Sanct. Bern. epist
3. Gunth. Ligur., III, 34:3. On ne peut confondre Arnauld de Brescia avec les réformateurs du même nom qui vécurent au douzième siècle. Voici une note de H. Francke à ce sujet, ^ous la citerons tout entière en taisant toutefois cette réserve que l'Arnolphus de Platina et de Tritbeim est certainement Arnauld de Brescia. « Sous Honorius 11, qui régna de 1121 à 1130, un certain Arnauld lut mis à mort à Rome, en 1128, par le clergé ù cause de ses hardies prédications. Platina in vila llunorii. — Tritheim {Chron. d'Hh sauge, ad ann. 1128, p. 1j7, éd. Basil.) raconte la môme chose, et ajoute que cet Arnauld fut saisi secrètement pendant la nuit et noyé dans le Tibre. Léger (1, p. 152) fait de lui. Dieu sait d'après quelle source, un archevêque de Lyon. — Un second prédicateur moraliste du même nom, et tout aussi hardi, fut un des principaux adhérents de Pierre Yaldo, de Lyon. Cet Arnauld porte le surnom de Mot. — (Perrin. Uist. des Vaudois, chap. III, p. 8. Édii. Gen., 1018.) Il se sépara de son maître et devint à Albi un des priucipau,\ chefs des Albigeois ou Vaudois; mais.
en quelle année naquit Arnauld? Les contemporains se taisent sur ce point, et nous sommes réduit à des conjectures. Les Brescians eux-mêmes, qui songent aujourd'hui à élever une statue à leur illustre compatriote, ne nous disent absolument rien sur la date de sa naissance. Guadagnini * suppose qu'il naquit vers l'an 1105; les raisons dont il appuie son hypothèse font sourire : « Il mourut à Rome en 1153, dit son apologiste, vraisemblablement dans la cinquantième année de son âge ; car je ne vois aucun de ses adversaires lui reprocher la fougue du jeune homme ou le délire du vieillard, alors qu'à Rome il lutta avec tant de fermeté contre le formidable parti des papes. Le rôle qu'il joua à Brescia dans la révolte des habitants contre l'évêque Maifredo en l'année 1138, et dans le concile de Sens en 1140, prouve qu'il devait avoir au moins trente ans quand il parut en France. Supposons qu'il avait quarante-cinq ans,
par crainte de Tévêque, il s'enfuit en Belgique auprès de ses coreligionnaires. (Thuani Hist. univ., lib. VI). — Léger {Hist. générale des Églises vaudoises. Tom. 1, chap. xxv). Pierre Valdo, chassé de Lyon, se retira es Pais-Bas; il eut un grand nombre de sectateurs en Picardie. Il vint ensuite à Cologne, disputa contre l'abbé Ecbert de Schonau, et, le S août 1163, fut brûlé dans cette ville avec un grand nombre d'adhérents des deux sexes. (Trith. Chron. d'Hirs., p. 193). — Ecbertus, Serm. Vllf, adv.
Calharos. — Ceesar. Heisterbach. Dial. de mir. et vision, œvi sui, V, 19.
Godoirid. Colon, ad h. a.) »
« Un troisième contemporain d'Arnauld de Brescia, et qui eut le même sort que lui, fut un certain Arnauld, qui vint de France en Espagne et là, vraisemblablement comme professeur, attaqua les écrits théologiques de saint Augustin, de saint Jérôme et de saint Bernard.... » (H. Francke p. 12 et 13.)
Voir aussi la thèse de Schnitzlinus. (Schnitzlini de Arnoldo Brixiensi dissertatio praeside Kselero. Gœtting., 1742.)
1. L'abbé Guadagnini écrivit une apologie d'Arnauld (Pavie, 1790). Le second volume contient la vie d'Arnauld (40 pages), qui sert d'introduction au drame de Nicolini.
lorsqu'il était à Rome : de lloO à H 55, année de sa mort, il s'est écoulé cinq ans, qui, ajoutés à quarante-cinq, font justement cinquante*. »
S'il faut renoncer à fixer d'une manière précise la date de la naissance d'Arnauld, on peut affirmer qu'il naquit vers la fin du onzième siècle ou au commencement du douzième. Cette assertion sera confirmée, lorsque nous chercherons à déterminer l'époque où il vint en France suivre les leçons d'Abélard. Plusieurs savants attribuent à sa famille une origine allemande. H. Francke fonde son opinion sur l'étymologiedu mot Arnold'-. En 1742, Schnitzlinus, dans une thèse soutenue par devant Kôler, avait dit: « Le nom d'Arnold est teutonique^ », et déployé beaucoup d'érudition pour en donner la preuve. Rien de plus commun d'ailleurs que ces noms allemands dans un pays où l'on ne parlait absolument ni le latin ni l'allemand, mais uu patois où se confondaient les deux langues et qui n'était pas encore l'italien. Cela n'empêchait pas sa famille d'être originaire d'Italie.
Si l'on en croit Faino\ écrivain de Brescia, Arnauld fut « de race noble » : mais il ne nous dit pas où il a puisé ce renseignement. Ce qu'on peut seulement affirmer, c'est que sa famille n'était pas dénuée de ressources.