SIÈCLE
cinœ; le troisième, Expérimenta. Ayant donc quitté la ville de Naples, je rencontrai par hasard une noble dame nommée Sibille, comtesse de Vinlimille, qui m’admit dans son conseil et me fit elle-même connaître une autre dame de sa condition qui avait un château nommé Kalvilla. Celle-ci me dit un jour : « Maître Guillaume, ce serait merveille si « vous n’aviez pas quelque livre de ce prodigieux savant « dont vous avez été l’élève, maître Arnauld de Villeneuve. »
A quoi je répondis : «Très souveraine dame, sachez que «maître Arnauld n’a fait que trois livres, dont un seul est « en ma possession. » — « Montrez-le-moi , répliqua-t-elle. »Ce que je fis; mais, ne pouvant le comprendre en son latin, cette noble dame me pria de le traduire en langue vulgaire. Voici donc cette traduction.
A la suite sont les Expériences, dont nous n’avons pas à donner le détail. Elles ne sont ni médicales, ni chimiques; elles appartiennent à l’astrologie judiciaire. Nous ne croyons pas non plus devoir nous arrêter à tout ce qui prouve la fraude de l’attribution. Comment le fabricateur de cet opuscule a-t-il négligé de se mieux renseigner sur la vie d’Arnauld? Ayant mis tant de grosses erreurs dans la bouche du prétendu secrétaire, il n’a pu, comme il semble, tromper que des gens intéressés à croire toute cette fable. Or Sibille, comtesse de Vintimilie, a vécu; elle épousait, vers l’année i34o, Paul de Villeneuve, baron de Vence. L’intention du faussaire n’a-t-elle pas été de se rendre favorable un de leurs descendants, en lui présentant un * livre où se trouvent associés les noms de Vintimilie et de Villeneuve?
Ces Expérimenta paraissent être encore, sous le n° 4po, parmi les manuscrits de l’École de médecine de Montpellier. Le même titre est donné, dans un volume de Henschei, c»d Breslau, à quelque ouvrage composé par Arnauld pour le laf- Vrat” co1- 56 pape Clément. Ce volume contient peut-être la Pratique sommaire.