mit.. A/y., III
Il nous reste à jeter un coup d'œil sur la ville de Zurich^ tout en cherchant de nouvelles preuves du long séjour qu'y fit Arnauld, et des conséquences qui en résultèrent.
« La position de Zurich était telle que les nations devaient souhaiter sa prospérité, et que chaque progrès de l'Allemagne était un bonheur pour Zurich. Elle formait une capitale du commerce; de là les gouverneurs impériaux protégeaient la sûreté des routes commerciales par terre et par eau, du Curwalchen au Rhin, et les entretenaient en bon état : elle fournissait les cantons voisins de sel, de vin d'Allemagne, et de harengs de la mer du Nord; on y échangeait le fer du nord contre les fruits méridionaux. Une infinité de villes reçurent de Zurich les premiers échantillons de l'industrie des tisserands italiens -. »
Gunther a dit aussi :
« Nobile Turregum, multarum copia rerum K »
On le voit, Zurich était florissante, et la bourgeoisie, acquérant chaque jour plus d'importance par ses richesses (cette première condition d'indépendance),
1. On sait que la Suisse était devenue province immédiate de l'Empire en 930; elle avait un gouverneur, mais celui-ci ne l'était guère que de nom ; car la noblesse helvétique conserva toujours son indépendance. C'est elle qui occupait les places avec le haut clergé, et remplissait les charges importantes. Elle fut longtemps en antagonisme avec la bourgeoisie. Celleci, riche et bientôt influente, finit par secouer le jouy féodal. Au douzième siècle, les villes suisses, quoique soumises encore à ce régime, accusaient déjà une robuste personnalité, si l'on peut ainsi parler. Elles comptaient par leur commerce, par leurs richesses et par l'esprit libéral, qui les affranchit peu à peu des empereurs d'Allemagne. Zurich est la première qui fut érigée ville libre impériale (1218).
2. V. J. de Mûller. Histoire de la Suisse, 1, 391. (Trad. par MM. Monnard et L. Vuillemin.)