Saint Bernard. Epist
2. Les ennemis d'Arnauld n'obtinrent pas môme ce décret de bannissement.
3. L'erreur de Pagi vient de ce qu'il a considéré Arnauld comme disciple de Pierre de Bruis. C'est aussi l'opinion de Du Boulay, acceptée par les protestants, empressés de mettre encore ce grand homme k la tète de leur réforme. — « Eodem anuo lunocentius concilium in Laterano celebravit, ad ([uod delata est Arnoldi Bri,\iensis ha'rcsis, qui magistros quondam .suos Petrum de Bruis et Petrum Aba'Iardum in exemplis perversitatis imitatus, jam a pluriljus annis plurima spargebat in vulgus lui'retica dogmata, caluniniosa et ecclesiasticie pacisperturbativa. » (BM/a,'MS, L'«. Par., U, p. 155.)
Michclet nous dit d'après Uu Boulay : « Il avait eu aussi pour maître Pierre de Bruis. » (llùtoire Je Frunce, t. U,cliap. v.)
outre, qu'il ne pense pas bien sur l'Eucharistie et sur le baptême des entants. » D'après cette phrase, quelques historiens ont affirmé qu'ArnauId était désigné par ce vingt-troisième canon du concile. Mais nous avons vu plus haut ce qu'il faut penser de cet « on dit » . C'est une petite perfidie de l'évêque de Freisingen, qui n'affirme rien d'ailleurs. Il faut toujours en revenir aux citations de saint Bernard, celles-là trèsexplicites et affirmatives.
Ainsi donc l'évêque Manfred, à la place de l'éclat qu'il avait espéré, n'obtint du pape que l'ordre d'imposer silence à Arnauld. Cette sentence même n'eut rien de régulier, puisque l'accusé ne fut point appelé à se défendre. Cependant Manfred tira habilement parti des circonstances ; il exagéra si bien l'horreur causée à Rome par les doctrines d' Arnauld, que celuici perdit beaucoup de partisans parmi le peuple, superstitieux, léger et ignorant à Brescia, comme ailleurs '.
Arnauld quitta-t-il l'Italie en apprenant la décision du pape, qui venait de prêter tant de force à la haine de Manfred, ou ne le fit-il que parce qu'il y fut forcé? Gunther semble dire qu'il prévint les mesures hostiles : « Arnauld , épouvanté et troublé par d'affreux remords, quitta précipitamment sa ville natale, et, franchissant les Alpes"..., etc. » — Othon dit aussi : « Ainsi cet homme, fuyant de l'Italie, se rendit audelà des Alpes ^ »
Il est vrai que les expressions du poëte Gunther
4, V. Guadagnini, Vita (VAmaldo.