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CHAPITRE IV

DE LA POSSIBILITÉ

§1. — Classification des actes de notre entendement. Questions à poser.

Pour donner à mon sujet toute la clarté dont je le crois susceptible, je diviserai les actes de notre entendement en deux classes : les actes spéculatifs et les actes pratiques. Je nomme spéculatifs ceux qui s'arrêtent à la connaissance, et pratiques ceux qui mènent à l'action.

Lorsqu'il s'agit simplement pour nous de connaître une chose, nous pouvons nous poser les questions suivantes : 1° celte chose est-elle possible ou non? 2° existc-t-elle ou non? 3° quelle en est la nature? quelles les propriétés, les relations? Les règles qui servent à résoudre avec netteté ces irois questions embrassent tout ce qui a trait à la science spéculative.

Dans toute action, il est évident que nous nous proposons une fin. De là ces questions : 1° quelle est cette fin? 2" quel est le meilleur moyen pour l'obtenir?

Je prie instamment le lecteur d'arrêter son attention sur les divisions qui précèdent et de les graver, s'il le peut, dans sa mémoire. Elles lui faciliteront l'intelligence de ce qui doit suivre, et lui seront d'un grand secours pour établir l'ordre dans ses pensées.

$ II. — Le possible et l'impossible. Classification. Possibilité. L'idée contenue dans ce mot est corrélative à

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celle d'impossibilité. En effet, l'affirmation de Tune entraine la négation de l'autre.

Les mots possibilité et impossibilité expriment des idées différentes selon qu'on les applique aux choses en elles-mêmes ou seulement à la cause qui les peut produire. Toutefois, ces idées ont des rapports très-intimes, comme nous le verrons bientôt. Considérées relativement à un être, indépendamment de toute cause, la possibilité et l'impossibilité se nomment intrinsèques. Elles prennent le nom d'extrinsèques lorsqu'il s'agit d'une cause. Malgré la simplicité, la clarté apparente de celle définition, pour en saisir le sens d'une manière complète, il est indispensable de me suivre dans les différentes classifications que je vais exposer aux paragraphes suivants.

On s'étonnera peut-être que nous définissions l'impossibilité avant de définir la possibilité. Mais, un peu de réflexion fera voir que celle méthode est logique. Le mot impossibilité, bien qu'il présente un sens négatif, n'en exprime pas inoins une idée positive: celle de contradiction entre les choses, d'exclusion, d'opposilion , de lutte pour ainsi dire; de sorte que celle contradiction venant à disparaître, nous concevons la possibilité. De là , ces façons de dire : Cela est possible puisque rien ne s'y oppose, puisqu'il n'y a pas contradiction. Quoi qu'il en soit, la connaissance de l'impossible donne celle du possible, et vice versà.

Quelques philosophes distinguent trois sortes d'impossibilité: l'impossibilité métaphysique, physique et morale. J'adopterai celte division, mais en y joignant un nouveau chef : l'impossibilité de sens commun. On verra ci-après sur quoi je me fonde. Peut-être serait-il mieux de donner à l'impossibilité métaphysique le nom d'impossibilité absolue; le nom d'impossibilité naturelle à l'impossibilité physique , et celui d'impossibilité ordinaire à l'impossibilité morale.

5 III. — En quoi consiste l'impossibilité métaphysique ou absolue. L'impossibilité métaphysique ou absolue est celle qui lient à

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