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LE TRÉSOR DES HUMBLES

].e silence, le recueillement, la lecture, voilà ce trésor des humbles où iMaurice Maeterlinck est descendu avec une lampe singulièrement merveilleuse et un enchantement de îst\de c[ui fait de ce chef-d’œuvre de pensée un chef-d’œuvre d’imagination. Il laisse au fond du vide noir, que se creusent à ellesmêmes les âmes solitaires, tous les éblouissements que la lampe d’Aladin répandait à travers les contes des Mille et Une Nuits.

Cette œuvre, de pure intellectualité, ressemble à un corridor au bout duquel une porte serait ouverte. C’est un autre monde, celui de l’oecultisme, qu’elle laisse entrevoir. On ne

(i) Bibliothèque du Mercure de France.

art et CRITigUE

se signe pas cependant, car aucun mot impie n y résonne. On y parle toutefois des dieux, comme, si un paganisme lointain vivait encore au fond de nos mémoires et de nos cœurs. .Mais c’est une invocation purement littéraire. Au fond, ce livre ressemble beaucoup au mvstérieux livre de l'Imitation. On peu de .Marc- Aurèle. d’Epictète, de l'école d’Alexandrie et de l’école allemande lui donne une couleur philosophique. L’ombre du grand Pascal semble planer sur ce vide infini des espace^, qui l’effra3"ait. C est ce qu’on ne voit pas. clest ce qu’on n’entend pas au milieu de la comédie humaine qui est le domaine de M. Maurice jMaeterlinck. Il est vraiment le roi du silence.

Sur la cathédrale de Florence, aux pierres alternativement noires et blanches, svmbole inexpliqué, il eut choisi pour tablettes les pierres noires.

Sans doute c’est la nuit et le jour, la mort et la vie, la guerre et la paix, le contre et le pour, l’erreur et la vérité, les Sarrazins et les Chrétiens, Eocculte et le lumineux, le hoir et le blanc d’un échiquier, une antithèse dans une même vérité, que les Italiens, profondément diplomates et profondément religieux, ont voulu représenter dans une même œuvre.

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