TOME XXVIII
XIVe SIÈCLE.
roi Robert. Mais est-il bien certain qu’il soit l’auteur de l’un et de l’autre ?
LXXXVIII. Abbreviatio libri Prognosdcorum. Tomasini donne ce titre d’après un manuscrit autrefois possédé par François Pétrarque, et Antonio, qui le reproduit, suppose avec raison qu’il désigne un abrégé des Pronostics d’Hippocrate. Nous avons cet opuscule avec le nom d’Arnauld, mais sous un titre différent, dans le n° 7292 (fol. 287) de la Bibliothèque nationale. Il est intitulé, dans ce manuscrit : Astrologia, et commence par ces mots : Sapientissimus Hippocras, omnium medicorum perfeclissimus , ait. Deux autres copies Bandini, Caiai. sont citées par Bandini dans ses Catalogues, mais sans au-
cod. lat. bihl. Lan- d ,
rent., t. ii, col. 33. cun nom d auteur.
— Idem. bibl. Léo
P°ld’ u’ ol' "s- LXXXIX. Modus vivendi compositus per mag. Arnaldum de Villanova; commençant par : Mense Mardi, dulce manduca, dulce bibe. Dans le n° 4 1 47 (fol. 1 1 5) de la Bibliothèque nationale. Ce sont des prescriptions hygiéniques pour chaque mois de l’année. Sont-elles vraiment d’Arnauld? Il est assurément permis d’en douter. L’affaire n’a, d’ailleurs, aucune importance. L’ensemble de ces prescriptions n’occupe pas même une page entière dans le manuscrit que nous venons de désigner.
XC. Medicina Hermeds; cité dans les Catalogues d’Angleterre et d’Irlande, t. II, impartie, n° 7677. Ce titre manque de clarté. Désigne-t-il une traduction ou un livre original? Il nous est, d’ailleurs, difficile de croire qu’Arnauld soit l’auteur de cette traduction ou de ce livre, dont nous n’avons découvert aucune autre mention.
XCI. Medicamina. Ce titre nous est fourni par Antonio, qui l’a tiré sans doute de quelque catalogue. Comme il peut convenir à plusieurs des écrits précédemment cités, nous le reproduisons avec beaucoup de défiance. C’est peutêtre Y Anddotarium (n° XXXVI). On peut néanmoins suppo-
ser qu’il s’agit d’un ouvrage tout différent et que nous n’avons pas encore mentionné, n’en ayant rencontré le texte latin ni dans les imprimés ni dans les manuscrits. Cet ouvrage, dont nous ne connaissons qu’une version hébraïque, est ainsi désigné par le Catalogue des manuscrits hébreux de la Bibliothèque nationale, sous les nos 1 o54 et 1128: Traité sur les médicaments digestifs et purgatifs, tant simples que composés, par Arnauld de Villeneuve, traduit du latin en hébreu par R. Abraham Abigdor, en 1 3 8 1 ; et voici, en français, les premiers mots de cette version hébraïque :
«Ainsi parle le médecin, le sage, l’illustre maître Arnauld « de Villeneuve : J’ai été prié par mes amis, par mes parents « et par mes compagnons de faire pour eux un court traité «concernant les médicaments purgatifs et digestifs, tant «simples que composés, et, leur demande m’ayant paru « convenable et acceptable, j’ai rédigé ce traité. » Si donc ce traité n’est pas d’ Arnauld de Villeneuve, il est, soit en latin, soit en hébreu, d’un imposteur; à moins, toutefois, que la première phrase du texte hébreu ne soit une addition du traducteur abusé.
XCII. Qaœstio determinata de cjenere febrium ; dans un ma- Henschei, Ca nuscrit de Breslau signalé par M. Henschei. C’est peut-être cd. 5o. r S l’extrait du Breviarium practicæ (n° XVII) qui a été publié à Venise, en 1 5 7 6 , sous ce titre particulier De febribus. Cependant les mots Quœstio determinata semblent indiquer un opuscule différent, composé selon la méthode scolastique.
XCIII. Abuzale de medicinis simplicibus, ex transladone Ar~ naldi de Villanova; dans la bibliothèque de François Bernard, suivant les Catalogues d’Angleterre et d’Irlande, t. II, p. 1, n° 3632. Nous supposons que le manuscrit ainsi désigné contient le vingt -huitième livre du Traité des Manipulations d’Abou’l-Kâsim Khalaf ben Abbas al-Zahrâivi, de Cordoue, que les Latins appellent ordinairement Albucasis ; ce vingt-huitième livre enseigne, en effet, comment il faut préparer les médicaments simples, et, très prisé durant le
moyen âge, il a été publié séparément à Venise en 1 4 7 1. Mais, clans cette édition de 1 4 7 1 , il est traduit en latin par Simon de Gênes, traducteur de la fin du xme siècle, et il nous paraît douteux qu’Arnauld de Villeneuve en ait fait une autre version.
XCIV. Liber de conservatione corporis humani et regimine sanitatis sapienlissimi senis Arabici Albenzohar, translatas ab Arnaldo de Vtllanova, anno Dom. mccclxviii ; dans la bibliothèque du collège Corpus Christi, à Oxford, n° 177. L’auteur arabe semble être le célèbre Abou Merouan abcl el Malek ben Abou’l Ala ibn Zohr. L’ouvrage commence en latin par : Capitis cutis conservabitur si eam balneare volueris. Mais si cet ouvrage existe en arabe sous un nom quelconque , le traducteur latin de l’année 1 368 n’est certainement pas Arnauld de Villeneuve, mort depuis longtemps.
Nous terminons ici la nomenclature clés manuscrits médicaux. Les manuscrits chimiques sont encore plus nombreux.
XCV. Traclatus de solutione dubiorum in alchimia; à la bibliothèque Bodléienne, suivant les Catalogues des manuscrits d’Angleterre et d’Irlande, t. I, part. 1, n° 1720. Si l’ouvrage est d’Arnauld, ce qui nous paraît très douteux, certainement il ne lui a pas donné ce titre, dont la forme est moderne.
XÇVI. Doctrina nova. C’est encore un opuscule dont le titre seul nous est connu. Nous l’empruntons au catalogue dressé par Nazari. Mais Nazari n’ayant pas cité tous les ouvrages authentiques d’ Arnauld, nous croyons qu’il a désigné par ce titre un livre autrement intitulé dans les manuscrits que nous avons rencontrés. Lenglet du Fresnoy ne mentionne pas cette Doctrine nouvelle; il a donc ténu pour suspecte, comme nous, l’indication de Nazari.
XCVIÏ. Arnaldi de Villanova recepta de arte chimiæ ; dans
le n° 448 des manuscrits de l’école de médecine de Montpellier. C’est peut-être l’opuscule que Nazari désigne ainsi :
Recepta de compositions lapidis philosophornm. La confection de la pierre philosophale est, en effet, le but qu’Arnauld propose à presque toutes les opérations chimiques.
XCV1II. De vera compositions lapidis philosophorum; Recepta de duobus spermatibus ; Arnaldus de Villanova, quomodo confecerit crocum martis de venere. Ces trois opuscules sont réunis, comme étant d’Arnauld, dans le n° Ô2 3o des manuscrits de Vienne; mais nous ne les connaissons que par la mention sommaire d’un catalogue.
XCIX. Artis divisio, secundum mag. Raymundnm de Villanova ; commençant par : Ars diviidtur in sepiem partes. Prima est conjunclio. Dans le n° 7161 de la Bibliothèque nationale, fol. a4 - Cet art, ou plutôt cette science, est la chimie; mais de très courtes explications sont ici données sur les sept parties entre lesquelles l’auteur la divise; ces explications occupent, en effet, une seule page dans notre manuscrit.
Nazari mentionne sous un titre presque semblable, Liber artis, un opuscule d’Arnauld qui est peut-être celui-ci. Il n’y a jamais eu, parmi les chimistes, aucun Raimond de Villeneuve; le copiste de notre n° 7161 a certainement écrit Raimond pour Arnauld.
C. Clavis scienliæ majoris ; dans le n° ii4o5 de la bi- Tabuiæ cod. vinbliothèque impériale de Vienne. Lenglet du Fresnoy en d°Len" let d^u Fr. désigne deux traductions , l’une française , l’autre allemande , Histoire de k Phii.
. ht- i/' • nerm., tome III,
egalement manuscrites. Mais toutes ces désignations nous p. 325. semblent suspectes. Il s’agit ici, croyons-nous, du traité d’Artefius, qui est ordinairement intitulé : Clavis majoris sapientiæ.
CL De origine metallorum; commençant par : Aarum Jit ex argento vivo claro, mixto cam sulfure rubeo. Cet ouvrage occupe vingt- quatre pages in -4° dans le n° 7162 de la
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Bibliothèque nationale. 11 est sans nom d’auteur dans le n° j 85 du collège Corpus CJirïsti, à Oxford; mais on lit dans notre n° 7162, avant le titre : Quifecit hune librumfecil Lumen luminum; ce qui désigne clairement Arnauld. On fera bien néanmoins de tenir cette attribution pour suspecte; en effet, un ouvrage de cette étendue aurait été souvent cité sous le nom d’Arnauld, s’il était de lui.
CIL Soliloejuium. C’est un écrit indiqué par Evald Vogel au chapitre cinquième de son traité De lapidis physici conditionibus. Ce Soliloque a donc pour objet la chimie. Mais c’est là tout ce que nous en pouvons dire, car nous ne l’avons pas rencontré. Il est possible, d’ailleurs, qu’Evald Vogel ait mentionné sous ce titre un livre qui nous est connu sous un titre différent.
Lenglet du Fr. , Histoire de la phi1, .lierai .,t. I FI , p. 3 2 5 .
Antonio , Bibl.
hisp. vet., t. H, p. 118.
Tomasini, Bibl.
Paiav. , p. n3.
CIII. Phœnix, commençant par : Cum tanla dierum prolixilas. Lenglet du Fresnoy cite ce traité de chimie d’après un manuscrit où, dit-il, on lisait que l’auteur l’avait offert en 1299 à Martin, roi d’Aragon. Le roi d’Aragon se nommait, en cette année 1299, Jacques et non Martin. Martin régna de l’année 1 3 g5 à l’année i43o, un siècle après Arnauld. Les deux noms de Martin et d’Arnauld étaient donc fautivement associés dans le manuscrit que nous signale Lenglet du Fresnoy. Antonio range aussi le Phœnix parmi les œuvres d’Arnauld, mais sur un autre témoignage. C’est une indication qu’il a, dit-il , rencontrée dans les manuscrits de Padoue, à la page 1 1 3 des catalogues publiés par Tomasini. Or à la page désignée par Antonio nous trouvons, en effet*, la mention du Phœnix; mais l’auteur nous prévient que le manuscrit est anonyme. 11 n’y a donc aucune raison pourlaisser ce Phœnix dans les œuvres d’Arnauld.
CIV. Elucidarium, Lucidarium. Dans le n° 12969 des manuscrits latins de la Bibliothèque nationale, fol. 3o et suiv., nous rencontrons plusieurs chapitres empruntés, dit
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le copiste, à un ouvrage d’Arnauld qu’il intitule Elucidarium. Dans le même volume, du fol. 35 au fol. 68, est une version française de ce Lucidaire, aussi nommé par le traducteur ou le copiste « La théorique et practique de maistre Arnault « de Villeneufve. » Il s’agit encore de la transmutation des métaux, et ce Lucidaire est, à quelques différences près, composé sur le plan du Rosaire. Ce sont néanmoins deux ouvrages différents. On trouvera la mention du Lucidarium dans le catalogue de Lenglet du Fresnoy et dans celui de Nazari. Nous n’en connaissons aucun texte latin complet.
CV. Rosa novella magistri Arnaldi de Villanova ; commençant par : Non negligas, homo ergo nobilissime, hoc arcanum raûonis et veritatis , guia ornât rrioribus, ditat beneficiis, exaltât pauperem. . . Ce traité nous est offert par le n° 6749 B (fol. 58) de la Bibliothèque nationale. Le nom d’Arnauld se lit, comme on le voit, dans le titre, et nous ne connaissons aucun exemplaire du même traité qui porte un autre nom. On peut donc admettre qu’Arnauld en est vraiment l’auteur. C’est encore un manuel didactique, où sont successivement décrites toutes les opérations qui doivent avoir pour résultat certain la confection de la pierre philosophale. De ces opérations, les quatre principales consistent à dissoudre , distiller, calciner et solidifier. C’est pourquoi le traité se divise en quatre livres. Mais chacun de ces livres est très court, puisque l’ouvrage n’occupe pas même trois pages du manuscrit. On lit à la fin : Tu guicumgue es ad guem iste liber non absgue nulu Dei pervenit, per fidem Dei te adjuro ut non ostendas eum nisi philosophis, guia omnium philosophorum secretorum secretissimum in eo continetur. Nous voulons croire à la naïveté de cette recommandation; elle serait, en effet, d’un effronté charlatan, si elle n’était pas d’un savant à tort convaincu qu’il a fait une vraie découverte. Ayant cité ce traité sous le nom d’Arnauld, Nazari mentionne une suite de cette Rose nouvelle, qu’il intitule : Rosa novella secunda. Cette suite ne nous est pas connue. Nous trouvons encore dans le catalogue de Nazari les deux titres suivants : Aurea
Lenglet du Fr. , Histoire de la phil.
herm. , tome III , p. 324. — Nazari , Délia tram, métal!., p. i35.
Nazari, Délia tr.
metall., p. i35.
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rosa prima , Aureci rosa secunda. 11 est bien probable que ces Roses d’or font double emploi avec les Roses nouvelles.
CVI. Liber dejlorationis philo sophoram magistri Rainaldi de Vïllanova; commençant par : Incipit liber magistri Rainaldi de Vïllanova, dictas Liber dejlorationis philosophorum in opéré alchymiæ, sub compendio , cum guibusdam ciliis spectantibus ad artem imaginam. Nous trouvons cet article dans le n° 6749 B de là Bibliothèque nationale, où il n’occupe qu’une page. Les mots Liber dejlorationis , ni compendio, doivent donc être pris à la lettre. L’alchimie tout entière résumée dans une page in-4°, c’est bien , en effet, la quintessence de l’alchimie , ou le plus sommaire des abrégés. Si le copiste a nommé l’auteur Rainaldus, c’est évidemment par étourderie; on ne connaît, parmi les alchimistes du moyen âge, aucun Rai- Nazari, Délia tr. naud de Villeneuve. Nazari nous paraît indiquer cet ouvrage etaii., i>. i35. au catal0gUe des œuvres chimiques d’Arnauld, sous le titre de : Compilcitiones philosophorum.
G VII. Liber experimentorum Amaldi de Villanova. Nous avons sous ce titre, dans le n° 7319 (fol. 1 1 5 ) des manuscrits latins de la Bibliothèque nationale, un petit livre en langue vulgaire dont nous résumons ainsi la préface : Moi, Guillaume de Périsse, secrétaire de maître Arnauld de Villeneuve, j’écrivais sous sa dictée tous les livres qu’il composait. Il n’en a composé que trois, « car el morit mot jone « home, car quant el morit el non avie sinon 60 ans, per « que el non poc accomplir sa volontat. » De ces trois livres, le premier, intitulé Liber consecrationum , est resté dans les mains du roi Robert; ce qui est, pour le monde entier, un grand malheur, car dans ce livre sê trouve la claire exposition de tous les arts, de toutes les sciences. Je demeurai longtemps à Naples après la mort de mon maître, espérant toujours avoir la communication de ce livre merveilleux. Étant enfin parvenu, dans celte attente, à l’âge de quatrevingts ans, je perdis tout espoir et quittai la ville de Naples. Le second livre de mon maître avait pour titre Liber medi-