In serm. VI. Tome III, éd. Mabillou
2. S. Bern. in seriin. XXXIII. Sur le cantique des cantiques. — On lit dans l'opuscule intitulé : Apulogin aii Guilhhnmn abhatem Cluniacensem, ce curieux passage : a Quand tu veux acheter un simple manteau, tu vi- <( sites aussitôt plusieurs villes, tu lais le tour îles places publiques; tu pai"- (I cours les foire.-;, lu fouilles les maisons des marchands, et tu retournes (( leur magasin; tu déroules des ballots tout entiers; tu tàtes le drap avec « le doiprt, tu le mets devant tes yeux en te tournant vers le soleil; tu le (( rejettes, s'il est gros et de couleur terne, et tu acln'les ii tout prix celui « qui te plaît pour sa finesse et son éclat. »
pensons pas, et pour bien des raisons. — Apres avoir lu et commenté attentivement les contemporains, Gunther, Otlion et saint Bernard, nous nous sommes adressé cette question à laquelle il était facile de répondre : Est-ce en France qu'Arnauld se fit moine? Non évidemment, cela est prouvé. Eh bien, si Arnauld n'était pas moine pendant son séjour en France, selon nous il ne l'a jamais été.
D'après Francke ' et d'autres historiens^, qui, sans chercher l'esprit des textes, s'en sont tenus à la lettre, il se serait fait moine à son retour en Italie. Ils citent Othon et Gunther à l'appui de leur assertion. L'un a dit : « Revenu en Italie de la France où il avait étudié, il revêtit l'habit religieux afin de mieux tromper^; » l'autre : « Rendu à la terre natale, il prit l'extérieur d'un sage\ » Est-ce là affirmer explicitement qu'Arnauld
1. « Mais, s'il voulait apparaître comme docteur du peuple, il fallait, pour trouver accès auprès de lui, qu'il revêtit, selon les mœurs du temps^ le costume ecclésiastique. // se fit donc moine... » (H. Francke, p. 82 )
2. V. Duruy {Histoire du moyen âge., p. 176). — Zeller {Histoire d'Italie, p. 159). — César Cantù qui a écrit ces mots dans son Histoire des Italiens : « Arnauld l'ut d'abord soldat, puis moine, » etc., et au dix-huitième siècle, Guadagiiini. Celui-ci, après avoir rappelé la vie frugale que menaient les disciples d'Abélard sur les bords de FArduzon, ajoute : «Il est bien naturel « de penser que cette vie de moines fervents inspira à Arnauld l'amour de « la vie monastique. En efi'et, une fois de retour dans sa patrie, quand ses « études fuKcnt terminées, il se fit moine dans un de nos monastères; mais « on ne sait dans lequel il fut reçu. C'est là un indice qui montre, selon « toute vraisemblance, qu'en général la discipline n'était pas tombée dans « les monastères de Brescia. ou du moins que le pénitent en trouva un tout « à fait propre à ses pieux desseins. Cela me semble d'autant plus vrai- « semblable qu'ayant été longtemps à l'école d'Abi'iard, l'expérience du « maître, qui ne trouva de repos ni à Saint-Denys ni à Rhuys, lui avait « appris avec quelle circonspection il devait choisir le monastère où il vou- « lait passer sa vie. {Guadagnini, p. 10.)
3. Ott. Frising., de gest. Frid. Il , 20. « // prit l'habit religieux, .traduisez comme Gunther : // prit l'extérieur d'un sage. »