Ibid., page
que tous les pécheurs de la terre tombent dans les rets de cet homme '. »
Sur ces entrefaites, la théologie de Pierre Abélard tomba entre les mains du moine Guillaume de Saint- Thierry. Le titre excita sa curiosité; il la lut, y releva de nombreuses erreurs ; et, plein d'inquiétude et d'indignation, abandonnant ses travaux, il s'empressa de signaler le livre dangereux à la vigilance de saint Bernard et de Geoffroy, évêque de Ghartres.
(( Dans celte lettre que le temps a respectée, Guillaume, tout en leur demandant presque pardon de les troubler, gourmande respectueusement leur quiétude, et décrit dans un langage animé et le danger pressant qui le force à parler et les poignantes inquiétudes qu'il éprouve. La foi des apôtres et des martyrs est menacée, et nul ne résiste^ nul ne parle. W souffre, il se consume, il frissonne, et cependant Pierre Abélard recommence à dire, à écrire ses nouveautés; ses doctrines courent le royaume et les provinces ; ses livres passent les mers; chose plus grave, ils ont franchi les Alpes, et l'on dit qu'ils ont obtenu de l'autorité en cour de Rome. Ainsi le mal se propage et bientôt envahira tout, si Bernard et Geoffroy n'y mettent un terme ^. »
Suivait une dissertation sur treize articles condamnables qu'il soumettait à la sagesse de saint Bernard et de GeotVroy^ Celui-ci était alors légat du Saint- Siège dans les Gaules. Pour saint Bernard, après avoir servi d'arbitre entre deux papes et fait cesser le schisme