‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 59 sur 176 · Sanct . Ber n . , epist . 1 OG · texte numérisé non relu

Sanct . Ber n . , epist . 1 OG

'2. Saint Bernard oublie iiu'il vient de dire à IVvêque Hennann : « Poni-

dieuse parenthèse) vous avez cet homme auprès de vous.... c'est ou qu'il vous est mal connu, ou bien que (ce qui est plus croyable) vous avez foi en sa conversion. Et plaise à Dieu que vous ne vous trompiez point! » Mais bientôt il cite les paroles de l'Écriture qui dit : « Évite l'hérétique après une et deux réprimandes. » Il termine en assurant le légat qu'il ne doute pas de la conduite qu'il va tenir, maintenant qu'il est averti.

Quel effet produisit cette lettre ', voilà la question difficile à résoudre. Nous aurions besoin de savoir une foule de choses que nous ignorons; d'abord si Guido était bien légat en France (comme l'affirment Baronius et Etienne Borgia), et par conséquent le supérieur de saint Bernard dans l'Église ; ensuite quel degré d'influence^l avait à la cour de Rome, et auprès des cardinaux, qui peu après relevèrent au Pontificat. 11 semble par les récils postérieurs que Guido obtint facilement pour son ami le droit de vivre en paix dans le diocèse de Constance. Peut-être parvintil à rassurer l'évêque Hermann sur les suites de cette indulgence ^

un douter qne vous sachiez ce qui se passe auprès de vous, lors(iue ces choses sont parvenues jusqu'à nous, quoique si éloignés? »

1. Guiiliman prétend, d'après une phrase mal comprise de saint Bernard, que celui-ci ne faisait que répondre à des lettres écrites par Hermann et Guido, où ceux-ci louaient l'austérité et l'abnégation d'Arnauld. Cette hypothèse n'est pas fondée. (Fr. Guill., de rébus Helv., lib, V, [.. 343. Friburgi, 1598.)

2. Elle devait être grande. On en peut juger par la phrase de saint Bernard : « Puisqu'il a la volonté et l'art de nuire, s'il y ajoute votre faveur, il aura un triple lien que l'on rompt difficilement, destiné, je le crains bien, à nuire outre mesure. »

3. Si Guido était Légat en Germanie, la tolérance de I cvéque llerinaiiii fierait facile à e.\pli(iuer.

Au reste, si Arnauld resta cinq années en Suisse, comme le pense le chroniqueur Tschudi', ce séjour prolongé ne nuisit en rien aux ailaires de l'évêque, puisqu'il garda la mitre jusqu'en 1160. Francke affirme sans scrupule que les Zurichois offrirent une chaire puhlique à Arnauld de Brescia-, comme au\ savants ou aux théologiens étrangers, qui venaient alors quelquefois dans la ville. Cette opinion, toute dénuée de fondement qu'elle paraisse au premier abord, expliquerait assez bien ces paroles de Gùnther : « Et là, dans une ville d'Allemagne, Turego, prenant les fonctions de docteur, il sema en quelques jours le dogme pernicieux ^ » Peut-être Zurich étaitelle assez indépendante pour assumer la responsabilité de ce choix libéral ^, et protéger Arnauld contre les attaques étrangères. Peut-être l'évêque manquait-il d'un parti suffisant pour l'expulser, ou mieux encore avait-il subi l'influence du légat, au point de fermer complètement les yeux sur les actions du réformateur. C'est vraiment un fait curieux que l'amitié et la tolérance de ce futur Pape pour un homme que saint Bernard réprouvait énergiquement.

H. Francke rapporte encore un fait qui n'est pas dénué de vraisemblance, mais que ne confirme aucun témoignage contemporain. D'après lui Arnauld aurait pris le nom de Leemann " pour mieux dissimuler son

Il Kt cela nous parait vraisemblable. Il serait curieux de savoir s'il a eu d'autres sources qu'Othouj Gunther et saint licrnard.

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