PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE
saurons ni les classer selon leur date , ni les restituer à leurs auteurs.^En vain rappellerons-nous nos souvenirs et les appréciations que nous aurons recueillies à leur sujet , nous n'en serons pas moins exposés à tomber en des équivoques grossières et dans les plus étranges anachronismes. Combien la difficulté serait moindre si nous avions lu , si nous avions étudié les originaux ! Peut-être étalerions-nous une érudition moins étendue, une critique moins savante; mais, je l'ose affirmer, nos jugements auraient plus de netteté, seraient plus décisifs. « Le tour »des pensées, dirions-nous, le style, le langage révèlent un » écrivain de telle époque. Ce fragment est apocryphe ; celui-ci » porte le cachet d'un autre temps; » et nous irions ainsi, les classant avec certitude, sans crainte de nous tromper, bien que nous fussions parfois hors d'état d'expliquer le pourquoi de nos jugements à ceux qui , comme nous, n'auraient pas fréquente ces illustres défunts.
« Telle qualité , comment se fait-il que nous ne la rencontrions pas ici ? et telle autre, pourquoi s'y trouve-t-elle en un >• plus haut degré? » « Il nous est impossible, dirions-nous, de » lever tous vos scrupules; mais, ce que nous pouvons affirmer, » c'est que les personnages dont il s'agit nous sont parfaitement »connus. Comme on dirait : Je ne puis me tromper sur leur ■ physionomie ; je les ai vus souvent. >»