Gunt., Ligur
4. De 1130 il H3.'i environ. — Jean de Salisbury ne semble pas avoir connu Arnauld pendant son séjour en France auprès d'Abélard en 113G.
fj. Lô rôle que lui prêtent ses biographes l'indique sut'tisaniment.
cian , déjà célèbre, précédé par une réputation de vertu qui faisait rougir l'évêque lui-même, venait en effet bien à propos exprimer publiquement ce que le peuple disait tout bas depuis plusieurs années , ce peuple toujours opprimé, dans le sein duquel régnait une misère profonde, vainement combattue par le travail, pendant que le clergé s'endormait sans fatigue au milieu d'un luxe simoniaque, et que les charges publiques tombaient aux mains de nobles incapables. — Toutes les plaies sociales, toutes les hontes de l'Église, Arnauld venait les dévoiler avec une énergie et une autorité incomparables.
Doué d'une éloquence persuasive^ attestée par Othon* et saint Bernard^ eux-mêmes, également versé dans la littérature sacrée et dans les lettres profanes, entraînant avec la même puissance jeunes et vieux, riches et pauvres, gens de distinction et de basse condition, poussant l'austérité jusqu'à faire dire à l'austère Bernard : « C'est un homme qui ne mange ni ne boit^ », tel était le champion qui surgissait tout à coup pour défendre seul une cause perdue et tenter la réforme demandée par saint Bernard; car ces deux hommes célèbres, grands, éloquents, austères, vertueux, qui devaient si peu s'entendre, poussés par l'évidence, se rencontraient au point de départ. Écou-
1. « Ce n'était pas un homme d'une nature ordinaire, mais il était moins riche par le nombre des pensées que par celui des paroles qui coulaient avec abondance. » (Ott. Fris., de gest. Frid., lib. U, cap. xx.)
2. «Sa langue est un glaive aigu; ses paroles sont plus douces que l'huile, et en réalité ce sont des dards. » (S. Bern., epist. 195.) — Et ailleurs : « Arnauld de lirescia, dont la conversation est du miel... » (epist. 196). Gunther dit : « Il trompait les ignorants par ses éloquents discours. ))