IV. — De la pbotonique faisant hiatus avec la toniquf
On a pu voir par plusieurs des exemples cités dans cette étude que la protonique faisant hiatus avec la tonique n'est pas soumise aux lois précédemment établies; celles-ci n'atteignent en effet la protonique que quand elle est séparée de la tonique par quelque consonne. On n'a qu'à comparer cana-hdria^ boni-tdtem, pere-grinum conso-hrinum, etc., à Aveni-ânem, Aurélidnis^ papili-dnem, etc. Ce fait n'a rien d'étonnant ; le contact des deux voyelles suffit à protéger la première, qui, quelque forme qu'elle prenne ensuite, laisse toujours des traces visibles de son existence.
Tantôt elle mouille Vn ou 1'/ qui la précède, et forme avec ces consonnes un groupe n, Z, devant lequel la voyelle précédente — ' la seule vraie protonique — se maintient, généralement sous la forme d'i: Avmionem Avignon ^ papilionem pavillon, etc., où elle palatalise le c et le f pour les changer en p, is ; * ericionem hériçon, * minutiare menuisier, etc. Tantôt elle paraît rester purement et simplement : Aurelianisy Orliens ; christianum, crestien. Ce dernier cas mérite examen. Le vieux français dit Orliiens, crestiien; Diez explique ces formes par
« Ainsi escriture, morsure, faitis.eic, et de même peinture (de *pinetum = pictum d'après pingere]^ feintis (de * /Inetieius, d'après fingere].
« Les participes en edut^ eût, ««, comme eoneû pareU où la protonique e est conservée, sont dus à l'analogie des nombreux participes dissyllabiques : beû, eheû, creû, deûy eu, geû, leû^ peû^ pleû, seû, teû, veû, où IV est dans la syllabe initiale.
latins ou de Tltalie du nord, et le roumain. Il persiste en roumain et en provençal ; dans les dialectes italiens, il se change en g quand la terminaison persiste ; en français, il devient y ou tombe, excepté quand il est appuyé (lisons : quand il est précédé d*une liquide, auquel cas il est traité comme initial) ; le ladin nous montre le traitement du roumain, des dialectes italiens., du provençal et du français.
M. Joret termine ce chapitre par Texamen du toscan qui change la vélaire en /. et du sarde qui change également en / les groupes se (a), rc [a]. Il ne fait que constater ces changements dont on voudrait avoir Texplication.
Au chapitre ii, nous voyons la gutturale s'affaiblir en y. Des exemples sont apportés des langues germaniques, qui font yàxig initial, médial, ou final ; les exemples du g initial sont inutiles parce que le passage de c à ^ en roman n*est que la suite de son affaiblissement en g. Quant aux exemples romans, ils sont fournis par le ladin, les dialectes du nord de T Italie, le portugais et le français. Ici la question devient complexe, et d'une analyse délicate, et M. Joret a eu le tort de séparer, pour en faire un chapitre à part, les exemples où la gutturale disparaît. Les deux choses sont connexes, et, ce qui augmente la complication, c'est Tapparition d'un t parasite développé dans certains mots sous l'influence de la gutturale (par exemple : aigre = acrem). Ici se montre bien le défaut des divisions de M. Joret, puisqu'elles le forcent à séparer des faits qui ne sont pas séparables. Foyer, noyer, payer, pleier (dans EuMie], prêter [là,), appartiennent à la série c = y \ verrue, charrue, Saône, Yonne, à la série suivante, où c disparaît ; aigre maigre à une troisième série c = ic. Mais qui nous dit qne foyer, noyer, etc., n'ont pas dH parasite, et pourquoi dans verrue, charrue, etc., n'en voit-on pas paraître? Pourquoi un yod dans pacare, payer et non pas dans *raucare, enrouer? dans locarium, loyer et non dans locare, louer? Ces questions devaient être nettement posées, et l'on pouvait au moins rassembler les éléments d'une solution. Il faut tenir compte évidemment des voyelles qui précèdent et suivent la gutturale, comme d'ailleurs l'a vu M. Joret, quand dans son errata il dit que le c tombe en français presque uniquement devant o et u. La règle est la suivante : Des deux voyelles qui entourent la gutturale, si la seconde est vélaire (o, u), la gutturale tombe, quelle que soit la première {Saône, sûr, etc.) ; si c'est un a, comme cette voyelle est semi-vélaire, semi-palatale, il faut, pour que la gutturale tombe sans laisser de traces, que la voyelle précédente soit une vélaire pure (o, u ; joiier, charrue, etc.) ; mais si c'est « ou à plus forte raison e, i, on a le yod [payer, doyen, ployer, etc.)' . Les seules
i Dans amie, vessie, (que je) die, etc., rien n^empêche d*a<imettre un i palatal dégagé de la {gutturale et fondu avec l'i étymologique. Le ladin amie', amig', amik rapproché dalaic lac), vient ù Tappui de ce que nous disons. Cf. la page suiv., note 2.
première moitié est soumise à des lois de même nature que celle de la seconde.
Or, la raison de cette loi est apparente : la presque totalité des mots que nous venons d'examiner a deux sjUabes avant la tonique : bonifdiem, cana bdria, conso-brinum, et la première de ces deux syllabes a un accent second : bà?ii^ càna, conso. tandis que la seconde est atone. Celle-ci. par rapport à Taccent second, se trouve dans une situation analogue à celle de Tatone finale par rapport à Faccent principal. De li l'identité des lois qui régissent la protonique immédiate et finale. De là encore, dans les trissyllabiques paroxytons comme venire, sapdrem^ etc., le maintien de l'atone initiale qui ne dépend pas d'une syllabe antérieure portant Taccent second. De b\ aussi le maintien de la protonique en position, qui ne doit pas plus tomber que Tatone finale en position : cdatknt donne chantant ; de même juvEncéllum donnera ^w- VEnçeau ; côUôchnt donne * colchent ; d'rbônscéUum donnera arbreissel^ arbroxssel^.
Les limites de cet article ne nous permettent pas d'appliquer aux langues romanes les lois que nous venons d'exposer. Elles doivent évidemment subir dans chacune d'elles certaines modifications spéciales. Puisque le sort de la protonique initiale est lié au sort de la finale correspondante, elle ne saurait être traitée d'une manière identique en français, en italien, en espagnol, par cela seul que les lois de la finale ne sont pas les mêmes dans ces langues. Mais il sera facile, croyons-nous, de retrouver sous cette diversité apparente l'unité du principe que nous avons essayé d'établir.
{Bùmania, voL V, 1876, p. 140-164.)
1 Toutefois les mots, très peu nombreux d'ailleurs, dans lesquels Taccent tonique est précédé de trois syllabes : asperi-tàtem aspreU, adificàre algier, fructificàre frO' tigûr [voir plus haut, p. 104, n. 2), etc., présentent des obscurités ; Tacceat second est-il, comme on serait tenté de le croire, sur la syllabe initiale : âspëri, adfff, frûctîfï ? ou, comme semblent Tindiquer les formes françaises, sur la seconde atone, d*après les principes de l'accentuation binaire : aspéri^ adffi^ ftuct(/Sf
Au dernier moment, il nous vient un doute sur la valeur de l'exemple aseâlània^ esehelone^ cité page 99. Dans oBràl/inia devenu esealénia (comme dans a(\i]i€ultàre devenu eseoltâre)^ la voyelle initiale a été prise pour \*e prostbétique de Vs impurum^ et la syllabe $ca est devenue initiale. Cf. p. 112, n. 2. — 11 Tant supprimer ce qui est dit p. 118 sur Orléan$\ l'ancienne langue disait, non Orliietu, mais Or-liems en deux syllabes (voy. Bev, Crit., 1872, t. I, art. 108) ; ce mot appelle donc nne autre explication, qui sort du cadre de cette étude.
Du G dans les langues romanes, par Ch. Joret, anciea ëlèvo de l*£cole des Hautes-Etudes, professeur agrégé au lycde Cbarleniagne (seizième fascicule de la Bibliothèque de TËcole des Hautes- Etudes}» Paris, Franck, 1874, 1 vol. in-8°, zx-3i4 pages.
La Bibliothèque de TEcole des Hautes-Etudes vient de s'augmenter d'un important fascicule, dû à M. Charles Joret, ancien élève de la Conférence des langues romanes. C'est une étude consacrée tout entière à rhistoire d*une seule lettre latine ; il est vrai qu'il s'agit du c^ dont les transformations sont curieuses par leur variété et même, dans certains cas, par leur étrangeté. Et si, à première vue, on se demande comment une seule lettre a pu fournir à une monographie aussi étendue, on arrive à se convaincre que la matière est assez riche pour mériter même un gros volume. Le livre de M. Joret est le premier où l'on ait essayé d'embrasser dans leur ensemble les questions que soulève l'histoire de la gutturale romane. C'est une œuvre considérable qui mérite l'attention de la critique. L'auteur ne sera donc pas surpris de nous voir consacrer à son livre l'étude approfondie que méritent ses consciencieuses recherches.
Nous abordons sans plus de préambule l'examen de l'ouvrage, que nous suivrons livre par livre et chapitre par chapitre.
Il s'ouvre par une introduction qui donne d'abord, d'après les derniers travaux de Brûcke, Helmholtz, R. v. Raumer, etc., la théorie phj^siologique des consonnes indo-européennes, théorie qui montre comment elles peuvent arriver à se substituer les unes aux autres; après quoi l'auteur retrace rapidement l'histoire des gutturales latines ^» 5'» *i (^)» ^» ^- Ces résumés sont exacts en général ; j'aurais cependant quelques observations de détail à faire. M. Joret établit avec raison deux sortes de/, produites, l'une par le contact des lèvres inférieures avec les incisives supérieures, l'autre par le rapprochement des
deux lèvres (ce dernier inconnu en français, quoi qu'il en dise) ; à ces deux sourdes/ correspondent deux sonores v etw ; le ib, dit M. Joret, est le son de Vu dans Tall. Quelle et le fr. écuelle ; ceci est inexact : Vu de écuelle est différent de Vu de Quelle ; voir L. Havet dans les Mèmoires de la Société de Linguistique ^ II, 218. — Pour Vh^ M. Joret dit qu'elle représente le plus souvent Taspirée gutturale primitive et qu'elle a pour équivalent x ou / en grec. La règle ainsi exposée n'est pas absolument exacte. L'aspirée latine, quand elle dérive d'une gutturale primitive (et non d'une dentale ou d'une labiale aspirée), correspond toujours à un / grec : les exceptions ne sont qu'apparentes ; par exemple, le mot cité xpiOti est pour ^M^ l'aspiration du / étant tombée normalement sous l'action de l'aspirée suivante S. — Pour le c affaibli en g, j'aurais voulu que l'auteur distinguât les cas où c est initial de ceux où il est médial ; cette distinction pour les mots latins a son importance. — Pour la prononciation du c^ on peut ajouter comme exemples les transcriptions talmudiques du temps de Tempire, qui représentent le c palatal par le koph ; ainsi cellarïum devient kelar, — Ce que dit M. Joret sur le groupe qu est peu net; il cite bien des textes de grammairiens qui montrent l'incertitude où l'on était à Rome touchant la valeur de la notation qu; mais il semble d'après ses paroles que la question était purement orthographique et n'intéressait pas la prononciation, qu'en un mot qu était Téquivalent de k, que Vu était insensible et qu'on hésitait seulement sur la question de savoir dans quels mots l'usage voulait l'écriture qu, d&ns quels l'écriture c. Or la question est évidemment plus complexe, et les incertitudes devaient avoir leur cause dans la prononciation. Le q pur et simple sonnait-il qu, et quand Velius Longus proposait l'orthographe que, qia, entendait-il qu'on prononçât qu{ie, quia ? Ou bien, q valant c, et ne s'emplojant que devant u suivi d'une voyelle parce que dans la plupart des mots présentant ce groupe il remontait à un primitif Icv, l'hésitation portait-elle sur la valeur de Vu ? Cet u se prononçait-il? et dans quels mots? Que signifient ces corrections de l'Âppendix Probi : equs non ecvs, coqus non cocus, coquens non cocens, vacua non vaqua, vacui non vaqui? Voilà des questions obscures assurément, mais qui méritaient du moins d'être posées, et puisque M. Joret abordait ces points un peu étrangers à son sujet, il aurait pu, je crois, les serrer de plus près. — Je borne là ces observations, et j'ariive à l'ouvrage proprement dit.
Le plan en est simple : quatre grandes divisions correspondant aux divisions naturelles du sujet. 1® Du c vélaire ou c devant a, o,u; 2^ du c palatal ou c devant e, i ; 3** du ^ vélaire traité dans certains idiomes et dans certains cas comme e palatal ; ce troisième livre, comme on le voit, est une annexe des deux premien^ ; A** enfin du c dans les groupes de consonnes, liais si le plan est organique^ on peut re*
gretter que Fauteur, dans les subdivisions du sujet, n*y soit pas resté fidèle.
Il prend en effet une à une les diverses transformations auxquelles aboutissent le c vélaire et le c palatal, et en fait le point de départ de ses recherches. Or qui ne voit que ces transformations sont amenées par des causes spéciales, auxquelles il faut remonter tout d*abord pour les suivre dans leurs actions diverses? Autrement on place Teffet avant la cause, ce qui est peu rigoureux. Ce reproche, exprimé sous une forme générale, a Tair d'une chicane ; cependant si nous prenons des exemples, nous verrons qu*il répond à quelque chose de réel. Les divisions du premier livre sont les suivantes : P^ chapitre. Persistance du c vélaire
— son changement en g, en /. — II*' chapitre. Son changement en y.
— III* chapitre. Sa chute. Dans ces chapitres, Tauteur examine chacun de ces changements au commencement, au milieu, à la fin des mots. C'est la marche inverse qu'il fallait suivre. La chute du c médial ne peut pas être séparée de son affaiblissement en y ni celui-ci de l'affaiblissement en ^, puisque ce sont des phénomènes dus à une même cause, et qui s'expliquent mutuellement. L'on voit rapprochés des changements en ff àe'c initial et de c médial ; mais malgré la similitude des résultats, les causes de ces changements sont différentes, et il faut les séparer Tun de l'autre.
Une seule division était conforme à la vérité, celle qui étudie d'abord et exclusivement la gutturale initiale dans les différentes langues romanes, puis la gutturale médiale entre deux voyelles ou devant une liquide, puis la gutturale finale, et enfin la gutturale dans les groupes, quels qu'ils soient. A chacune de ces positions correspondent des lois différentes, qu'il fallait suivre dans leurs actions diverses sur les diverses parties du domaine roman.
Tel est le défaut de composition que je reproche à M. Joret. La cause de ce défaut, il faut la demander à la nature même du livre, ce nous semble. C'est une monographie. Or, rien n^est périlleux comme une monographie. En s' absorbant dans l'étude d'un point déterminé, on s'expose à perdre de vue les rapports qui unissent le détail à l'ensemble dont il est détaché et la place qu'il doit occuper dans le système général auquel il appartient. C'est là un écueil qu'il est bien difficile d'éviter, et je crains que M. Joret n'y ait pas complètement réussi. Il ne semble pas avoir distingué avec assez de précision ce qui revient en propre au c, et ce qui dépend de la phonétique générale du roman, et il s'est laissé guider par les conséquences plutôt que par les causes mêmes des conséquences. Assurément il fait bien ces distinctions dans les détails, mais il les fait en second lieu, en sous-ordre, et cette manière de procéder donne une vue moins exacte des choses. Toutefois ne pressons pas trop sur ce point qui par sa généralité prête peu à une dis-
cussîon précise, et acceptant le plan de M. Joret tel qu*ii a été conçu, entrons dans Tétude de la consonne.
Le c vélaire — ainsi dit parce que pour le prononcer la langue s* appuie contre le palais en arrière beaucoup plus près du voile du palais que pour le e palatal — se maintient au commencement des mots à Texception d*un petit nombre de mots qui Taffaiblissent en// *. M. Joret aurait pu ajouter aux exemples cités Titalien gafflio à côté de quaglio, garacollare [caracoUarè), golpato [colpaio] et peut-être garçon et ses dérivés (de carduus?). Au milieu des mots, en vertu de la loi de l'affaiblissement des médiales, le c se modifie dans les diverses langues romanes, suivant leur tendance plus ou moins marquée pour Taffaiblissement : il reste en valaquo et en italien dans la moitié des cas, dans l'autre moitié devient g^ traitement normal pour Tespagnol et le portugais ; le provençal a g^ ou poussant plus loin raiïaiblissement y. Pour le français, M. Joret cite un certain nombre d'exemples où le g médial est conservé: aîgre^ aigitiVe^ aigti^ alègre, cigogne, ciguë, dragon, figue (-^Mi>r), maigre, seigle, segond, segiir, vergogne. Pour quelques-uns de ces mots, il donne une seconde forme {ceoine, ceue, fie^fisr, seur], prouvant que les formes avec/^ sont des emprunts. Dans vergogne, on a un autre fait. Le latin verecundia s'affaiblit d'abord régulièrement en veregundia, puis par la chute de l'atone devient vergundia ; dans le groupe rg, le g se trouvant après une liquide est traité comme initial et reste, en vertu d'une loi que je n'ai pas encore vue exposée et qu'on peut formuler ainsi : dans un groupe de deux consonnes dont la première est une liquide /, r, m, n, la seconde, muette ou spirante, subit le mémo traitement qu'au commencement du mot. Restent aigre, aUgre, maigre, seigle, où la consonne qui suit a maintenu la muette sonore (quoique celle-ci eût pu tomber, comme dans sairement, lairme) ; segond et dragon sont demisavants. Les seules exceptions sont aiguille et aigu. Pour aigu, on trouve éil dans certains dialectes, ainsi Monfhiû = monfem acuium; et le wallon aweie, comme nous le verrons plus loin, a également perdu la gutturale médiale. M. Joret remarque bien que le maintien de la gutturale dans le groupe cr, cl, est dû à la présence de la liquide ; toutefois il aurait pu mieux préciser ses conclusions et admettre qu'en dehors d'une ou deux exceptions, pour lesquelles on pourrait peut-être trouver des explications, le c médial tombe en français.
Le c final, c'est-à-dire devenu final par la chute des atones (car les exemples du c final latin sont trop peu nombreux pour qu'on puisse généraliser les faits), ne se rencontre que dans les langues faisant tomber les dernières atones, à savoir le provençal, le français, les dialectes
* Cet affaiblissement est évidemment aD(érieur pour le fraoçais à la transformation du e en eh dans le groupe ea.
latins ou de Tltalie du nord, et le roumain. Il persiste en roumain et en provençal ; dans les dialectes italiens, il se change en g quand la terminaison persiste ; en français, il devient y ou tombe, excepté quand il est appuyé (lisons : quand il est précédé d*une liquide, auquel cas il est traité comme initial) ; le ladîn nous montre le traitement du roumain, des dialectes italiens; du provençal et du français.
M. Joret termine ce chapitre par Texamen du toscan qui change la vélaire en /. et du sarde qui change également en / les groupes se (a), rc [a). Il ne fait que constater ces changements dont on voudrait avoir Texplication.
Au chapitre ii, nous vojons la gutturale s'affaiblir en y. Des exemples sont apportés des langues germaniques, qui font ^ du^ initial, média], ou final ; les exemples du g initial sont inutiles parce que le passage de cky en roman n*est que la suite de son affaiblissement en g. Quant aux exemples romans, ils sont fournis par le ladin, les dialectes du nord de Tltalie, le portugais et le français. Ici la question devient complexe, et d'une analyse délicate, et M. Joret a eu le tort de séparer, pour en faire un chapitre à part, les exemples où la gutturale disparaît. Les deux choses sont connexes, et, ce qui augmente la complication, c*est Tapparition d'un t parasite développé dans certains mots sous l'influence de la gutturale (par exemple : aigre = acrem). Ici so montre bien le défaut des divisions de M. Joret, puisqu'elles le forcent à séparer des faits qui ne sont pas séparables. Foyer ^ noyer, payer, pleier (dans EuMie], prêter [là.), appartiennent à la série c=^y \ verrue, charrue, Saône, Yonne, à la série suivante, où c disparait ; aigre niaigre à une troisième série c = *c. Mais qui nous dit ({ue foyer, noyer, etc. , n'ont pas d't parasite, et pourquoi dans verrue, charrue, etc., n'en voit-on pas paraître? Pourquoi un yod dans pacare, payer et non pas dans *raucare, enrouer? dans locarium, loyer et non dans locare, louer? Ces questions devaient être nettement posées, et l'on pouvait au moins rassembler les éléments d*une solution. Il faut tenir compte évidemment des voyelles qui précèdent et suivent la gutturale, comme d'ailleurs l'a vu M. Joret, quand dans son errata il dit que le c tombe en français presque uniquement devant o et u. La règle est la suivante : Des deux voyelles qui entourent la gutturale, si la seconde est vélaire (o, u), la gutturale tombe, quelle que soit la première {Saône, sûr, etc.) ; si c'est un a, comme cotte voyelle est semi-vélaire, semi-palatale, il faut, pour que la gutturale tombe sans laisser de traces, que la voyelle précédente soit une vélaire pure (o, u ; jouer, charrue, etc.) ; mais si c'est a ou à plus forte raison e, i, on a le yod (payer, doyen, ployer, etc.)' . Les seules
*■ Dans amie, vessie, (que je) die, etc., rien n*empêche d'admettre un i palatal dégagé de la gutturale et fondu avec l'i étymologique. Le ladin amie', amig', amik rapproché de laie lac), vient à l'appui de ce que nous disons. Cf. la page suiv., note 2.
exceptions que je connaisse à ces règles sont essuyer, noyau, voyelle^ foyer, loyer, noyer [nucariiis). 'M.slis essuyer en vieux français, dans sa forme la plus ancienne, est esstier: essuyer est refait sur sui = sûcus ; noyau e^iMue forme rajeunie du primitif nual (Livre des Roii) ; voyelle est un mot savant qui date du xv® siècle * ; quant à foyer, loyer, noyer ^ c'est Vi de arius qui, se combinant avec Ta, place la gutturale devant une palatale ; et ces formes sont intéressantes en ce qu'elles montrent que le changement de arius en ier est postérieur au changement de c en g (sans quoi le c se serait assibilé ; le g palatal ne s'assibile pas) et antérieur au changement de g (issu de c^ en y. Maintenant, comment a lieu le changement? Le g s'est-il affaibli simplement en y: pacare^pagar, payar, payer f Ou n'y a-t-il pas développement d'un i parasite comme dans aigre, etc., puis chute de la muette médiale paygar, pagar, payar, payer? Le miia de Boèce ne prouve rien, car il peut venir aussi bien de mica^miga, miiga,miiaq\ie de mica, miga, miya. Bien plus, la présence de r» parasite dans aigre, maigre, etc., semble prouver qu'il j aeu chute pure et simple de la médiale g après dégagement de Vi dems preier, pîeier, payer et les formes analogues. En effet comparons lairme À aigre ; l'analogie force de conclure à une série lagr'me, îaig/me, lairme. Le Bestaire de Gervaise donne la forme aille = aquila (Remania, I, p. éS')). Si l'on n'avait pas aigle, on admettrait la série aq'la, agla, ayle, al'e [V = l mouillée), sans songer à ïi parasite; cet i qui s'est développé dans ai^e, aigle, et suivant toute vraisemblance dans lairme, etc., a dû naître aussi dans payer, etc., la muette médiale disparaissant comme toutes les autres muettes et ne se transformant pas en y. Cependant ce n'est qu'une hypothèse que je donne là, hypothèse que j'aurais voulu voir en tout cas discutée par M. Joret, ainsi que cette autre question de la naissance de 1'» parasite. Comment sort-il de la gutturale * ? et est-ce de la sourde ou de la sonore qu'il se dégage? Ces questions encore auraient pu être, sinon résolues, du moins posées '.
> Le type latin toeelln, d'où on pourrait vouloir tirer voyelle, aurait donné voiselle.
' A la pafçe 188, \L Joret signale des formes ladines : amie', amig' et amth ; dic\ dig^ [dico];lac, laie\ Cette dernière forme est curieuse, et l'on y prend sur le fait la formation de Vi parasite. Il est évident que le c vélaire s*est palatisé et est devenu kj [lahjD et que ce son mouillé qui suit la gutturale, l'infectant au commencement même de démission du son, donne lajkj [laie']. M. Joret dit que les autres idiomes romans nWrent rien de comparable ; de fait, il a raison ; mais au fond le français fai \fae\, par exemple, a dû passer par cette première étape que nous conserve le ladin, et peut-être doit-on conclure du ladin pour les formes comme paeare, payer où, dès lors, il y aurait chute pure et simple de la gutturale après le dégagement de r« parasite.
* M. Joret constate Vi parasite en provençal, en français, en espagnol, en portugais et même en italien. Pour Tespaguol, il montre bien comment e de îeehe, de hecho, etc., vient de a + */ comment explique-t-il le ei du portugais Uiœar [laœare), seiwo [saautn], etc.?
Poursuivons l'analyse. M. Joret étudie la terminaison acum^ iacum ; il ne fait guère là que reproduire la théorie de M. J. Quicherat [N'ams propres de lieux, p. 24 et 59), et il admet avec lui que les formes en y viennent par déplacement d'accent et par chute de la syllabe ac de i[ac]um ; cette théorie est inadmissible pour diverses raisons ; le changement de iaaim en ff est analogue à celui qui dans certains dialectes transforme le participe te et l'infinitif iVr en », ïr.
Le livre I^ se termine par un chapitre consacré à la substitution du i et de Vs au c vélaire. Déjà le latin populaire disait veclus, sida, capidum^ stadan's, sdopus^ etc., pour silla [situîa]^ etc. Le changement inverse est normal dans le Tyrol, comme le prouvent les curieux exemples donnés par M. Joret : tiafne (clamare), tUnes [trines], etc. Puisque Tauteur cite ici des exemples de la confusion de d et cr avec // et r, il aurait pu rappeler les formes catalanes et provençales payre, nutyre {* pacrem^ * macrem =pairem, matrem\ et la forme curieuse gragea^ dragée (portugais et espagnol] qui confirme, en même temps qu'elle en est confirmée, le français craindre = trahidre, iremere.
Ces changements de c en / trouvent place au commencement et à la fin des mots. A la fin des mots, M. Joret signale la substitution de / à c final dans quelques noms provençaux et français et la substitution inverso à\x c au / final dans la conjugaison provençale. Les derniers exemples no sont pas concluants: Cazec, correc, moc, parlée, etc., viennent assurément de * cadirii, * curririt, movii, parahoîavit, etc. ; mais le c j représente le v ou Tu, comme le prouvent les formes aie (habui), ///if ^tenui), ieiigues (tenuissem), etc.
Pour résumer le premier livre, on y trouve peu de recherches originales : l'on y remarque des exemples nouveaux, des faits peu connus empruntés aux patois ; mais la théorie du e vélaire n*a pas reçu toute Tétudo approfondie qu*elle méritait et c*est plutôt un exposé quelque peu artificiel des faits qu'une théorie que nous donne l'auteur.
Le livre II est supérieur au premier, et si la critique a encore ses réserves à faire sur divers points et des lacunes à signaler, elle doit reconnaître les faits nouveaux dont M. Joret a enrichi la philologie romane. Il démontre d'une manière explicite que vers la fin du vii° siècle ci et H suivis d'une voyelle sont devenus soit ts soit isi, et de même ce, ci. Comment avaient eu lieu ces changements. Ti -{voyelle et f* -{- voyelle tendaient déjà à se confondre à l'époque classique, par suite de la similitude de prononciation qui existe entre ces deux groupes et par une confusion analogue à celle que présentent amiquié amitié, quien tien, cintieme cinquième : de là le son ty qui aboutit à tch. De même le c palatal pur et simple [c devant e et i) que je noterai avec l'auteur par Ci, devient ky par suite d une modification légère apportée dans la prononciation^ la langue 8*appuyant un peu plus en
avant vers la bouche ; en avançant encore Tobstacle formé par la langue, on franchit le domaine du 1c pour entrer en celui du t et hj^ passant par ty *, aboutit à tch {c), c'est-à-dire à /s (» = ch). Toute cette discussion, appuyée d'un côté sur les exemples tirés des monuments du bas latin, et sur des transformations analogues dans les langues germaniques, de l'autre sur des conditions physiologiques, me paraît juste. La réfutation de la théorie deSchuchardt (Fo^a/. 1,150 ss.) est convaincante. M. Joret a raison en outre de faire de ts un succédané do ich et non de celui-ci un épaississement de /«, de sorte que la série régulière des transformations do c est h [tch]^ s {ch) ou c, /s, s.
Après avoir établi les conditions générales des transformations du c palatal l'auteur arrive aux exemples. Les premiers qu'il cite sont ceux qui montrent la persistance de la palatale.
La palatale latine, dit l'auteur, n'a persisté qu'assez rarement dans les langues romanes ; généralement à la place de qii : Querela, quœrerCy qui, qiiemy quodj quieiem^ etc., tous mots écrits en roman avec qu, eh (ital.), k. Cette remarque est étrange ; car dans tous ces mots, la gutturale est vélaire : qu. L'auteur entend-il par palatale, la palatale romane ? Pourquoi alors l'appelle t-il palatale latine et pourquoi, en note sur ce passage, dit-il que le qu do quod est vélaire en latin (à cause do ïo) ? 11 semble que pour M. Joret, 1'^^ de qu ne se prononçât pas et que qu fut une notation adéquate à ky et cette présomption, qui paraît ressortir de son langage trop obscur, est confirmée par ce que nous avons signalé plus haut dans l'introduction du livre. Tout ce paragraphe est peu net. Les formes provenant de qu ne peuvent être alléguées comme exemples du maintien de la palatale. — D'autres exceptions plus réelles, qu'on rencontre surtout en roumain, sont expliquées avec soin ; enfin M. Joret arrive à la fameuse exception du sarde logoudorien qui conserve souvent la palatale comme sourde ou comme sonore.
Ce trait du sarde logoudorien semble une des plus solides preuves de la prononciation forte de la palatale latine, prononciation établie du reste d'une manière incontestable par d'autres arguments très sûrs. Toutefois, à l'époque où M. Joret imprimait cette page sur le sarde logoudorien, M. Ascoli émettait quelques doutes sur le caractère archaïque de cette prononciation. Dans son Archivio (II, 143, note sur c«, gé)^ après avoir rappelé qu'en sarde logoudorien le g initial se change en ^ et le ^ médial disparaît, phénomène, dit~il, qui à lui seul
' Je précise ici ua peu plus que ne le fait Tauteur le changement de k en tch, M. Joret admet immédiatement après la l'orme k la forme e (:= tch] ; le passage de Tune à Tautre n'a pas été aussi brusque et entre elles deux doit se placer la forme ty. Dans les faubourgs de Mens chien se dit suivant les villages Ai, tyi, tckt, La forme tyi est très caractérisée et a une existence bien marquée. Cet exemple, quoique portant sur le groupe ra, est valable ici, parce que le c y est considéré comme palatal.
128 ÉTUDES Ftl^NÇ AISES
suffirait à rendre bien douteuse Tantiquîté de la prononciation logoudorienne che^ ghe^ il ajoute : ce Ë altri argomenti, non mono poderosi, concorrono a togliere ogni prestigio di anzianità a codeste pronuncie, e a provare che d'altro non si tratti se non di una alterazione, relativamente moderna, di c e g di fase anteriore, alterazlone specifica del logudorese, che rifugge constantemente dalle esplosive palatine, corne dalle fricative palato-linguali. Mi limitera a qui aggiungere due soli di questi argomenti. Dato un ^ antico (sardo o italiano) da/ latino, questo g^ che non a dunque alcun fondamento etimologico di suono gutturale, passa ugualmente in gutturale e quindi in labiale logudorese, conae se si trattasse di g latino ; p. e. : hemnarzu (merid. gennargu) jenuario-, jsenuarius ; beitare e-jectare (cf. merid. ghettar) gettare. E dato aucora uno se = STS, ricadiarao a sk logudorese : posca * poscia (postea), cosi corne fdsca fascia. .. Lo zz = CI anche puô, corne ogni altro zz di fase anteriore, degenerare in it : atta = merid. azza flcies (filo, taglio) ; eriitu ericius ; lazzu {laitu nel distr. di marghine) laccio. Ma pur qui restesissimo/âjrm (Fant. logud., dallo schietto /flcw-, e perciô non sentendo lo ci, ha. faj?ie; cf. caîche calcio) ». Si de ces exemples le premier (j= h) n'est pas convaincant, des formes comme posca=po8im pourraient peut-être inspirer le soupçon surTantiquité de la palatale logoudorienne, et les exemples tels que atta semblent montrer que la gutturale peut s'assibiler. On pourrait vouloir tirer un argument du patois poitevin, qui présente des formes telles que quielU ceux-là, quielle Qç\\e^ quieïgtn ceux-cî, quieu qnio ce ^ ceci, cela, cet (Fabre gloss. du Poito-u, p Iviij ; Lalanne, Ohss. dupai, poitev,,"^. xxviij-xxx, donne des formes un peu différentes, mais de même caractère, entre autres pour ce^ cet : Uhion Hou quiou ; pour celle : tchielU iielle quielU quale ; pour celui-ci: quovquiqui quieuqiiiqîii, etc.). M. Jo'^et voit avec raison dans quelques-unes de ces formes {Errata, p. 339) des exemples de la substitution du t slu k palatal : nous avons bien ici une palatale non assibilée. Mais cette palatale n'est pas primitive : elle dérive d'une vélaire latine ; car ces formes remontent à un type eccum iile etc., et non ecce il/e^. 11 n'y a donc pas de comparaison à faire entre le poitevin et le sarde. Quant à la question si intéressante des gutturales dans le sarde logoudorien, elle est trop difficile et trop complexe pour être abordée en détail ici, et nous poursuivons Texamen du livre.
La gutturale palatale c [k^] passe à /; (tch) en italien, dans le roumain du Nord, dans le roumanche (qui au milieu des mots réduit souvent cas), et quelquefois dans Tespagnol et le portugais (spéciale-
* Page 177, M. Joret rapporte à tort au latin ecee, illa^ etc., les formes poitevines çuielle, çuiou, dont il t'ait dériver d'autres formes du même dialecte : tchelle^ tehou. Ces dernièred viennent de ecee illa, ecce kor, et non de eccum illa^ etc. Il y a une confusion dans ce passage.
ment suffixes en ceus)..Q\iSLnd la gutturale change de nature avec la voyelle de flexion dans la déclinaison et la conjugaison, elle subit en roumain et en italien des traitements divers (soit k, soit c), que Tauteur analyse avec soin. Dans quelques dialectes italiens, elle devient parfois^ ; la plupart des exemples cités (7 sur 12) ont le g médial, ce qui dès lors nous explique un peu ce changement. Dans le roumanche de rinn et la Suisse romande, elle devient i, et de même en roumain dans les suffixes aceus, iceuSy nceus. On ne trouve pas de trace réelle du changement du c palatal en è dans le français ; les exemples tels que chercher^ chevêche, chicorée sont des exceptions récentes ; pouliche, ranche, sont normands ou picards ; bretèche, gallesclie, revêche, etc., ont en réalité une vélaire, ca; bamboche, brava lie, etc., sont italiens; chiche seul présente une difficulté réelle. Toute cette discussion est très bonne. Enfin c médial devient è (J français) dans le ladin de TËngadine et du Tyrol, dans quelques dialectes du nord de Tltalie ; soit, dit l'auteur, que c devienne^, puis è, soit qu'il devienne r, s, z\ soit, ajouterons-nous, qu'il données (comme dans plaisir) puis /s; {plaisjir), et ûnalement plejir {pleji aux environs de Metz: cf. inajon = maison, qui prouve que le développement âuj dans pleji est postérieur).
Après les changements de c en c, s, g, è, viennent ceux en /.s, dz. On les retrouve dans le roumain du sud, quelquefois dans celui du nord, et aussi dans le ladin du Tyrol et du Frioul. dans le sarde logoudorien (à côté des exemples de la conservation apparente de la gutturale latine), et çà et là dans quelques dialectes italiens. Le suffixe ci^/s a été décidément traité par Titalien comme iius ; il est devenu zzo. En effet, ritalien change régulièrement H + voyelle en zz ou zzi * (M. Joret n'examine pas la question de la présence ou de l'absence de Vi) ■. L'assibilation de la gutturale est générale dans les idiomes de l'ouest. Dès le x« siècle, le français a chan<ré c en ts ou ds. Initial, il devient s dans quelques rares exemples du xiii", généralement au xvi®, quoique Torthographe garde la lettre c. Médial, il devient
' Ti devient aussi gi dans jalugio, ragions, etc. Voir p 9;i, 9». Ces formes sonlellcs des airaiblis^emcuts de r, de telle sorte que ti en iialieu serait devenu tz[\) ou (; ? Les m'^ts magione^ eagione semblent prouver le contraire ; on a dans palagio un aifaiblissemcnt normal de ti médial en 2t. puis le t se palatalise, tj d*où gi f de même dans masionem^ occasi' nem. si = fj z=z j qui devient g comme dans jacere = giacere. En tout cas, quelque explication que Ton donne de l'onpine de ce^ = /i, on est forcé d^admetlre que le développement de ti a d(l être ici diliennt de celui de ci / c'est bien aussi Tavis de \i. Jorei ; mais on serait curieux de savoir eu quoi consistaient ces diiïérences et quelles en étaient les causes*
* Si Ton considère des formes telles quo giustizia et giustezra, vizio et vezto, on se persuadera que ks mots qui ont f sont d'origine savante. Le caractère de ibrmation savante est visible dans astuiia, jjozione, dazione, dominazione^ esealatione^ abitatione, nazione, rifoiinazione^ pigrizia. Les mots en z ou tz sans t ont dans leur physionomie quelque chose de plus populaire : alzare, debolezza, marto, piazta, etc. C'est du reste i'opiuion de Diez, II, 364.