Ils ne furent pas toujours aussi scrupuleux
églises sur les ruiidatiuiis d'un ciiqui: ou d'une forteresse. Témoin la vieille Basilique de Saint-Pierre, c'onstruite sur le Cirque de Néron. Il est probable que dans la première elfervescence, — n'y a-t-il pas toujours des gens de zèle pour accomplir ces choses? — il est probable que beaucoup de temples furent démolis, et il est certain que les plus vieux et les plus maltraités fournirent des matériaux aux églises qui s'élevaient. Les autres monuments d'un entretien coûteux s'acheminaient vers leur ruine dans Rome dépeuplée et appauvrie '.
Quant à ces dieux proscrits, j'ai peine à croire que leurs statues d'or et d'argent restèrent debout au fond des sanctuaires. Le pillage fut dès lors organisé, peutêtre secrètement ; mais ce n'est pas Constantin, — qui devait toujours manquer d'argent pour mettre en mouvement son énorme machine administrative, et entretenir ses deux capitales, — ce n'est pas Constantin qui abandonna cette mine; et d'ailleurs c'était chose sainte que de sacritler des idoles au vrai Dieu. Il fit sans doute emporter les plus riches, en livra quelques-unes à la colère des chrétiens, et oublia les autres dans les temples fermés. On les gardait pour les Barbares : Luyete, o Vénères Cupùlinesque !
La tentative de Julien n'arrêta qu'un instant la destruction. Cette pauvre Rome, encore païenne dans l'àme, se rattachait au culte des dieux ^, quand Théodose vint à Rome et le proscrivit de nouveau avec un acharnement sans pareil. Les tenq^les fermés s'étaient ouverts,
1. On ne peut calculer le nombre des Romains ijui suivirent Constaniiu à B^zance : ce dut être une prodigieuse éinig:ralion.