Ott. Fris., Chron.,y
'i. Baronius dit (manuscrit du Vatican) : « Agissant en homme prudent et courageux, après avoir tenu conseil avec les fidèles de l'Église, Lucius obligea les sénateurs (qui malgré la défense de ses prédécesseurs étaient montés an Gapitole) à abjurer le Sénat. » Cependant « c'est à partir de cette année (ajoute Baronius lui-même) que les sénateurs comptèrentde la restauration du Sénat. » Les documents publics le prouvent. Si ces deux faits sont arrivés, le second prouve que les succès des Papes étaient bien éphémères.
élection. « Nous avons consenti fdit-il) à une entrevue avec le roi de Sicile : n'ayant pu faire avec lui une paix solide pour la gloire de Dieu et de son Église , nous avons cependant du céder à ses instances et à la contrainte, et avons signé une trêve avec ce prince '. » L'alliance de Roger n'effraya point les nouveaux républicains, il semble au contraire qu'elle mit le comble à la fureur populaire. Le Sénat résolut de poursuivre sans merci les derniers partisans du Pape. Il en comptait encore dans les premières familles de Rome; les Frangipani et les frères du patrice Giordano ' lui étaient fidèles et ne reculaient pas devant le nombre. Ils furent bientôt attaqués par le parti républicain. Mais écoutons-le lui-même : « Nous observons paix et justice envers ceux qui les désirent. Quant aux forteresses, je veux dire les tours et les demeures des puissants de Rome, qui s'apprêtaient à repousser votre empire de concert avec le Sicilien et le Pape, nous les avons prises ^ : nous en gardons une partie sous votre obéissance; d'autres, détruites de nos mains, gisent sur le sol. Mais en haine de ce que nous faisons par attachement pour vous, le Pape, les Frangipani, les iils de Pierre de Léon, et les amis du Sicilien (excepté notre Giordano, votre défenseur et porte-enseigne dévoué), TolonicBus même et bien d'autres encore nous assaillent de toutes parts, pour que nous ne puissions libre-
1. «Ad colloquium régis Siciliie condescendiniiis : et i|iiia ad honorem Dei et Ecclesiœ suie firmam pacem cnm co focere non potuimus : instanli lamen ipsiiis violenlia nos cogente, treugain cum eo coniposuimus. » (Episl. Luciidilecto tilio Pet.Cluniac.)-V. pour le mot Treuga, Du Gange (Gioss., VI, tioU). Cette lettre est datée du 10 des calendes d'octobre.