Voir Gibbon et Ampère
on utVruit aux dieux des saciilices; la réactiuu causa la ruine de plus d'un temple épargné sous Constantin '. Ce fut le coup de grâce du paganisme.
Bien qu'absents de Rome, les empereurs ne voulaient pas la laisser s'écrouler et tomber tout à fait. Les préfets, paraît-il, recevaient quelquefois l'ordre de restaurer les monuments. C'est ainsi qu'un certain Prétextatus - probablement sous Julien — entreprit de relever tous les temples de la ville. Ce projet est lui-même une preuve de ce qu'ils étaient devenus.
Pendant son séjour à Rome, Honorius habita encore le palais du Palatin, qui devait traverser l'invasion à peu près intact.
Alaric donne enfin le signal (410), et voici que se précipitent dans Rome Goths, Vandales, Hérules. Le vieux préjugé qui nous montrait ces nations se ruant sur les cités pour le plaisir de détruire, en haine de la civilisation, est depuis longtemps déraciné. On sait ce qu'il faut penser de leur fureur dévastatrice et du Tibre où ils auraient précipité tant de richesses. Ils n'avaient certainement aucun intérêt à jeter par terre les beaux monuments de Rome, besogne longue et difticile. C'eût été compromettre leur butin, et perdre un temps précieux ; beaucoup d'objets d'or et d'argent pouvaient d'ailleurs périr dans les ruines. C'est sans doute la raison qui les empêcha presque toujours d'allumer l'incendie. — Cependant il faut avouer qu'ils laissèrent à Rome de cruelles traces de leur passage. Alaric, qui ne resta que six jours au plus
1. Cet empereur avait fait réparer le temple de la Concorde, au commencement de son règne, lorsqu'il hésitait encore sur sa grande résolution politique.
dans la ville, eut le temps de brûler quelques éditices, (le saccager les jardins de Salluste et le Cotisée. Ses soldats emportèrent tout ce qu'il l'ut possible de transporter, et les Romains fondirent leurs statues de bronze' pour payer à Alaric la rançon de leur vie.
Genséric (455) pilla Rome pendant quatorze jours; mais l'incendie ne fut nulle part allumé. Les Vandales embarquèrent sur leurs vaisseaux amarrés dans le port d'Ostie ce (jui avait échappé à la cupidité des Goths d' Alaric.
Depuis lors jusqu'à la chute de l'Empire, c'est-àdire pendant vingt ans, l'anarchie, la dépopulation e( la misère ne lirent qu'augmenter à Rome. Odoacre, après l'avoir dévastée à son tour, ne daigne pas l'habiter. — Puis vient Théodoric (493), ce barbare qui jouait au monarque civilisé. La beauté de Rome l'élonna. 11 voulut, lui aussi, habiter le palais des Césars, et prit deux cents livres sur l'impôt du vin pour le faire restaurer. Ce Goth, plus sage que les Romains, ordonnait d'abattre les arbustes, qui, croissant sur les anciens éditices, pouvaient en hâter la destruction. Cela prouve, pour le dire en passant, que les plantes sauvages envahissaient déjà les monuments déserts.
Totila prit Rome, et la pilla en 540. 11 voulait raser la ville; mais un chef franc lui fit honte de celte barbarie, et il releva lui-même une partie des murs ren- -sersés. L'énergique défense de Narsès, quand Tolila et Viligès assiégèrent Rome pour la seconde fois, causa la destruction de plusieurs statues oubliées dans les [)récédents pillages. Du haut du mole d'Adrien, de-
1. A défaut d'or et d'argent. On se souvient qu'Alaric doiuandait aOOO livres pesant d'or et 30,000 livres pesant d'arpent.
venue la forteresse de Rome, les soldats grecs jetèrent sur les assaillants, en guise de projectiles, les belles statues qui ornaient le splendide mausolée.
Les Barbares partis, Rome capitale d'un petit duché, relevant de l'exarchat de Ravenne, abandonnée aux vexations des lieutenants des Empereurs grecs, et bientôt menacée par les Lombards, n'eut dès lors d'autre recours que la proteclion des Papes. Elle se délabrait chaque jour un peu plus ^ — Les aqueducs avaient été coupés; et, attirés vers le Tibre, les Romains descendirent dans le champ de Mars. C'est alors probablement que l'on vit pour la première fois de barbares constructions s'ajouter aux temples et aux portiques, qui embellissaient ce lieu, oii il n'avait jamais été permis de bâtir. — Nous les retrouverons au douzième siècle, et bientôt il n'y aura plus un arc de triomphe ou une colonnade antique sur lesquels on n'ait greffé, parfois même au milieu de sa belle façade, quelque hideux appendice-. Chose singulière, c'est justement à cette époque (552), vers le milieu du sixième siècle, que plusieurs historiens font remonter une description de Rome, qui nous paraît un conte fabuleux. Nous l'aurions passée sous silence, si Ampère, critique judicieux, n'avait cherché à prouver son exactitude. — Il suffit de citer quelques-uns des chiffres donnés par l'auteur, un certain Zacharia^, pour que l'on soit aussitôt convaincu de l'absurdité de son récit. Au temps où il écrivait, il y aurait eu à Rome
1. Les règlements de voirie qui regardaient la police des rues étaient depuis longtemps tombés en désuétude.
V. dans Piranesi (planche XVII) le monument de la conduite des eaux de VAqua Claudia et de VAnio novus.