savoir s^il a été mêlé à la révolte des clercs et des nobles contre l'évèque, mais c'est fort improbable. Les deux partis avaient également tort; Arnauld n'aurait pu que les blâmer tous deux. C'est plutôt vers l'année 1136, à l'époque où Manfred dirigeait le parti aristocratique, et tandis que le peuple s'était déclaré ouvertement contre lui, qu'Arnauld revint à Brescia''. Le peuple, un moment découragé parle retour de Manfred, qu'il savait attaché aux anciens privilèges par les liens solides de l'intérêt, accueillit Arnauld comme le salut. Le Bres-

1. Ce serait à taire douter de raulhenticiti' des laits cités par (îuadagnini. Mais, nous l'avons dit, ce qui est incontestable, c'est l'esprit de la lutte. Le rôle que les contemporains prêtent à Arnauld en est la meilleure preuve.

2. A partir de cette époque jusqu'au concile de Sens, Guadagnini luimême entre dans les conjectures et ne cite aucune source.

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