V. H. Francke, pages 138 et
2. Un autre fait important prouverait encore, d'après Francke, l'influence d'Arnauld en Suisse. « Celui-ci, dit-il (p. 179), avait tellement gagné le peuple à ses plans de liberté qu'il put lever, pour les l'aire réussir à Rome, une petite armée de Suisses. Avec eux il franchit les Alpes.» ici l'autorité de Fraiicke est i^Iiiiler. Nous verrons plus loin (U* partie) que l'assertion de Muller ne repose sur auciui fondement L'illustre historien ne nous paraît pas plus digne de foi, lorsqu'il fait d'Arnauld un zélé partisan de la doctrine mystique, (Voir Muller. Histoire de i a Suisse. Tome I, pp. 392 et suiv.)
poison, et trop attachée à la doctrine de son faux prophète, conserve encore le goût de la grappe paternelle. »
Mais ce qui est incontestable, c'est l'esprit d'indépendance qui régna toujours après lui en Helvétie et à Zurich, la première des villes suisses, qui fut déclarée ville libre impériale ; c'est cet esprit de protestantisme qui y jeta dès lors de fécondes racines. Les idées de libre examen germaient facilement dans cette terre du bon sens et de la raison, tandis que la catholique Italie respectait avec ténacité le vieux culte des Papes, que devaient pourtant lui faire maudire les abus et les excès du pouvoir temporel.
Arnauld fut certes le précurseur des nobles héros du Grutli; et son souvenir provoqua bien des actes d'indépendance religieuse et politique depuis Guillaume Tell jusqu'à ZvNingle '.
i. Beaucoup d'écrivains alleuiaiuls ont considéré la réforme de Zwingle comme une continuation de celle qu'Arnauld avait commencée en Suisse. Parmi ces écrivains on distingue Guilliimm et Boilmer. Ce dernier était Zurichois, et a comjjosé deu\ drames sur Arnauld : Arnauld de Brescia à Zunch e\ Arnauld de Brescia à Home. C'était, lui aussi, un libre penseur; et nous ne pouvons nous empêcher de citer ici une phrase d'une lettre au pasteur de Kûssnacht : « Arnauld (dit-il) ne mérUe-t-il pas de tous les amis de la vérité un impérissable éloge pour s'être abstenu d'affecter des airs de saint, de fabricant de miracles, de magicien, à une époque où il eût été si facile de conquérir ainsi dans l'imagination des liotnmes la réputation d'un saint ou d'un nécromard ? «
SECONDE PARTIE